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Erhan, le 27-05-2010 15:17.
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19 mars 2010 à 18h16 #2779769
Finesse psychologique.
Captivant.
A suivre… -
20 mars 2010 à 9h52 #2779789
Bonjour Jaicemail;
[img align=left]http://richardwiseman.files.wordpress.com/2009/09/thank-you.jpg[/img]
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27 mai 2010 à 15h17 #2610389
[img align=right]http://www.maghrebsteel.ma/medias/galerie-dimages/laminage-a-froid/2.jpg[/img]
[img align=right]http://www.nickelinstitute.org/multimedia/nickel_and_its_uses/nickel_magazine/archives/2003/June/D450cold_rolling.jpg[/img]
Ca sera pas la première fois ! Je ne veux pas arrêter
ma machine.L’ingénieur frustré s’en va. Pour moi, seul compte la
performance qui me garantit la prime de production.Enfin, la sirène de l’usine sonne quatorze heures, nous
voilà délivré !La course continue, le premier dans la douche sera le
premier à franchir le corps de garde.C’est la frontière entre le trou et chez nous.
Une fois dans la douche, le stress laisse place aux
rigolades.On se moque de Popol, le pontier. Il fait moins d’un
mètre soixante. Les quolibets vont bon train.-Eh Popol ! Heureusement que t’es pontier! si non,
t’aurais pas eu accès aux pupitres des machines.Toute la salle des douches n’est plus qu’un vacarme
de rire.J’enfourche mon vélo, et je me dis qu’un jour je serai délivré
de cette saleté d’usine qui me bouffe de jour en jour.J’entre à la maison par le jardin, Marie m’attend comme
d’habitude.Elle m’embrasse et prend mon sac. Je m’assieds dans
la cuisine, une bonne tasse de café m’y attend.-Dure journée mon chéri ?
-M’en parle pas ! Kakar m’a empoigné.
-Pourquoi ?
-Pour des broutilles ! Laisse-moi boire ma tasse de café
tranquillement.Epuisé par le bruit, la cadence, je m’étends sur le canapé.
A peine ai-je fermé les yeux que je plonge dans un
sommeil profond.Marie tel un ange me couvre. Elle a toujours peur que je
prenne froid.A mon réveil, un gâteau et un jus d’orange me souhaite
un bon réveil.-Chérie ! Fallait pas…
-De sa cuisine, elle me fait le plus beau sourire qui existe.
C’est pour ça entre autres que je l’ai choisie, il y a trente ans.C’était la plus jolie fille de Prontisse.
Fine, élancée, des yeux bleus à faire craquer le plus
beau mec.Moi, j’étais pas le plus beau, ça non ! Mais je dansais comme
un Dieu et puis je faisais rigoler toutes les filles.Elles étaient toutes folles de moi!
Nos regards se sont croisés, nous ne nous sommes plus quittés.
Elle m’a donné tout le bonheur qu’un homme puisse attendre.
J’aurais aimé avoir un fils…Mais « Dame Chance » l’a privé de connaître la maternité.
Souvent, en secret, car elle ne veut pas me faire de la peine,
je la surprends en train de pleurer.Jamais, je ne l’ai fais pleurer. Nous avons tout essayé pour
avoir un enfant mais maintenant la solitude des vieux jours
nous guette.J’ai rénové cette maison ouvrière pendant vingt ans.
J’ai utilisé toutes mes forces pour lui donner un intérieur
digne de la princesse qu’elle est.Jamais une plainte, toujours souriante, elle se fait un point
d’honneur pour rendre les autres heureux.
Elle s’occupe des personnes âgées du quartier.Mais sa plus grande joie est de garder les petits enfants.
Malheureusement, les jeunes préfèrent les garderies communales.-Merci ma chérie.
-De quoi ? Je n’ai rien fais…
-Tu es mon ange gardien.
-Arrête tes flatteries et dis-moi pourquoi kakar s’en est pris à toi.
-Bah ! C’est cette satanée prime qui nous met les uns contre
les autres.
Tu sais que je l’apprécie.-Ne doit-on pas aller Dimanche chez Joséphine ?
-Oui et alors ?
-Avec ce qui c’est passé avec son mari…
-La chose est déjà oubliée ! Kakar n’est pas rancunier,
après le deuxième Péké il ne parlera plus que du Standart
et de la pêche.Kakar est un homme bourru, il a très peu de délicatesse.
Joséphine et lui ont six enfants. Le dernier à huit ans,
« c’est un accident » a-t-il l’habitude de dire.Ils adorent leurs enfants, ils s’en sortent grâce à leur potager
en été, ensuite kakar fait des vidanges de voitures,
des réparations en tout genre.Ce qui leur permet de mettre du beurre dans les épinards.
Je suis le parrain du dernier, Marie en est la marraine.Les jours se suivent et se ressemblent à l’usine.
Monsieur l’ingénieur m’a convoqué dans son bureau.
Motif ; manque de courtoisie.
Je lui ai fait comprendre qu’il faut choisir entre la productivité
et la courtoisie.Pendant mon entretient avec le chef du chef, kakar en soutient
n’a pas arrêté de frapper sur son établi en acier.Ca faisait un
boucan indescriptible.Les bureaux des ingénieurs se trouvent au dessus et face à
l’atelier mécanique.Pour kakar c’est pour mieux nous espionner…
L’affaire réglé, je descends les escaliers.
Je suis accueilli par un « holà » des ouvriers.
Monsieur Picot est sorti de son bureau pour voir ce qui se
passait.Toute la mécanique s’est mise à huer « l’intello »
C’est ça la solidarité ouvrière ! faut pas toucher à l’un
d’entre nous, si non gare…Comme j’ai été remplacé par une réserve de poste,
je m’octrois le droit d’aller saluer Kakar.-Alors ! Raconte …
-Y-a rien ! Des gamineries.
-A propos, on se voit dimanche ?
Kakar me donne un coup de poing à l’épaule ; ce qui veut dire oui.
-Te faut quelque chose ?
-Non, j’y vais. Je retourne à la Gueulante…
Arrivé sur la ligne de production mon sang ne
fait qu’un tour.-Bon sang ! Manque douze tonnes pour la prime ?
Mon remplaçant s’embarque dans des explications
décousues et sans queues ni têtes.-Nanare, fou le camp de ma machine !
Ne compte pas y revenir.Hé ! Oh! Jo veins ici!
-Pourquoi t’as laissé faire l’autre guignol ?
-Faut pas m’en vouloir, le chef m’a obligé…
-Fermes- la, toi et le Portugais vous m’avez fait
perdre la prime !Je passe aux commandes, fini la rigolade! je suis à douze
cent mètres par minutes.Les intermédiaires hurlent tellement que les autres collègues
me font un signe sans équivoque.Le laminoir hurle sa douleur, tel un ogre qui a faim il engloutirait
toute l’usine. Ils me prennent pour un fou…Le Portugais court entre son pupitre et l’engagement
des autres bobines.Il jure, ça je le sais mais j’y pige rien. Et puis, je m’en fou!
Fin de journée, j’ai rattrapé le retard.
Nous aurons notre prime…Le lendemain,la gueulante m’attend avec sa gueule
des mauvais jours.J’ai pas vu kakar de la journée. Il a certainement pris congé…
La journée s’achève ,pareil que la précédente.A la maison, marie est dans ses fourneaux. C’est dure de gâter
six ventres creux me dit-elle.-As-tu vu Kakar ?
-Non, il a sans doute pris congé.
-C’est bizarre ! Joséphine devait me sonner mais rien !
-Bah ! Faut pas te tracasser mon ange, les kakar sont des
dures à cuire. -
27 mai 2010 à 15h17 #2782368
Bonjour Randa,
Oui,c’est vrai!
Amitiés,Erhan
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