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Kakar(3)

  • Ce sujet contient 3 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Erhan, le 27-05-2010 15:17.
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    Messages
    • #2779769
      Jean Marie
        • Sujet: 212
        • Réponses: 667

        Finesse psychologique.
        Captivant.
        A suivre…

      • #2779789
        Erhan
          • Sujet: 121
          • Réponses: 1250

          Bonjour Jaicemail;
          [img align=left]http://richardwiseman.files.wordpress.com/2009/09/thank-you.jpg[/img]

        • #2610389
          Erhan
            • Sujet: 121
            • Réponses: 1250

            [img align=right]http://www.maghrebsteel.ma/medias/galerie-dimages/laminage-a-froid/2.jpg[/img]

            [img align=right]http://www.nickelinstitute.org/multimedia/nickel_and_its_uses/nickel_magazine/archives/2003/June/D450cold_rolling.jpg[/img]
            Ca sera pas la première fois ! Je ne veux pas arrêter
            ma machine.

            L’ingénieur frustré s’en va. Pour moi, seul compte la
            performance qui me garantit la prime de production.

            Enfin, la sirène de l’usine sonne quatorze heures, nous
            voilà délivré !

            La course continue, le premier dans la douche sera le
            premier à franchir le corps de garde.

            C’est la frontière entre le trou et chez nous.
            Une fois dans la douche, le stress laisse place aux
            rigolades.

            On se moque de Popol, le pontier. Il fait moins d’un
            mètre soixante. Les quolibets vont bon train.

            -Eh Popol ! Heureusement que t’es pontier! si non,
            t’aurais pas eu accès aux pupitres des machines.

            Toute la salle des douches n’est plus qu’un vacarme
            de rire.

            J’enfourche mon vélo, et je me dis qu’un jour je serai délivré
            de cette saleté d’usine qui me bouffe de jour en jour.

            J’entre à la maison par le jardin, Marie m’attend comme
            d’habitude.

            Elle m’embrasse et prend mon sac. Je m’assieds dans
            la cuisine, une bonne tasse de café m’y attend.

            -Dure journée mon chéri ?

            -M’en parle pas ! Kakar m’a empoigné.

            -Pourquoi ?

            -Pour des broutilles ! Laisse-moi boire ma tasse de café
            tranquillement.

            Epuisé par le bruit, la cadence, je m’étends sur le canapé.
            A peine ai-je fermé les yeux que je plonge dans un
            sommeil profond.

            Marie tel un ange me couvre. Elle a toujours peur que je
            prenne froid.

            A mon réveil, un gâteau et un jus d’orange me souhaite
            un bon réveil.

            -Chérie ! Fallait pas…

            -De sa cuisine, elle me fait le plus beau sourire qui existe.
            C’est pour ça entre autres que je l’ai choisie, il y a trente ans.

            C’était la plus jolie fille de Prontisse.
            Fine, élancée, des yeux bleus à faire craquer le plus
            beau mec.

            Moi, j’étais pas le plus beau, ça non ! Mais je dansais comme
            un Dieu et puis je faisais rigoler toutes les filles.

            Elles étaient toutes folles de moi!

            Nos regards se sont croisés, nous ne nous sommes plus quittés.

            Elle m’a donné tout le bonheur qu’un homme puisse attendre.
            J’aurais aimé avoir un fils…

            Mais « Dame Chance » l’a privé de connaître la maternité.
            Souvent, en secret, car elle ne veut pas me faire de la peine,
            je la surprends en train de pleurer.

            Jamais, je ne l’ai fais pleurer. Nous avons tout essayé pour
            avoir un enfant mais maintenant la solitude des vieux jours
            nous guette.

            J’ai rénové cette maison ouvrière pendant vingt ans.
            J’ai utilisé toutes mes forces pour lui donner un intérieur
            digne de la princesse qu’elle est.

            Jamais une plainte, toujours souriante, elle se fait un point
            d’honneur pour rendre les autres heureux.
            Elle s’occupe des personnes âgées du quartier.

            Mais sa plus grande joie est de garder les petits enfants.
            Malheureusement, les jeunes préfèrent les garderies communales.

            -Merci ma chérie.

            -De quoi ? Je n’ai rien fais…

            -Tu es mon ange gardien.

            -Arrête tes flatteries et dis-moi pourquoi kakar s’en est pris à toi.

            -Bah ! C’est cette satanée prime qui nous met les uns contre
            les autres.
            Tu sais que je l’apprécie.

            -Ne doit-on pas aller Dimanche chez Joséphine ?

            -Oui et alors ?

            -Avec ce qui c’est passé avec son mari…

            -La chose est déjà oubliée ! Kakar n’est pas rancunier,
            après le deuxième Péké il ne parlera plus que du Standart
            et de la pêche.

            Kakar est un homme bourru, il a très peu de délicatesse.
            Joséphine et lui ont six enfants. Le dernier à huit ans,
            « c’est un accident » a-t-il l’habitude de dire.

            Ils adorent leurs enfants, ils s’en sortent grâce à leur potager
            en été, ensuite kakar fait des vidanges de voitures,
            des réparations en tout genre.

            Ce qui leur permet de mettre du beurre dans les épinards.
            Je suis le parrain du dernier, Marie en est la marraine.

            Les jours se suivent et se ressemblent à l’usine.
            Monsieur l’ingénieur m’a convoqué dans son bureau.
            Motif ; manque de courtoisie.
            Je lui ai fait comprendre qu’il faut choisir entre la productivité
            et la courtoisie.

            Pendant mon entretient avec le chef du chef, kakar en soutient
            n’a pas arrêté de frapper sur son établi en acier.Ca faisait un
            boucan indescriptible.

            Les bureaux des ingénieurs se trouvent au dessus et face à
            l’atelier mécanique.

            Pour kakar c’est pour mieux nous espionner…

            L’affaire réglé, je descends les escaliers.

            Je suis accueilli par un « holà » des ouvriers.
            Monsieur Picot est sorti de son bureau pour voir ce qui se
            passait.

            Toute la mécanique s’est mise à huer « l’intello »
            C’est ça la solidarité ouvrière ! faut pas toucher à l’un
            d’entre nous, si non gare…

            Comme j’ai été remplacé par une réserve de poste,
            je m’octrois le droit d’aller saluer Kakar.

            -Alors ! Raconte …

            -Y-a rien ! Des gamineries.

            -A propos, on se voit dimanche ?

            Kakar me donne un coup de poing à l’épaule ; ce qui veut dire oui.

            -Te faut quelque chose ?

            -Non, j’y vais. Je retourne à la Gueulante…

            Arrivé sur la ligne de production mon sang ne
            fait qu’un tour.

            -Bon sang ! Manque douze tonnes pour la prime ?

            Mon remplaçant s’embarque dans des explications
            décousues et sans queues ni têtes.

            -Nanare, fou le camp de ma machine !
            Ne compte pas y revenir.

            Hé ! Oh! Jo veins ici!

            -Pourquoi t’as laissé faire l’autre guignol ?

            -Faut pas m’en vouloir, le chef m’a obligé…

            -Fermes- la, toi et le Portugais vous m’avez fait
            perdre la prime !

            Je passe aux commandes, fini la rigolade! je suis à douze
            cent mètres par minutes.

            Les intermédiaires hurlent tellement que les autres collègues
            me font un signe sans équivoque.

            Le laminoir hurle sa douleur, tel un ogre qui a faim il engloutirait
            toute l’usine. Ils me prennent pour un fou…

            Le Portugais court entre son pupitre et l’engagement
            des autres bobines.

            Il jure, ça je le sais mais j’y pige rien. Et puis, je m’en fou!

            Fin de journée, j’ai rattrapé le retard.
            Nous aurons notre prime…

            Le lendemain,la gueulante m’attend avec sa gueule
            des mauvais jours.

            J’ai pas vu kakar de la journée. Il a certainement pris congé…
            La journée s’achève ,pareil que la précédente.

            A la maison, marie est dans ses fourneaux. C’est dure de gâter
            six ventres creux me dit-elle.

            -As-tu vu Kakar ?

            -Non, il a sans doute pris congé.

            -C’est bizarre ! Joséphine devait me sonner mais rien !

            -Bah ! Faut pas te tracasser mon ange, les kakar sont des
            dures à cuire.

          • #2782368
            Erhan
              • Sujet: 121
              • Réponses: 1250

              Bonjour Randa,

              Oui,c’est vrai!

              Amitiés,Erhan

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