Oasis des Artistes

Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne – membres !

Récit de vogage (La panne du gouvernail)

  • Créateur
    Sujet
  • #2612747
    Renard Maurice & Martine la po?tesse
      • Sujet: 1115
      • Réponses: 900

      M/S Isara, golfe Persique

      Un autre incident tout aussi grave sinon davantage que la panne de climatisation du Magdala dans les cabines. (Histoire à venir )
      En quittant le dernier port de chargement du Golfe, une panne de gouvernail. Impossible de maîtriser la barre, quel que soit l’ordre donné depuis la passerelle, le navire filait tout droit le gouvernail restait bloqué.
      Une chance pour nous, la dernière manœuvre de quai était terminée, le bateau filait droit devant, direction la mer. Aucun obstacle ne nous gênait pour le moment, mais il était impossible de continuer, tôt ou tard il aurait fallu prendre notre route de retour, qui n’est pas toujours la ligne droite, car ce que les non-navigants ignorent, c’est que les routes maritimes sont tracées une fois pour toutes suivant notre provenance et notre destination, et l’on doit s’y tenir.
      Pour l’heure, la décision fut prise de mouiller au plus tôt, ce qui n’a pas été difficile, il nous a suffi de stopper les machines et de laisser glisser le navire sur sa lancée. A l’arrêt complet, on jette l’ancre, on hisse le pavillon signalant « Bateau non manœuvrant, mais ne demandant pas d’aide » et on se creuse la tête tous pour essayer de se sortir de ce pétrin.
      La cause de l’incident n’étant pas déterminée, le secours se scinda en deux équipes, le Radio et les officiers pont démontaient la barre et vérifiaient les armoires électriques de commande, tandis qu’une autre dont je faisais partie s’affairait dans le local du gouvernail pour voir le côté mécanique.
      Le danger majeur de cette panne n’était pas le risque de collision, mais simplement l’explosion du pétrolier, car plein à ras bord et ne naviguant pas, il n’y avait pas le frottement de l’eau sur la coque pour créer un refroidissement naturel, et la chaleur du Golfe qui n’est plus à démontrer nous inquiétait plus que tout le reste.
      D’ailleurs le risque était présent, la cargaison s’échauffait et le point éclair du combustible allait bientôt être atteint. Une troisième équipe se forma rapidement pour, à l’aide des canons à eau de mer, arroser sans arrêt le pont sur toute sa longueur afin d’abaisser la température du chargement.
      Ce fut notre équipe qui trouva le motif du non-fonctionnement de la barre, une clavette (un morceau de fer de dix centimètres de longueur sur un de large) était cassée en deux et n’assurait plus la liaison mécanique entre l’axe de transmission et la barre proprement dite, panne des moins courante, mais ô combien dangereuse, car ce simple bout de ferraille faillit nous être fatal.
      Il ne fallut pas longtemps pour refaire une pièce conforme à l’originale et tout remettre en état ne nous prit qu’une petite heure.
      Nous pouvions enfin diriger le navire comme bon nous semblait et bientôt cet incident qui aurait pu tourner à la catastrophe fut vite oublié.

      Momo, ex b?b? Cadum, ancien beau gosse

      Maurice pour ses ?crits d'ancien marin de commerce
      D?clar? maladie de Charcot fin 2019, en fin de compte ce n'est qu'une neuropathie s?v?re &?volutive des membres inf?rieurs

    • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.