-
Sujet
-
Ainsi qu’ils le font chaque année,
En papillotes, les pieds nus,
Devant la grande cheminée,
Les bébés roses sont venus.Derrière une bûche, ils ont même,
Tandis qu’on ne les voyait pas,
Mis, par précaution suprême,
Leurs petits chaussons et leurs bas.Puis leurs paupières se sont closes
A l’ombre des rideaux amis…
Les bébés blonds, les bébés roses,
En riant se sont endormis.Et jusqu’à l’heure où l’aube enlève
Les étoiles du firmament,
Ils ont fait un si joli rêve,
Qu’ils riaient encore en dormant.Ils rêvaient d’un pays magique,
Où l’alphabet fut interdit.
Les arbres étaient d’angélique,
Les maisons, de sucre candi.Et sur les trottoirs de réglisse,
On rencontrait – c’était charmant !
Des bonshommes de pain d’épice
Qui vous saluaient gravement.Dans ce doux pays de féerie,
A guignol on va chaque jour,
Et l’on voit, sur l’herbe fleurie,
Des lapins jouer du tambour.Sur de hautes escarpolettes,
Bercés par les anges, on dort.
Là, tous les chiens ont des roulettes,
Tous les moutons, des cornes d’or.Mais comme venait d’apparaître
En personne, le Chat Botté,
Le jour, entrant par la fenêtre,
A mis fin au rêve enchanté..Alors, en d’adorables poses,
S’étirant sur leurs oreillers,
Les bébés blonds, les bébés roses,
En riant se sont éveillés.Rosemonde Gérard
Ouvrez l'oreille, chaque mot poss?de un coeur qui bouge. (Nimier)
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.