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Sujet
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Ceci fait suite à mon poème posté le 09/05 « Un ange pas si noir »
D’où vient ce sentiment étrange
Un ange était donc passé dans sa nuit. Elle devait très certainement être dans une phase de sommeil paradoxale puisqu’elle se souvenait de sa visite. Elle se sentait bien ce matin, son rêve, même s’il lui avait paru trop bref, lui avait communiqué un sentiment de quiétude qu’elle n’avait pas réussi à atteindre depuis longtemps déjà.
Le soir venu elle avait navigué sur la toile à la recherche de représentations d’anges à la peau mate, elle était curieuse de connaître le nom qu’elle pourrait donner à son visiteur. Elle avait été déçue, elle n’avait trouvé aucune image, aucune statue, aucun tableau représentant l’ange ou l’archange qui était venu veiller sa nuit ! Elle avait regardé ses messages et sa page Facebook et avait aperçu des photos qui lui avaient semblées curieuses, il était là, devant ses yeux, souriant gaiement à l’objectif. Elle reconnut son regard étoilé et ses petites rides camouflées sous un maquillage noir. Bizarre avait-elle pensé en rendant son sourire au visage qui la regardait, puis elle avait fermé son ordinateur.***
La dormeuse était profondément endormie, c’était maintenant qu’il lui fallait s’échapper. Elle connaissait parfaitement les phases de son sommeil, il ne fallait plus tarder. Hier elle avait failli rentrer en retard, cela aurait pu être catastrophique, pour elle comme pour la dormeuse. Finalement elle avait réussi à se faufiler juste à temps pour regagner son logis sans dommage. La dormeuse s’était réveillée certes, mais cela avait eu des conséquences plutôt bénéfiques et elle n’en était pas mécontente. Elle ne supportait pas cette situation et ne comprenait pas que la dormeuse puisse jour après jour gérer cette douleur en continuant de distribuer ses sourires tout en écoutant et en essayant de résoudre les problèmes des autres. La bonté pensa-t-elle, tout simplement, peut-être même l’empathie, ce caractère bien particulier qui devait lui faire ressentir toutes les émotions des autres en oubliant les siennes.
Mais elle, elle ne pouvait plus rester à côtoyer cette peine, elle avait décidé de s’évader aussi souvent que l’occasion lui en serait donnée et ce soir de nouveau elle sentait qu’on avait besoin de sa présence, on l’appelait et elle n’avait qu’une envie, répondre à cet appel déchirant.
Elle s’assura du sommeil de la dormeuse et commença à s’extraire délicatement de son nid. Elle n’avait pas beaucoup de temps, une demi-heure, un peu plus peut-être, mais ce serait largement suffisant.
Elle se glissa au dehors de la maison endormie. C’était la chose la plus facile, il suffisait d’un tout petit passage, même minuscule elle savait s’en contenter, c’est une fois dehors que tout pouvait arriver, il suffisait d’un vent trop fort, une pluie trop drue ou d’un peu de neige pour qu’elle ne soit déboussolée, elle était encore jeune et n’avait pas beaucoup d’expérience pour ce genre d’escapade.
Parvenue à l’air libre elle se mit en mouvement sans plus attendre. Elle courait sur les toits les effleurant à peine, passait entre les branches en faisant frémir les feuilles qui commençaient à pousser. La nuit était douce et le ciel dégagé laissait pleurer ses étoiles. Elle baissa rapidement les yeux, il ne fallait surtout pas qu’elle s’attarde à regarder l’azur, c’était trop dangereux pour elle, tellement tendant, mais tellement dangereux. Elle se concentra sur son but et frissonna, elle était attendue.
Elle atteignit enfin sa destination, cela ne lui avait pris qu’une poussière de soleil, tout son être était au supplice de l’attente de cette rencontre. Elle sentit sa présence plus qu’elle ne la vit et en instant elle fût absorbée par son univers. Ils fusionnèrent plus qu’ils ne s’agrippèrent et elle eut peur un instant qu’ils ne soient vus ou même entendus mais non, elle n’avait aucune crainte à avoir, leur union ne perturba pas le moindre atome. C’était une harmonie tellement fusionnelle que l’univers entier sembla s’arrêter bouleversé. Eux seuls avaient compris qu’une telle passion ne peut être ignorée. Ils échangèrent tout leur savoir, leurs sentiments, leurs pensées, leurs souvenirs.
Après avoir fait crépiter l’espace, remué le ciel et ses étoiles, après avoir même défié les Dieux, ils se séparèrent repus de tout cet amour donné.
Ils s’arrachèrent plus qu’ils ne se séparèrent, retournant chacun vers leur demeure.
Elle reprit son voyage au-dessus des toits, au travers des branches, sa présence lui manquait déjà mais elle savait qu’elle referait bientôt, et encore et encore cette fugue.
Elle se faufila dans la maison et s’approcha de la dormeuse. Elle n’avait vraiment pas envie de rester là, mais avait-elle d’autres choix ? Les gens sont parfois tellement bornés, tellement butés, tellement craintifs, ou tellement aveugles quelquefois que leurs âmes sont contraintes de ruser pour leur permettre de vivre.
L’âme mutine, peut-être un peu coquine réintégra son nid au sein de la dormeuse en souhaitant qu’un ange soit venu lui rendre visite de nouveau.***
Et vous ? N’avez-vous jamais eu ce sentiment bizarre d’avoir déjà vécu une situation, de connaître un endroit alors que vous n’y êtes jamais allés, de vivre des situations inexplicables, de faire des rêves qui ont tendance à s’expliquer le lendemain, où même de savoir des choses que vous ne devriez pas savoir ? Peut-être votre âme va-t-elle comme celle de cette dormeuse, chercher le bonheur que vous ne n’avez pas trouvé, ou que vous n’osez pas accepter ?
Une chose est sûre, quand la raison l’emporte sur le cœur, l’âme est surement obligée d’aller chercher, ailleurs son bonheur…Martine
10/05/2013[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=560726Ame.png]
[/url]Tout le monde est un g?nie. Mais si on juge un poisson sur sa capacit? ? grimper ? un arbre, il passera sa vie ? croire qu?il est stupide.
Albert Einstein
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