-
Sujet
-
Au chevet du vieux tronc de l’arbre échancré
Dans la vallée aux terres cendreuses
Nous plantons un brin de rosier
Pour fleurir les blessures des vies malheureusesSur la route des supplices
Quand les maux tailladent les corps rabougris
Nous plantons dans nos vents les hélices
Aux mots écaillant les plaies qu’on essuieDans les jardins aux bancs vieillis
Nos âmes avec les ombres vagabondent
Atour de ces fleurs de jeunesses portées
Dans un présent que l’oubli inondeNous sommes les pèlerins des grottes
Sur les flancs de la montagne du monde
Autour du temple de l’idéal nous faisons des rondes
Où l’amour se replie dans les gorges profondesSur les regs nous écrivons notre langue
Avec les poussières de nos désirs
Avec les vents nous brisons les pierres
Avec les espérances pour l’avenirNos sommes nos propres ombres
Essuyant nos larmes sur nos paupières
Sur nos visages les tempêtes abondent
Nous domptons les houles de nos mersNous sommes l’âme des blessures
Avec les douleurs soufflées dans nos soupirs
Dans nos replis nous défions le pire
A la feuille seule on murmureNous sommes la plume entre quatre murs
Cloisons d’un cœur empire
Dans l’encrier nos maux chavirent
Sur la page nos vagues susurentAh ! si seulement avec une goutte de po?sie ou d'amour nous pouvions apaiser la haine du monde !
R?sidence sur la Terre (1935) Pablo Neruda
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.


