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LA VILLE ENSORCELEE
Privas. Un soir d’été. Un été 89.
La ville, irréelle. Les rues, désertes. Sombres et bleutées. Les lampadaires, surréalistes.
Lueurs orangées. Halos tendres. Ombres veloutées. Les arbres aux formes multiples
Forment des forêts mystérieuses. Les feuillages frissonnent. Les feuilles frémissent.Il y a des paysages magiques sous la voûte étoilée. Les ruelles sont violettes. La ville,
Ensorcelée.Je suis sorti du Belvédère. J’ai vu l’Empire des Lumières.
L’Ecole Normale et sa façade toute noire. Seulement trouée par deux fenêtres jaunes.
Dans la nuit claire. Et puis le marronnier géant. Vert et sombre. Avec au-dessus
La lune bleue et son auréole. Comme dans un tableau de Magritte.
Tout y était.J’ai embrassé la nuit d’été.
Je suis resté longuement à contempler cette vision magique. Cette peinture réelle.
Cette réalité peinte. Subjugué par ce que je voyais. Emerveillé.La réalité est irréelle. Le rêve est la réalité. Le réel est le reflet de l’irréel.
Constamment. A chaque instant. Les vases sont communicants. La réalité est Peinture.
Et la Peinture est réalité. Tout se confond.J’étais adossé à la façade de mon immeuble. N’en croyant pas mes yeux.
Puis je suis parti sur la droite. Je suis passé devant l’Hôtel des Impôts. J’ai ensuite
Longé le muret qui contient avec peine la végétation luxuriante de la jungle inextricable
Que je connais bien.On aurait dit une forêt de Max Ernst …
Eddy
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