-
Sujet
-
AYGUES-VIVES, l’écluse du sanglier.
La décision de construire l’écluse est prise en 1760. Elle permet un saut de quatre mètres vers Toulouse, donc après le seuil de Naurouze qui alimente les deux versants du canal. On économise ainsi sur le débit d’étiage.
La construction va bon train et le temps d’assèchement du canal touche à sa fin : N’est-on pas en train d’installer les portes monumentales qui délimitent le bief ? Voici qu’elles prennent leur place après beaucoup d’efforts et de pataugements dans la rigole résiduelle du canal vidé. Celle en amont est déjà fermée et la remise en eau démarre tout naturellement.
L’autre attend les leviers de la crémaillère. C’est pour demain. Elle est entrouverte dans cette expectative.
Le chantier cesse avec l’obscurité et c’est le repos des forgerons et charpentiers. Aux premières lueurs de l’aube, les hommes se pressent sur les lieux. Quelle est leur surprise d’être accueillis par une agitation suspecte et d’entendre des grognements, des couinements ponctués d’éclaboussures, venants du bief. Il faut se rendre à l’évidence : les portes en aval pressées par l’eau de perte se sont quasiment fermées et il y a un bestiau pris dans le bief, qui patauge furieusement.
C’est une sacrée bête, un sanglier de plus de deux cent livres aux défenses redoutables. Un solitaire sans doute, car avec cette taille il est potentiellement un chef de harde. Une aubaine, finalement. Les hommes se munissent de piques et hallebardes et descendent à l’assaut du monstre.
Vaincu, il est bientôt achevé au coutelas, non sans mal et danger. L’ordinaire des jours prochains est prévu amélioré par la dépouille du sanglier. Il est décidé de baptiser l’ouvrage : le Port du Sanglier.Parceval
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.


