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Sujet
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A la demande expresse de Piloupilou, qui a conçu le thème de ce duo
et écrit le plus difficile, le premier quatrain, et qui est donc premier signataire,
je poste ce premier essai d’écriture en commun.Merci à lui pour ce moment de partage.

Sur un quai de nulle part
Sur un quai, grave et seul, il attend ses parents…
Le temps passe et la peur doucement le pénètre…
Comme un froid qui s’infiltre à travers des fenêtres,
Par degrés il s’alarme… à mesure il comprend.Ils lui ont dit de rester là, l’ont embrassé,
Et serré dans leurs bras avec tout leur amour,
Puis se sont éloignés dans cette fin de jour,
Le dos voûté et las et l’air embarrassé.Le train démarre et avec lui un peuple entier,
Ils vont, leur a-t-on dit vers un nouveau travail.
Dans ces wagons de bois, ces fourgons à bétail
La nuit s’abat, l’espoir s’endort, meurt la pitié.Le garçon voit s’enfuir, au loin, deux feux de sang
Qui ferment un pan de sa vie, de son enfance.
Il est seul, il le sait, et presque sans défense,
Contre une meute brune aux regards menaçants.À l’âge d’innocence un enfant prend conscience
Qu’un destin plus qu’ancien s’acharne autour des siens.
Lui qui désirait tant devenir musicien
Entend l’écho des rails hacher son existence.Il sort en évitant les uniformes noirs.
Plus loin, une ruelle où un orgue gémit.
Le pauvre homme l’appelle. Il a trouvé Ami.
Sur son bras il s’endort dans le calme du soir.Piloupilou et daniel46, 29 septembre 2023
Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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