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Les ports
Les ports
Dans le vent du nord
Ont la voix du départ
Un clin d’œil d’aventure
Ils flairent l’inconnu le danger l’imposture
La vie enfin comme une odeur poivrée bizarreLes longs bateaux les lents navires et les allèges
S’alignent et s’allongent dans les bassins fermés
Derrière les hangars qui du vent les protègent
Au détour d’une grue squelette denteléLà les marchandises entreposées s’entassent
Les marins en virée déjà quittent leur bord
Il y flotte saumâtre comme un relent de crasse
Loin un accordéon égrène ses accordsLes entrepôts les palans les portiques les grues
Pareils à de sinistres carcasses
Jalonnent les vieux quais
Et enjambent des rails
Tandis qu’un lourd navire accoste dans le soir
Lentement l’eau se calme rassemble ses reflets
Les derniers tourbillons dont sa carène écume
Réfléchissent les feux qui de partout s’allumentEt dans les soutes brillent des charbons noirs et gras
Ou dorment odorants des produits exotiques
Et les moteurs murmurent ainsi qu’une musique
Se perdant aux agrès dressés comme des brasSur les pavés luisants où court l’éclair des rails
Un brouillard lent suintant s’élève au ras du sol
Dans l’enchevêtrement de poulies de câbles et d’élingues
Dont les gestes s’étirent au regard des portails
Un marin égaré au sortir d’une bringue
Marmonne un air ancien sur des notes d’alcoolHélène De Man
1999 « Amours »
Les Presses Littéraires
Saint-Estève (Perpignan)
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