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Parceval, le 12-05-2025 09:18.
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11 mai 2025 à 23h28 #3567528
Bonsoir Cher Ami poète Parceval,
Superbe récit et j’attends la suite avec impatience !
Je pense qu’il va demander à sa sœur d’hypnotiser Lucas.. .
Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
Toutes mes amitiés
SybillaLe r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla) -
12 mai 2025 à 9h18 #2720005
VINS 22
UN DIMANCHE A GIENSLes fêtes de fin d’année sont pour bientôt. Que le temps passe vite. Les décorations de Noël et les guirlandes lumineuses fleurissent un peu partout. Ce dimanche, vous avez décidé de profiter de cette belle journée de décembre pour faire une virée par le bord de mer. Le hasard (et la nécessité du récit), vous entraîne vers la presqu’île de Giens, par le Port d’Hyères et La Capte, car le chemin du salin du Pesquier est fermé à la circulation motorisée : c’est la réserve naturelle. Vous n’irez pas jusqu’à La Tour Fondue, non, direction Giens, que l’on délaisse pour suivre le littoral. Au bout de l’avenue de la Madrague, un petit port de pêche et de plaisance, accueillant et pittoresque, vous invite à une escale. Le panorama est magnifique : la vue s’étend du cap de Carqueiranne jusqu’à la plage de l’Almanarre et aux marais salants de l’isthme.
Tempête de ciel bleu, soleil généreux, à peine une risée de vent d’est. Il fait un peu frais, suffisamment pour vous inciter à pousser la porte du Bar-restaurant Le Pescadou. On est bien mieux à l’abri des baies vitrées, même si la vue se restreint au Mont des Oiseaux, au travers de la forêt des mâtures et gréements des bateaux au mouillage.
Ce début d’après-midi, la salle est occupée aux deux tiers. Une majorité de couples, légitimes ou non, jeunes et vieux, c’est sans importance, venus goûter la tranquillité, les spécialités du chef, et l’ambiance discrète. La vue sur la mer est en sus. Parmi les gens attablés, deux des convives pourraient éventuellement attirer les commentaires malgracieux des piliers du comptoir ou de quelque grenouille de bénitier, du genre : « Hé bé, il ne s’emmerde pas, celui-là » « Elle pourrait être sa fille. » Etc…
Effectivement, un séduisant quinquagénaire fait face à une dame de la classe JJ (Jeune et jolie) dans un charmant tête à tête, complice et décontracté.
Les mauvaises langues auraient tout faux. Il s’agit des Dussarte. Le frère et la sœur. Et ça les aurait plutôt amusés. Ils s’offrent de temps en temps un petit entracte, histoire de se retrouver, décompresser, oublier les contraintes inhérentes à leur métier. Lui, on connaît. Sonia, elle, est psychologue et exerce à Toulon. Aujourd’hui c’est spécial, ils ont choisi ce cadre extramuros pour fêter la prochaine installation d’Edmond à Paris. Certes ils se verront beaucoup moins souvent, mais avec les ressources du Net…
D’un commun accord, ils ont tapé dans le must de la carte et décider d’ignorer la frontière entre gourmet et gourmand: faut reconnaître qu’ils ont un bon coup de fourchette.
Edmond observe d’un œil attendri sa sœur terminer son plateau de moules avec délectation. Préparées sur la plaque, dans le four à pizza, une persillade et un filet d’huile d’olive. Ça se joue à dix secondes près, mais le maestro assure : un vrai régal. Elle croise son regard et suspend son geste, une coquille pleine à hauteur de la bouche, interrogative. Puis se met à rire, les lèvres luisantes du jus de la préparation, témoignant de son plaisir. Un petit rire enfantin qu’il reprend en écho, ému. Car une bouffée de souvenirs le submerge, la marée du siècle.
Sonia, sa petite sœur. En un éclair tout défile : La fillette espiègle qui court dans le parc, grimpe aux arbres, joue à endormir le chien et le chat. La mer pas loin, les baignades… Flashs d’images heureuses. Le bonheur enfui. Car la vie n’a pas été tendre ensuite. Leurs parents tragiquement disparus alors qu’elle n’avait que dix ans quand lui terminait médecine. Son grand frère et son tuteur. C’est ce qu’il a essayé d’être, tout en poursuivant sa spécialisation. Avec la meilleure volonté du monde, il n’a pu lui éviter la pension. Elle a anesthésié sa douleur par les études, obstinée et rapidement brillante. Elle n’a pas voulu faire médecine. La fac : Licence de psychologie, doctorat et mastère. Haut la main. Chapeau sœurette. Il a toujours été là pour elle ; sans trop d’illusions, la blessure demeure, indélébile, comme pour lui.
Il sursaute, elle lui agite sa serviette sous le nez.
― Coucou ! Tu rêves ? Il refait surface, les yeux humides, confus.
Se laisser aller ainsi, un comble. Décidément, il vieillit…
― Tu étais où ?
― Bof ! Entre psys, on ne va pas se la jouer. Un peu d’ombre dans mon soleil. Peut-être que mon départ, en même temps qu’il me comble, me touche plus que je ne le prévoyais. On ne s’est jamais vraiment quittés tous les deux, mais là, si on arrive à se voir deux fois dans l’année, ça sera le bout du monde.
― Bah, un coup de fil, et Skype. Le fil ne sera pas rompu, Papa !
Je te mentirais si je disais que ça m’indiffère. Je suis contente pour toi, et puis on a plus quinze ans, ni vingt, ni trente. Il est peut être temps que nos routes divergent et que nous pensions un peu à nous. Cesse donc de te sentir en charge de la petite Sonia. Tu as suffisamment donné. Tiens, il me semble que j’en connais au moins une qui sera ravie de te voir débarquer là-haut. Je me trompe ?
Entre-temps, dressé sur la table, le loup au fenouil réclame leurs soins et leurs compliments. Une bête de deux livres, un fumet tout ce qu’il y a de prometteur. De quoi guérir le blues. Vous pouvez opérer, Chef ! Il faudra attendre que le dessert soit expédié et le café servi pour que la conversation reprenne sur le sujet. En fait les modalités bassement matérielles induites par le déménagement. Ils habitent la propriété familiale du Cap Brun, une grande villa dans une pinède, comportant trois appartements, et une dépendance, studio qu’ils louent en saisonnier. Ils l’ont gardée indivis.
C’est entendu, dés qu’il sera fixé, elle s’occupera de son déménagement. Et installera son cabinet dans les lieux. Son local Boulevard de Strasbourg lui coûte la peau des fesses et d’ailleurs ne se justifie plus tellement : elle est souvent appelée en support à l’extérieur ou au CHU et sa clientèle privée suivra sans problème, uniquement sur rendez-vous.
En six ans de pratique en libéral, elle s’est taillé une réputation, flatteuse, sans compter que ce qui était un jeu pour elle au départ, convenablement cultivé, ajoute encore à ses compétences. Et c’est relativement fréquent qu’on fasse appel à ses talents dans le domaine de l’hypnose.
Dans le cours de ses réflexions, il ne peut s’empêcher de lâcher :
― Oui, d’accord, j’ai quelqu’une à retrouver à Paris, et plus si affinités et ma carrière prend un nouveau départ. Mais toi, toujours solo…
― Arrête un peu de jouer au paternel. Tu sais bien que je ne suis pas une petite sainte, mais pour le moment, ça me va comme ça. Alors pourquoi se forcer. Allez viens, on va faire quelques pas sur le quai, ça nous fera digérer nos agapes marines.
Le soir tombe vite en décembre, après vingt minutes de promenade, ils font appeler un taxi pour rentrer à Toulon. Ils ont insisté pour emprunter la route du bord de mer, pour ne rien perdre du coucher de soleil. En silence et dans une torpeur béate, perdus dans leurs pensées. Ils ont peut-être un peu abusé des bonnes choses et du rosé de Bandol. D’un coup, Edmond marmonne :
― Mais oui, bien sûr… Avant d’ajouter, devant le regard surpris de sa sœur, … j’aurai quelque chose à te demander lorsque nous serons arrivés.A suivre
Parceval -
12 mai 2025 à 9h18 #3567570
Voilà qu’on imagine la suite?
Bingo chère amie!Amitiés
Parceval
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