
Première lettre – LE PIANISTE
Oh Alicia, ton image s’entremêle avec mes rêves, comme dans une symphonie où je vois tes deux yeux comme deux bémols. Ton sourire éclatant tel un triolet, tes dents blanches immaculées tel un petit clavier d’ivoire. Le regard, ah, le regard, prolongé comme une note avec un point, ta taille cambrée comme une accolade, ta poitrine timide comme une berceuse de Brahms, tes jambes allongées comme deux lieds de Schumann.
Viens avec moi, mon amour, plonge dans mon portable et rassemble, nous allons danser pendant toute une vie la mélodie que j’ai composée en souffrance et dans l’espoir pour toi.
Comme chaque vendredi, je suis là pour t’attendre au coin de la rue de chez toi, avec le bouquet de roses parfumées authentiques qui me coûte entièrement cher. Tu ne t’arrêtes jamais, tu sais que je suis là pour toi, la dernière fois sur une pluie froide, en tremblant comme un vibrato qui m’a cloué dans le lit une semaine. Tu as poussé ma corde de mon instrument à frémir au plus haut de ma sensibilité et je suis devenu un zombie rempli d’affection pour toi.
Fais-moi ton choix, chère maîtresse de toutes les passions, et je serai le clavier pour que tu puisses composer toute la musique de tes désirs.
Je suis à tes pieds, Gorki !