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Dans l’escarcelle du souvenir

  • Ce sujet contient 6 réponses, 8 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par poetal, le 25-07-2025 13:46.
  • Créateur
    Sujet
  • #2721456
    CHAREF
      • Sujet: 527
      • Réponses: 3389

      Dans l’escarcelle du souvenir

      Je ne cherchais rien de précis ce jour-là. Juste à vider les poches d’un vieux manteau oublié au fond d’une armoire. Il avait cette odeur de temps long, de tissus imprégnés de jours passés. Et dans sa doublure intérieure, repliée en quatre, il y avait cette feuille. Fragile. Fripée. Conservée comme un secret trop longtemps retenu.
      En la dépliant, j’ai senti ma gorge se serrer. Mon nom s’était effacé avec les années, mais pas le tien. Yemna.
      Il m’est revenu comme un frisson dans le dos. Brut, intact. Ce nom, je l’avais tant de fois prononcé en silence, tant de fois noyé dans d’autres prénoms. Je l’avais soufflé dans des cheveux qui n’étaient pas les tiens. Murmuré dans des draps étrangers. Mais il revenait. Toujours. Fidèle, tenace, indélébile.
      À l’époque, j’avais cru bon de t’écrire. C’était une nuit sans bruit. J’avais griffonné ces phrases pour ne pas hurler. Elles étaient maladroites, mais vraies. Je voulais les oublier en les couchant sur le papier. J’avais pensé que les enterrer suffirait. Que les mots tueraient le manque.
      Tu étais l’aube. Et moi, l’homme pressé de vivre trop vite, trop tôt. J’étais ce coureur de midi, avide de lumière, affamé de chaleur. J’ai voulu goûter à toutes les vies, à toutes les femmes. J’ai ri fort, j’ai aimé vite. J’ai embrassé à m’en étourdir. Mais je me suis toujours réveillé avec une absence sur la peau. La tienne.
      Il y a eu d’autres bouches, d’autres bras, des visages posés sur mes épaules. Certaines m’ont donné tendresse, d’autres passion. Mais aucune n’avait ta patience. Aucune ne savait habiter le silence comme toi. Je pensais parfois aimer plus fort. Je le disais. Je le croyais. Mais je mentais. Mal. À moi surtout.
      Tu étais ce souffle qui manque dans toutes les chambres. Cette ombre douce qui manque à chaque matin. Tu étais là, même quand je te fuyais. Partout où je posais ma tête, tu laissais une trace.
      Alors aujourd’hui, je relis cette page oubliée. Et je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Elle est là, devant moi, comme un miroir de tout ce que j’ai perdu. De tout ce que je n’ai jamais su retenir. Elle est la preuve que j’ai été vivant, un instant. Que je t’ai aimée, peut-être plus que je n’oserai jamais l’admettre.
      Je replie doucement la feuille. Je la remets dans sa cachette. Non plus comme une tentative d’oubli, mais comme une offrande. Une manière de dire : je n’ai pas su, mais j’ai senti. Une manière de te dire que, quelque part, je suis encore debout. Peut-être pour ça. Peut-être pour rien.
      Et j’attends.
      Une faille.
      Un signe.
      Ou simplement… que ton nom, encore une fois, revienne.
      Texte signé comme une main restée tendue vers l’absente.

      Charef Berkani

      Chaque homme porte en lui l'enfant qu'il ?tait

      Charef

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    • Auteur
      Réponses
      • #3576848
        Mascotte d'Oasis
        islander
          • Sujet: 2940
          • Réponses: 34198

          très touchant message d’espoir, il faut parfois une vie entière pour comprendre
          blessings

        • #3576849
          Plume de diamant
          ★★★★★★
          cyrael
            • Sujet: 4849
            • Réponses: 48873

            gardez précieusement ce souvenir

            votre plume exprime avec douceur et émotion
            ce sentiment noble du coeur : celui d’aimer

            qu’importe si l’amour est partagé, puisque le coeur se souvient

            *

            quelle beauté dans ce murmure poétique

            je suis ravie de vous lire

            merci

            Tu étais l’aube. Et moi, l’homme pressé de vivre trop vite, trop tôt. J’étais ce coureur de midi, avide de lumière, affamé de chaleur. J’ai voulu goûter à toutes les vies, à toutes les femmes. J’ai ri fort, j’ai aimé vite. J’ai embrassé à m’en étourdir. Mais je me suis toujours réveillé avec une absence sur la peau. La tienne.

            Je replie doucement la feuille. Je la remets dans sa cachette. Non plus comme une tentative d’oubli, mais comme une offrande.

            Une manière de dire : je n’ai pas su, mais j’ai senti. Une manière de te dire que, quelque part, je suis encore debout. Peut-être pour ça. Peut-être pour rien.
            Et j’attends.
            Une faille.
            Un signe.
            Ou simplement… que ton nom, encore une fois, revienne.
            Texte signé comme une main restée tendue vers l’absente.

            l'Amour rayonne quand l'Ame s'?l?ve, citation maryjo
          • #3576860
            Fran?ois
              • Sujet: 300
              • Réponses: 49951

              Bonjour guepard, magnifique et touchant poème

              Amicalement

              La po?sie, c'est comme la cuisine, le mot faitout

              00063312-1

            • #3576891
              Sympatique
                • Sujet: 615
                • Réponses: 12189

                belle plongée au fond de ton écrit avec ce temps de canicule b vendredi

              • #3576894
                Merdesiles
                  • Sujet: 2532
                  • Réponses: 6317

                  J’adore ! beau c’est cela la poésie dire avec le cœur et l’âme et les sentiments , l’émotion se partage avec le lecteur merci pour le partage

                • #3576907
                  poetal
                    • Sujet: 2500
                    • Réponses: 6013

                    Très précieux merci du partage

                    [email]domi.gondrand@laposte.net[/email]
                Vous lisez 5 fils de discussion
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