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HIATUS-VINS 57

  • Ce sujet contient 1 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Parceval, le 30-07-2025 11:51.
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      Parceval
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        HIATUS – VINS 58

        L’ATTERRISSAGE

        ― Mais il aurait pu me passer un coup de fil, non ?
        Il se passe un petit moment avant que le jeu se calme un peu, avec le concours de Sonia. Et puis on se gèle, sur la place. Alors on finit par boucler la librairie, et avant de se quitter, on se présente : Luc Estrésiani, Sonia Dussarte, Annette et Lucas Kervelec. Pour se faire pardonner, Lucas insiste pour les inviter au restaurant des Thermes d’Armor. Surprise, c’est Annette qui d’un ton sans réplique les convie à dîner chez elle demain soir. Lucas a bien vu qu’elle le regarde d’un drôle d’œil. Quant à Senior, c’est d’un regard vindicatif qu’il envisage Sonia. Bingo, il va y avoir de l’ambiance !
        Lucas a toujours conscience d’une présence, mais, rien de visible, il est bien planqué, le bougre.
        Senior va avoir droit à une séance gratinée : à peine rentré qu’elle attaque :
        ― Dis-moi, c’est qui ce monsieur Estrésiani ?
        ― Ben c’est un fana de légendes celtiques qui a insisté pour…
        Il n’ira pas plus loin.
        ― C’est ça, prends-moi pour une conne. T’as vu comme il te ressemble ? C’est l’opération du Saint-Esprit ou tu serais allé semer ailleurs. Changement d’herbage réjouit le veau ?
        Senior n’a pas à forcer pour avoir l’air emmerdé. D’une voix lamentable, il raconte son aventure et sa suite imaginaire. Mais sûr il n’en a jamais rien su, il aurait assumé. Il se prend une volée de bois vert, se fait habiller de neuf, insulter. Entre deux sanglots :
        ― Espèce de bonobo, je ne te suffis pas ? Alors, dès qu’il s’absente plus de huit jours, monsieur jette sa gourme, hein ? Mon salaud !
        Chacun rumine de son coté, elle va se bassiner le visage à l’eau fraîche et revient énoncer la sentence.
        ― Bon, à notre âge, on ne va pas divorcer, ça n’aurait pas de sens. Pensons à nos enfants. Mais tu vas me le payer, tu peux porter ton pyjama dans la chambre d’amis. Je vais essayer d’arranger ça demain.
        Il est plutôt soulagé, le volage. Rien d’irrémédiable, il réussira bien à la reconquérir. Heureusement qu’il ne peut lire les pensées de sa chérie, car il serait surpris. Quand les gosses étaient en pension à la fac et qu’il était souvent absent, elle-même a donné quelques coups de canif au contrat. Il n’avait qu’à être là ! Et puis moi, je ne lui ai pas fait un petit dans son dos. Raisonnement imparable.

        Retour aux Thermes pour le couple. Il lui raconte l’après-midi en gros. Pour le moment, c’est bien parti.
        ― Tout de même, t’es gonflé, qu’est-ce que j’ai pu poireauter. Si je n’étais pas assurée que tu m’alertes en cas de pépin, il y avait de quoi se faire du mouron.
        ― Tu n’as rien remarqué d’anormal, j’ai senti la présence d’une surveillance… et ici je la perçois encore.
        ― Non, rien, à part un vieux con libidineux qui n’a pas arrêté de me lorgner entre deux parties de 421.
        ― J’ai une faim de loup, moi. Neuf heures : on descend dîner ?
        ― Ne compte pas sur moi pour avaler quoique ce soit. Rien que d’y penser, j’ai déjà mal au cœur… Juste pour t’accompagner.
        On les retrouve attablés dans un coin. Lui devant un généreux plateau de fruits de mer, elle devant un Perrier. Son radar est toujours sur on et après les huîtres il murmure à sa compagne :
        ― Je suis persuadé qu’ils sont là, pas très loin ; regarde de ton coté. Rien qui t’accroche ?
        ― Non, bien que, ce type là-bas, tiré à quatre épingles, qui sirote son digestif, c’est un curiste que nous voyons depuis samedi. Mais il me rappelle quelqu’un, je ne sais pas qui… Je dois me tromper, mais avec des habits fatigués et la barbe…. Il ressemblerait au vieux vicelard dont je t’ai parlé.
        Radar accroché, il se focalise à fond sur l’objectif. Mais oui, c’est bien ça. Et peu après :
        ― Je l’ai : fabuleux ! Et il est seul, c’est lui qui m’a fait Estrésiani ! Ce gars, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Chapeau, ma Sonia, tu es admise en deuxième semaine. Et il lui fait goûter à pleine bouche sa joue de lotte à la crème : délicieux! Elle se jette sur l’eau minérale pour faire passer son haut le cœur. Comment peut-il être aussi gamin en pareille circonstance ? Il lui glisse dans le cou : on va passer près de lui en évoquant notre invitation de demain…

        Jean-Louis Monthallier prend son petit-déjeuner. Attablé devant ses viennoiseries et le café qui fume, il est plongé dans la lecture de Match, visiblement passionné par les épisodes croustillants qui jalonnent la vie intime d’Angelina Jolie. Par-dessus sa feuille de choux, c’est surtout le couple d’amoureux qui déjeune non loin de là qui mobilise son attention.
        Passablement agacé, le mec. Tout ça pour ça ! Putain, il vieillit. Ça crève les yeux pourtant. Il est maintenant convaincu que cet homme est l’enfant naturel du père Kervelec. Tout s’éclaire, il est sûr que c’est elle qui a tout combiné. Elle l’a bien soigné, son amnésique, pour l’amener ici dans l’espoir de lui faire retrouver des bribes de mémoire. Sans trop de succès, apparemment. Par contre, elle a réussi à mettre le souk dans le ménage de Lucas.
        Depuis trois jours qu’il les observe, les uns et les autres, c’est clair qu’il y a eu un avant et un après lundi. Peu visible chez les tourtereaux, mais frappant pour les autres. Lui s’est quasiment tassé sur lui-même et rase les murs sous le regard vindicatif d’Annette.
        Gonflée, celle-là : elle les a invités à dîner à son domicile hier soir, ce qui lui a permis de performer son matériel hi-tech et de ne rien perdre de ce qui s’est dit derrière les rideaux de la villa de Kercado. Après avoir entendu l’« histoire » de Luc, la dame a bien compris la situation. Sur un plan personnel, elle est prête à l’accepter. Elle demande simplement de prendre des gants par rapport à leurs enfants et petits-enfants. La réponse de Luc est royale : non, il ne veut pas être reconnu ni s’immiscer dans la famille Kervelec. Ce qui était important pour lui, c’est retrouver une trace de ses origines, lui l’enfant abandonné. Malgré sa mémoire oblitérée, c’est essentiel et maintenant, il va pouvoir prendre un nouveau départ dans la vie. On ne va pas revenir sur sa filiation adoptive. Alors là, grand seigneur, le Gus. A fond dans le fantasme Estrésiani. Crée de toutes pièces par ses soins. On finit par tomber dans les bras les uns les autres. On se téléphonera. Au revoir Papa. A pleurer de rire….

        L’œil de Moscou (dessin)

        A suivre

        Parceval

      • #3577435
        Parceval
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          Errare !!! Je me suis mélangé les pinceaux: il s’agit de l’épisode 58, mal titré
          Mes excuses
          Parceval

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