J’ai lu avec le plus grand intérêt ton texte très réfléchi sur l’Université
Personnellement, après 42 ans d’activité dans le domaine de la recherche, je crois que la plus grosse part de tous les problèmes tient au passage d’un système très sélectif pour parvenir à l’université à un système de masse « le bac pour tous », associé à une scolarité primaire qui a montré des insuffisances criantes dans la formation.
Les enfants arrivant au collège ont un retard en écriture et en lecture qu’ils conservent jusqu’au baccalauréat qu’ils obtiennent à 90% contre 10% quand je l’ai passé en 1964. Cette déficience joue sur la capacité d’acquisition des connaissances, qui est insuffisamment solide et fixée (dans le sens où on a appris à se servir correctement de nos connaissances lors de l’entrée à l’Université. Et c’est l’hécatombe, car, à un moment où à un autre, une sélection doit s’opérer .
Mais on a hypnotisé parents et élèves sur le diplôme pour le plus grand nombre comme formule magique. Pourquoi obligatoirement un diplôme dévalué qui pèse de moins en moins lourd quand on recherche du travail. Il y a des quantités de secteurs où on recherche désespérément à combler les vides des postes, déjà dans m’enseignement ou les candidatures se raréfient dans tous les secteurs, le boulot de prof devenant de plus en plus difficile devant l’enfant roi érigé par des pédagogues qui n’ont jamais mis les pieds dans une classe.
Ce sont tous les étages du système qu’il faut revoir à fond, en commençant au plus jeune âge, et surtout en inculquant à l’enfant la notion de travail et d’effort plutôt que la motion ludique. De notre temps, nous devions souvent travailler non seulement pour l’école, mais aussi dans le cadre familial, pour aider aux tâches ménagères et même parfois professionnelles des parents. Nous n’en sommes par morts et en sommes sortis plus forts et mieux préparés à la vie d’adulte, ce qui ne nous a pas empêchés d’âtre des enfants avec leurs jeux et leurs rêves.
Je sais que je suis dépassé, has been, mais c’est la leçon essentielle que j’ai pu tirer de ma vie. Apprendre à travailler dans tous les domaines de la vie, et avoir un rêve, une motivation d’avenir, que j’ai pu réaliser grâce à mes efforts.
Merci pour ta poésie très importante et précieuse. Il y a vraiment beaucoup de choses à revoir.
Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)