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Sujet
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Le bruit assourdissant de la petite place
Provenait des gamins qui jouaient au football ;
Leurs aînés moins sportifs se traînaient dans un hall
Laissant à tout l’immeuble une crainte qui glace.Firmin vint sans tracas, comme à son habitude,
Le paletot ouvert et les mains sur les flancs.
Il tenait cette fois des petits paquets blancs
Qu’il serrait contre lui d’une chaude attitude.La troupe qui criait en s’arrachant la balle
Ne le vit pas de suite étaler son butin.
Il put donc doucement préparer son latin
Pour pouvoir déclamer sans tambour ni cymbale.Le plus jeune des loups voyant sa silhouette
Héla tout le troupeau affairé dans son jeu.
Les mômes sans prière ayant compris l’enjeu
Vinrent tous s’assembler tel un vol d’alouettes.De grands saluts polis volèrent en échange
Et ce nouveau théâtre emplit sitôt le coin.
Notre homme, tout ému mais serein plus ou moins,
Leur montra promptement sa nouvelle boulange.Aucun des auditeurs ne perdit une bribe
De ce tout nouveau conte avec des animaux.
Le jeunot curieux aux dires de ces maux
Ne saisit point le sens que dit la diatribe.Pour plus d’enseignement Firmin leur fit école
Et le groupe ébaubi demeura très pensif.
Pourquoi faut-il que haine impose son récif
A de petites gens dont la vie ne décolle.– Voilà braves petits ! Le sort a pour caprice
– D’alambiquer les mots qu’on ne sait plus saisir.
– Les palais et châteaux asservis au plaisir
– Sont des prisons sans cœur où prospère le vice.
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