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Rue Saint Vincent (Aristide Bruant, 1911)

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par daniel46, le 16-01-2008 22:19.
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  • #2601302
    Plume de platine
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    daniel46
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      Rose Blanche (Rue Saint-Vincent)
      Paroles et Musique: Aristide Bruant 1911
      © Bruant/Salabert
      autres interprètes: Fred Gouin, Les Frères Jacques (1949), Yves Montand (1950), Cora Vaucaire (1953), Germaine Montéro, Patachou, Marc Ogeret (1958), Colette Renard, Aimé Doniat, Monique Morelli, Odette Laure (1964), Lina Margy, Francesca Solleville, Mistigri (1973), Renaud

      Elle avait sous sa toque de martre,
      sur la butte Montmartre,
      un p’tit air innocent.
      On l’appelait rose, elle était belle,
      a’ sentait bon la fleur nouvelle,
      rue Saint-Vincent.

      Elle avait pas connu son père,
      elle avait p’us d’mère,
      et depuis 1900,
      a’ d’meurait chez sa vieille aïeule
      Où qu’a’ s’élevait comme ça, toute seule,
      rue Saint-Vincent.

      A’ travaillait déjà pour vivre
      et les soirs de givre,
      dans l’froid noir et glaçant,
      son p’tit fichu sur les épaules,
      a’ rentrait par la rue des Saules,
      rue Saint-Vincent.

      Elle voyait dans les nuit gelées,
      la nappe étoilée,
      et la lune en croissant
      qui brillait, blanche et fatidique
      sur la p’tite croix d’la basilique,
      rue Saint-Vincent.

      L’été, par les chauds crépuscules,
      a rencontré Jules,
      qu’était si caressant,
      qu’a’ restait la soirée entière,
      avec lui près du vieux cimetière,
      rue Saint-Vincent.

      Et je p’tit Jules était d’la tierce
      qui soutient la gerce,
      aussi l’adolescent,
      voyant qu’elle marchait pantre,
      d’un coup d’surin lui troua l’ventre,
      rue Saint-Vincent.

      Quand ils l’ont couché sur la planche,
      elle était toute blanche,
      même qu’en l’ensevelissant,
      les croque-morts disaient qu’la pauv’ gosse
      était crevé l’soir de sa noce,
      rue Saint-Vincent.

      Elle avait une belle toque de martre,
      sur la butte Montmartre,
      un p’tit air innocent.
      On l’appelait rose, elle était belle,
      a’ sentait bon la fleur nouvelle,
      rue Saint-Vincent.

      Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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