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La Mémoire Et La Mer – Léo Ferré.

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par claude, le 17-11-2009 00:17.
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  • #2608943
    Plume d'argent
    ★★★☆☆☆
    claude
      • Sujet: 187
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      La mémoire et la mer de Léo Ferré

      La marée, je l’ai dans le cœur
      Qui me remonte comme un signe
      Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
      Un bateau, ça dépend comment
      On l’arrime au port de justesse
      Il pleure de mon firmament
      Des années lumières et j’en laisse
      Je suis le fantôme jersey
      Celui qui vient les soirs de frime
      Te lancer la brume en baiser
      Et te ramasser dans ses rimes
      Comme le trémail de juillet
      Où luisait le loup solitaire
      Celui que je voyais briller
      Aux doigts de sable de la terre

      Rappelle-toi ce chien de mer
      Que nous libérions sur parole
      Et qui gueule dans le désert
      Des goémons de nécropole
      Je suis sûr que la vie est là
      Avec ses poumons de flanelle
      Quand il pleure de ces temps là
      Le froid tout gris qui nous appelle
      Je me souviens des soirs là-bas
      Et des sprints gagnés sur l’écume
      Cette bave des chevaux ras
      Au raz des rocs qui se consument
      Ö l’ange des plaisirs perdus
      Ö rumeurs d’une autre habitude
      Mes désirs dès lors ne sont plus
      Qu’un chagrin de ma solitude

      Et le diable des soirs conquis
      Avec ses pâleurs de rescousse
      Et le squale des paradis
      Dans le milieu mouillé de mousse
      Reviens fille verte des fjords
      Reviens violon des violonades
      Dans le port fanfarent les cors
      Pour le retour des camarades
      Ö parfum rare des salants
      Dans le poivre feu des gerçures
      Quand j’allais, géométrisant,
      Mon âme au creux de ta blessure
      Dans le désordre de ton cul
      Poissé dans des draps d’aube fine
      Je voyais un vitrail de plus,
      Et toi fille verte, mon spleen

      Les coquillages figurant
      Sous les sunlights cassés liquides
      Jouent de la castagnette tans
      Qu’on dirait l’Espagne livide
      Dieux de granits, ayez pitié
      De leur vocation de parure
      Quand le couteau vient s’immiscer
      Dans leur castagnette figure
      Et je voyais ce qu’on pressent
      Quand on pressent l’entrevoyure
      Entre les persiennes du sang
      Et que les globules figurent
      Une mathématique bleue,
      Sur cette mer jamais étale
      D’où me remonte peu à peu
      Cette mémoire des étoiles

      Cette rumeur qui vient de là
      Sous l’arc copain où je m’aveugle
      Ces mains qui me font du fla-fla
      Ces mains ruminantes qui meuglent
      Cette rumeur me suit longtemps
      Comme un mendiant sous l’anathème
      Comme l’ombre qui perd son temps
      À dessiner mon théorème
      Et sous mon maquillage roux
      S’en vient battre comme une porte
      Cette rumeur qui va debout
      Dans la rue, aux musiques mortes
      C’est fini, la mer, c’est fini
      Sur la plage, le sable bêle
      Comme des moutons d’infini…
      Quand la mer bergère m’appelle

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