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Sujet
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Et si on faisait une petite expérience anodine pour tenter de pénétrer dans l’univers de «Geldasent»?
Bouchez-vous les oreilles à tel point que vous n’entendez plus rien, aucun son; le silence absolu: Vous voilà sourds! Maintenant, fermez la bouche, ne parlez plus! Vous ne pouvez prononcer aucun mot, vous ne pouvez émettre aucun son : Vous voilà muets! Vous ne comprenez plus ce que l’on vous dit, vous n’entendez plus la vie. Le fracassement des vagues sur les rochers, le murmure de l’eau dans un ruisseau, le chant d’un oiseau, la musique du vent… Tout cela vous est, désormais, inconnu! Vous avez besoin de vous exprimer, de communiquer, de vous faire comprendre; cela vous est, désormais, impossible! Combien de temps pourriez-vous résister? Une heure? Un jour? Comme c’est terrible d’être sourd-muet! Comme c’est cruel de vivre parmi les gens et d’être si loin d’eux, tellement incompris, seul, étrange et étranger! Cet univers de mutisme et de surdité, ce monde à part, «Geldasent» y vit, y a vécu et y vivra tant que son cœur s’entêtera à battre!
«Geldasent» signifie, en langue amazighe : «Malika; la reine». Elle a 22 ans, elle est sourde-muette et elle est artiste-peintre. Issue d’une famille simple et honnête, Malika s’est accrochée à cette vie en dépit de son handicap. Petite fille, elle n’allait pas à l’école, cartable à la main, tresses dans le vent; vêtue de son tablier d’écolière, comme les autres filles du quartier. Parce qu’elle était différente, parce qu’elle n’était pas «normale», elle n’avait pas sa place à l’école. Elle était condamnée à demeurer analphabète pour la simple raison qu’il n’y a pas, à Agadir, une école ou un centre réservé aux sourds-muets. Et elle voulait tant apprendre, savoir, comprendre, connaître… la vie! Quand ses petites voisines partaient à l’école, elle, elle s’ennuyait toute seule, toute la journée, à la maison.
Elle passait le temps, elle s’occupait en aidant sa maman aux tâches ménagères quotidiennes. Et la vie continuait et le temps passait et Malika grandissait…
A l’âge de 17 ans, elle commence à dessiner pour tuer la monotonie et la langueur de ces jours qui se ressemblent. Son oncle a remarqué son penchant pour le dessin. Il lui a acheté de la gouache, des pinceaux et du papier et l’a encouragée à dessiner et à peindre. Très vite, elle fait preuve d’un talent hors pair et d’un don remarquable… Et l’artiste « Geldasent » est née ! Depuis ce temps, la peinture est devenue son activité essentielle, sa raison d’être, sa manière de communiquer, de s’exprimer, de s’extérioriser, de parler! Et elle a tellement de choses à dire! Comme elle est prolixe, le pinceau à la main, cette fille qui ne parle pas ! Toute cette énergie, tous ces sentiments, toutes ces idées, toute cette colère, toute cette douceur, toute cette révolte, toute cette tendresse, tout cet amour, toute cette vie qui bouillonnent dans son tréfonds, qui bourdonnent dans ses entrailles, elle les exprime à travers ses tableaux et ses toiles : Ces œuvres d’une beauté rare, d’une immense richesse artistique, d’une imagination créatrice particulière, d’une innocence sincère et innée. Je ne suis pas critique d’art, je ne comprends absolument rien aux arts plastiques, mais quand j’ai vu les tableaux de «Geldasent», j’étais subjugué, émerveillé et tout ce que j’ai pu dire c’était: «C’est beau!» Je laisse aux spécialistes le loisir de critiquer, d’analyser, de décortiquer ses œuvres qu’elle a déjà exposées plusieurs fois individuellement et collectivement. Et elles ne sont pas passées inaperçues: On ne peut pas rester indifférent, ou insensible devant des tableaux comme «Le Fou» (inspiré d’un poème en langue amazighe, «Nature-Écriture», «Manifestation» ou «La Langue».
Autodidacte, inassouvie, Malika a constamment le Souci de bien faire. Jamais satisfaite, elle continue à travailler pour forger son talent. Elle suit des cours au studio d’art du peintre «Senoussi». Tout ce qu’elle fait, elle tient à y exceller. Elle est tellement appliquée et soigneuse que cela devient une hantise. Même le thé, elle prend tout son temps pour le préparer. Et si vous êtes pressés, vous ne boirez pas le thé de «Geldasent» ! Cette fille sans complaisance est sérieuse, sévère, juste. Elle hait l’hypocrisie, le mensonge et l’oisiveté. Elle adore le travail, l’effort et le défi. Son rêve? Voyager: voyager pour voir, observer, connaître, comprendre les autres cultures et civilisations pour enrichir son horizon. En attendant, elle se contente de voyager dans sa tête en voyant des films qu’elle aime à la folie. A cette fille audacieuse et tenace, qui a réussi à parler avec le pinceau pour fuir la geôle du mutisme, je dis: Azul Geldasent! Salut Malika;la reine!Albayane, Samedi 28 Novembre 1998
Ma vie n'est plus une barque dans une mer enrag?e
Et je ne suis plus le naufrag?!
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Mostafa, point fat, seul, las, si doux, r?vant de sa mie!!!
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