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Sujet
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Le tableau
Le chevalet planté dans le sol, l’horizon
Pour décor, un cadre en bois, sur le châssis
Toile fixée, j’ai choisi le printemps pour saison
J’entrevois la sombre forêt et son lacisDevant moi le support, fier et arrogant
Qui me défie par son immaculé blancheur
Avant de l’affronter, je prépare l’onguent
De couleurs, le toisant, d’un regard accrocheurTel un sorcier, je tourne autour du support
J’hume les senteurs, jette dans l’air de la terre
Pour voir le sens du vent, à tribord, à bâbord
Jaugeant l’angle d’attaque, l’assaut pigmentaireJ’ai opté comme arme le couteau, tout un art
Maîtrise de la technique, gestes précis
Les touches vigoureuses, sans être couard
Le combat est risqué, l’objectif indécisMon premier coup lui arrive en pleine face
Il titube sur son trépied, un jet de bleu
Sur son front lactescent, la scène prend place
Le gaillard est solide et fougueux, sacrebleuUne droite, du jaune, du rouge, du vert
Un gauche de côté, dernier uppercut
Il rend coup pour coup et j’esquive son revers
Le tableau est peint, j’ai enfin atteint mon but !
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