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Sujet
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Dernier poème élégiaque
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1_Aujourd’hui, celà fait exactement soixante_treize jours que tu as quitté ce monde impi,
2_Le jour du triste jeudi d’un octobre me rappelle tant de sentiments enfouis et de mélancolie,
3_Quand tu es partie rejoindre le ciel avec toi, ta bonté n’a pas démérité, ni ta beauté n’a flétri,
4_Me laissant seul me morfondre et pleurer ton amour et la passion en chapelet de rubis5_Ce matin comme à notre habituel pèlerinage, je me suis rendu à la Méditerranée doublement mère et mer,
6_En face de la grotte des amoureux me ressourcer des instants beaux d’hier,
7_Me barboter dans l’iode marine et humer avec ferveur ton haleine et ta senteur,
8_Te revoyant fouler le sable pieds nus enlevant tes sandales en peau de chameau de notre désert9_la veille de ton départ, le ciel a déversé des torrents de larmes froides comme celle de Noé,
10_Comme pour irriguer ta tombe et stimuler les chrysanthèmes blancs prononcés,
11_Peut-être aussi pour alléger la douleur qui ravage mon cœur agonisant et désemparé
12_Ou me rassurer que tu es entre de bonnes mains là-haut dans le ciel azuré13_Cette nuit les zébrures de l’éclair striaient et balafraient la voussure céleste avec vélocité,
14_Et les grondements du tonnerre résonnent tels l »orgue de Notre-Dame de Paris récemment installé15_Ah!dieu !que le temps semble interminable en ce moment âpre de contemplation,
16_Quand dans notre jardin fétiche, je vois défiler en noir et blanc le film de notre vie, que d’émotion !
17_C’était un hier récent, tu étais en ma camaraderie, ma complice, ma compagne et ma vocation,
18_Tu étais toute rieuse, me remerciant de t’avoir offert tous les délices de la vie sans restriction,
19_je n’oublierai jamais ton large sourire blanc et tes yeux de jade d’une colombe arabe dans sa perfection20_Qu’il est hypocrite le temps ! Qu’il est ingrat le temps ! Qu’il est improbable le temps !
21_Pourtant je sais que le temps n’est pour rien et qu’il n’est pas un accusé, alors je me repens,
22_Et repentir suffira-t-il à tempérer mon désarroi, ma détresse et mon mécontentement
23_je n’arrive jamais à croire que ta disparition s’est passée en l’espace d’un soupçon du soupçon24_Plongé dans les profondeurs des souvenirs, je me remémore qu’ici nous nous rencontrâmes,
25_là-bas, sous un mélèze nous discutâmes, nous nous dévisageâmes et souriâmes,
26_Plus loin, nous marchâmes à travers chèvrefeuilles, lentisques et fougères
27_Et au fond de la suberaie, sous un chêne centenaire, L’encas préparé la veille nous mangeâmes28_Que de souvenirs vivants et vivaces martèlent ma tête endolorie par ta lourde absence !
29_Que d’envie de te revoir ressusciter et t’embrasser pour la dernière fois avec insistance et persistance !
30_je sais que ce n’est pas de ta faute si tu es partie sans me prévenir telle une marie_Antoinette de France,
31_je sais aussi que tu es partie courageuse défiant l’adversité comme une Aphrodite de Grèce,
32_Sache chère feue épouse qu’il demeurera_ en moi_ ancré ton amour comme une Pénélope pour son Ulysse33_ Soudain, me réveillant en sursaut, je vois ton ombre passer toute blanche habillée,
34_Venant me caresser avec tes petits doigts si doux me noyant d’une fragrance ambrée,
35_Parfumant notre chambre d’une senteur qui n’a nullement d’égale dans notre monde accablé,
36_Et comme un somnambule, dans le noir absolu je te recherchais de partout, mais en vain !_______________________
© Salah ___07 01 26
Quand on a l'esprit ?lev? et le c?ur bas, on ?crit de grandes choses et on en fait de petites.Albert Camus
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