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3 Contre l’oubli

  • Ce sujet contient 3 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Pierre-Louis SESTIER, le 05-03-2009 15:14.
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  • #2605177
    CHAREF
      • Sujet: 527
      • Réponses: 3389

      L’ hymne à la liberté par Amina, Rachid et Charef

      Rachid :
      J’étais là quant la terre a mis bas,
      Fendue par le cimeterre
      De notre élan immature,
      En offrant au monde
      Une hideuse créature
      Qui dévala telle une fronde
      Entre les cuisses de notre désinvolture ;
      Et sur son passage, éclaboussa les rivages
      De notre Histoire
      Sombrant dans un gouffre noir
      Nos rêves de verdure.

      Amina :
      J’étais seule, et il faisait nuit
      Je pensais au temps qui fuit
      En fixant le ciel, cet espace infini
      Où les astres de leur lumière intense scintillent
      Je sentais ma vie s’évanouir dans l’ombre du passé
      Et tous mes rêves de jadis, à jamais effacés
      Un air de tristesse et d’angoisse m’envahit
      En pensant à tous ces êtres à qui on a volé la vie.

      Charef :
      Une bombe a éclaté au marché

      Rachid :
      J’étais là quant le ciel a vomit
      Des averses rouge sang
      Aux rafales plus tranchantes
      Que des hallebardes,
      Plus douloureuses que mille échardes ;
      Et la crue inonda nos souvenirs,
      Étouffant notre passé et notre avenir
      Et du présent
      Ne resta qu’un instant d’attente,
      Dans une froideur inquiétante,
      De la prochaine goutte qui suit…
      La précédente.
      De souffrance ou de délivrance ?
      Cela, peu importe !
      J’étais là quant le soleil a boudé
      Les cœurs des Hommes
      Ses rayons ricochaient inlassablement
      Sur les nuages difformes
      Et sur l’épaisse aura
      De la peur et de la haine
      Au dessus de nos âmes lourdes.
      Et la voie lactée
      Un labyrinthe, était devenue,
      Une barrière infranchissable
      Où nos prières butaient,
      Puis s’effilochaient, déçues, Dans l’inconnu.

      Amina :
      Ces monstres, ont- ils un cœur, ont-ils une âme ?
      Ou sont- ils de véritables robots infâmes
      Dirigés par des diables évadés de l’enfer
      Venus prendre et envahir notre univers ?
      Cruelle réalité qu’on vit et qu’on déplore
      Et qu’on nous prie d’oublier, sachant qu’ils ont tort
      Cet oubli ne serait – il pas une offense
      Pour tous ces morts, victimes de la violence ?

      Charef :
      Savez-vous qu’habile mécanicien
      On m’a amputé des deux mains ?
      Savez-vous que la plupart des blessés
      Sont des enfants déshérités
      Qui pour survivre vendent des sachets ?
      Savez-vous que promise à fonder un foyer
      J’ai le cœur brisé et le visage calciné ?

      Rachid :
      J’étais là quant la bravoure a pris la fuite
      En effaçant ses traces
      En s’accrochant à la dernière âme intrépide
      Fauchée par un sort
      Qui se pavanait orgueilleux
      Parmi les êtres lâchement soucieux
      De leur luxe et cloîtrés chez eux
      Se bouchent l’ouïe
      Et se crèvent les yeux
      Aux cris de la nuit
      D’un voisin ou d’un ami
      Traîné vers l’autel par des fous de Dieu

      Amina :
      Quel dommage ! Que ta bêtise, Ô ! Homme vil,
      Mette ton peuple et ta terre en péril
      Cette mère nourricière qui mérite ton respect
      Pour laquelle de Grands Hommes ont tout sacrifié
      Quel dommage ! Que tu deviennes muet
      Et communiques avec le feu et l’épée
      Et que tu fasses du Mal, ta seule idéologie
      Et prennes en otage la liberté d’autrui.

      Charef :
      Savez-vous que le tissu que j’ai acheté
      Pour les fiançailles de cet été
      A servi de linceul
      Pour ma dépouille mortelle?
      Savez vous que lorsque mon bourreau
      A tiré la lame de son fourreau
      Sa main maculée de sang a tremblé
      Troublé par mon sourire de bébé?

      Rachid :
      Oui j’étais là…
      Et je le suis toujours
      Et aujourd’hui, j’interpelle,
      Agenouillé devant la stèle
      Du tombeau de ma vie qui fuit,
      Dieu, parce qu’il n’y a que lui,
      De me frapper d’amnésie,
      De m’offrir une deuxième chance
      Et jouir d’une nouvelle naissance
      Pour que les rires remplacent les cris,
      Pour que l’amour soit
      Un honneur et une joie,
      Pour que la Justice et le Droit
      Entre les Hommes régissent en Loi
      Et que l’étoile, le croissant et la croix,
      Et toute croyance,
      Toute foi,
      soit une raison pour s’aimer
      et non un prétexte pour
      qu’on guerroie !

      😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

      Chaque homme porte en lui l'enfant qu'il ?tait

      Charef

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    • Auteur
      Réponses
      • #2749677
        Mascotte d'Oasis
        REN?E DUMAIS
          • Sujet: 603
          • Réponses: 7069

          de toute beauté poétique
          je suis émue chers amis de votre trio
          vos mots marquent comme un fer rouge
          et volent audessus des tombes et de nouveaux cris !

          un grand coup coeur pour ce magnifique poème ! 😆

          Lire, c?est rencontrer du monde, au plus profond de soi.

        • #2750012
          Plume de diamant
          ★★★★★★
          cyrael
            • Sujet: 4849
            • Réponses: 48873

            3 plumes amies,

            quel beau trio..

            contre l’oubli

            l'Amour rayonne quand l'Ame s'?l?ve, citation maryjo
          • #2753497
            Pierre-Louis SESTIER
              • Sujet: 532
              • Réponses: 4994

              Merci pour ce partage. Amitiés et bonne journée.

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