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A la lumière de ton immensité

  • Ce sujet contient 9 réponses, 9 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 20-12-2025 20:13.
  • Créateur
    Sujet
  • #2613895
    ethiel
      • Sujet: 165
      • Réponses: 485

      Et te voilà parti parmi l’irrémédiable,
      Si loin dans l’immuable et dont je ne sais rien
      Si ce n’est cette pluie qui pend comme un tue-diable,
      Puis que le regard mord, tant l’air est saharien…

      Et me voici transie dans ma robe orpheline,
      Piétinée des cent pas que l’on ne retient pas
      Dans l’esprit d’un regret cherchant sa naphtaline,
      Pour éloigner du cœur, les démons d’un trépas…

      Et te voilà d’ailleurs où rien ne nous invite
      A te parler d’ici tant manque un éclaireur
      Pour nous porter au seuil où ton amour gravite;
      Où moi je reposais, le feu de ma terreur…

      Et me voilà si seule où j’avançais si vite
      Sur les chevaux d’espoirs que tu m’avais offerts
      Pour dépasser les joies d’un bonheur qui s’évite,
      Tant le malheur est roi, des fonds de nos enfers…

      Et te voilà fidèle au temps de mes silences,
      Où la langue est muette et perdu sur un fil
      Fragile et décousu par trop de turbulences,
      N’ajoutant à la vie, qu’une ombre à son profil…

      Et me voilà sans mot pour fleurir une page
      Souffrant d’une avalanche effaçant le meilleur
      Que ma plume inspirait tantôt dans ton alpage,
      Ou dans ton grand cépage, ouvert à tout cueilleur…

      Et te voilà d’un pile au cadran de l’absence,
      A l’heure au rendez-vous d’un bien douloureux deuil,
      Qui m’assigne au palais noir de ma connaissance
      Qui puisait ton essence, emportant chaque écueil…

      Et me voilà d’un coup face au jury du pire,
      Cruel et implacable à tant de sentiments
      Tombant sans retenu dans l’instant qui soupire,
      Ce que la gorge expire, aux plus vains châtiments…

      Et te voilà soudain comme une silhouette
      Passant d’une étincelle au feu d’un souvenir,
      Pour qui prendra le soufre au bout d’une allumette
      Embrasant la mémoire, affolée d’en ternir…

      Et me voilà brûlée par une action acide
      Qui compose un portrait toujours décomposé,
      Sur la peau qui se marbre où l’hiver en lapide
      D’une neige éternelle, espérant s’y poser…

      Et te voilà diffus où moi je suis confuse
      En sentant là tes doigts s’échapper de ma main
      Gelée sans le velours de ta douceur infuse
      Qui transportait mon encre, au blanc d’un parchemin….

      Et voilà je m’élève au ciment d’une étude
      Qui m’apprend dans son cour un fémur en envol,
      Puis soudain la fracture à toute incertitude
      Propulsée dans un col, de douleurs en survol…

      Et voilà tu t’en vas quand j’erre en ce repère
      Que j’inonde au vertige ou n’était d’autre choix,
      Que celui qui vous prend dans l’adoption d’un père
      Tout ce qui était beau, d’un présent qui échoit…

      Et me voila forcée de rester dans l’histoire
      Et d’y semer la fleur de tes enseignements,
      Quand je sens dans mes poings des murs pour auditoire
      Qui pourraient déchaîner, de profonds saignements…

      Et te voilà ma brèche au berceau d’une veine
      Pulsant sous la suture apposé par le sens
      Que tu surfilais d’or pour serrer ma déveine,
      Mais que je sens lâcher, au couteau d’un non-sens…

      Et me voici si prés de mon hémorragie,
      Armant pour ta tendresse un mouchoir en garrot
      Qui se voudrait l’honneur d’une voile assagie
      Portant à ta lumière, un vaillant passereau…

      Mais voilà tout un vide et soudain je m’y flanque
      Comme en chien de fusil ou comme un embryon,
      Nidée sur les parois d’un jour creusant le manque
      Comme un destin croisé, par tant de Cendrillon…

      Mais voilà j’irai voir dans ma désespérance
      Un pays d’espérance au chaud d’une autre main,
      Pour garder dans mon cœur forcé par l’endurance
      L’éclat de ta valeur, par celle à son chemin….

      Et voilà j’irai boire un vin sous la gouttière
      Perfusant goutte à goutte un bain de minéraux,
      Pour garder l’œil ouvert et veiller ta frontière
      Traversant mon esprit, chassant tous ses barreaux…

      Et te voilà soudain dans l’inversion des rôles,
      Dépendant de l’ouvrage empêchant les oublis,
      Que j’écrirai pour toi tant tes pensées me frôlent
      Comme une étoile aux yeux, filant dans mes replis…

      Et te voilà vivant dans un corps bien fébrile
      Qui t’accueille en ses chairs comme un ventre à sa faim,
      Qu’on nourrit d’un effort tant que l’âme assimile
      Combien la poésie, ne connaît pas de fin….

      -A mon regretté Abdelmadjid dit « Janov »; parce qu’il n’y a et n’y aura toujours qu’un père à chaque naissance-

      -Dinner and the Ship of Dreams; Max Richter-

      ———————————————————

    Vous lisez 8 fils de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #2796459
        Nebula
          • Sujet: 148
          • Réponses: 564

          Merci merveilleuse Poètesse pour cet instant à la fois douloureux et si lumineux. Je reviendrai certainement lire et écouter encore.

          "La sagesse est d'avoir des r?ves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit" (O. Wilde)
        • #2796484
          Plume de diamant
          ★★★★★★
          cyrael
            • Sujet: 4849
            • Réponses: 48873

            Pour ce poète,feu. JANOV. très regretté
            une pensée
            à sa famille en deuil
            sincères regrets.

            MERCI

            amitiés

            l'Amour rayonne quand l'Ame s'?l?ve, citation maryjo
          • #2796490
            Plume de platine
            ★★★★★☆
            Eve-Lyne
              • Sujet: 747
              • Réponses: 6966

              Un sublime hommage que tu lui rends !
              Tes mots et ta sensibilité à toi pour notre regretté JANOV !
              Condoléance pour la famille en deuil !
              Amitiés

              EvE-LyNe
            • #2797247
              ethiel
                • Sujet: 165
                • Réponses: 485

                *

              • #2797248
                blackbywhite
                  • Sujet: 384
                  • Réponses: 1419

                  Bonsoir a toi poétesse,

                  Je n’ai connu que très peu la poésie de Janov mais il est des liens de poésie qui se devine quand un père ou un frère spirituel vient donner de son empreinte.

                  Pour ma part, tu es une de ses empreintes dans quelques poésies publiées ou pas…

                  donc merci aussi à toi

                • #2797249
                  symphonie50
                    • Sujet: 58
                    • Réponses: 1329

                    Je n’ai pas connu Janov, mais cet hommage que tu lui rends est empreint de sensibilité et d’émotions très fortes. Un écrit magnifique
                    Symphonie

                  • #2797254
                    eve
                      • Sujet: 36
                      • Réponses: 104

                      merde j’ai plus envie de pleurer ! et ça loupe jamais qd je te lis .
                      et qd tu parles de lui , aussi .encore plus .j’y pense ces temps …

                      je comprends rien à la vie .mon ange .

                      Eve
                    • #2797539
                      Ducroux Pascal Pierre Jos?
                        • Sujet: 964
                        • Réponses: 3655

                        Bonsoir ethiel

                        En écho à ton poème je t’offre ce doux présent :

                        magnifique hommage

                        Ecrire c’est libérer son âme pour la purifier et de sa douce flamme illuminer les coeurs en errance : une aube s’éveille.

                        Je te souhaite une douce soirée.

                        Je t’embrasse.

                        Pascal.

                        Tu es un de douceur tu illumines le chant de nos heures.

                      • #2797540
                        Sybilla
                        Maître des clés
                          • Sujet: 5464
                          • Réponses: 79667

                          Bonsoir Chère Amie poétesse Ethiel,

                          Superbe hommage à ce poète écrit avec beaucoup de sensibilité !

                          Passe de très Joyeuses fêtes de fin d’année !

                          Belle soirée Chère Amie poétesse Ethiel !
                          Toutes mes amitiés
                          Gros bisous
                          Sybilla

                          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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