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À mon frère méconnu
Homme, frère utérin, tu fais tes huit décades
Pour te revoir enfin, en vie, à ton insu
À ton pas ont tendu mes yeux une embuscade
Pour t’épier, frustré, celé, inaperçu.Tu voulais vivre seul, la paix, ta solitude
Loin de nous, tes parents, tes proches, ta fratrie
Dans nos cœurs déchirés par d’amples inquiétudes
Tu gis, mais dans ton monde occulte tu survis.Homme, frère inconnu, l’âge vieux te rattrape
Ligote tes élans, esquisse ton tombeau.
Alors qu’un mal mental docilement te sape
Ton neveu, malgré toi, t’a ramassé lambeaux,Plutôt mort que vivant mais tenace, si tenace,
Tu ne voulais venir en reniant ton choix
De finir sans nul bruit comme un rien qui s’efface
Dans l’oubli, sans passé, tuant tes autrefois,Quand un ange a surgi de l’univers du Juste
Te revoilà couvé avec le plus grand soin
Que la vie revient redessiner ton buste
Frère tu étais mort, tu reviens de loin !L’ange était ton neveu qui dénicha ton gite
Aux difficiles moments, aux ultimes soupirs,
D’un oncle mourant qu’aujourd’hui il abrite.
Qu’accomplisse son cœur tes derniers désirs !
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