Oasis des Artistes

Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne – membres !

Au seuil du portillon

  • Ce sujet contient 3 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par provencao, le 02-05-2024 09:47.
  • Créateur
    Sujet
  • #2711399
    provencao
      • Sujet: 775
      • Réponses: 2494

      Le portillon était ouvert, un portillon élimé par le temps, gracié du monde en un reflet lointain.
      Il entre. L’air s’arrête, se crispe, se décline. Un soupir dense, un soupir lourd. Est-ce possible?
      Il avance
      Les feuilles rougeâtres s’amoncellent sur la terre, seul délicatement achoppait l’écho de mes pas.
      Il avance
      Au détour d’un raidillon, s’éveille le mystère,  une feuille de marronier bouge sans le moindre souffle,  le sentier semble près de tituber, dans le vide au coeur de la griffe épineuse.
      Il avance
      Dans tout ce chaos,  ses rêves s’éraillentt aux fragons sauvages, dont les graines sont une tache de sang
      Quelques chagrins s’ennuient
      Confus et fluides dans les futaies. Il avance
      Une promesse sensible, endolorie  se balance , à la cadence de ses pas.
      Une cabane reniée depuis si longtemps gît étripée, une masure élaguée de tant d’absence! Il effleure du bout des doigts l’orle du bois, pour y décrypter le souvenir sous le soleil d’hier. Le silence y flâne,  en silence, son chant les harcèle, frisson
      Soudain, au loin, un oisillon essaie de battre des ailes-son cri dans le sous-bois où l’ombre s’enlise. Pas une Aria ne suit. Il avance égoïste du temps. Le moment seul l’enlace. Une peine ose la rencontre et s’évade . . Chaque détour du sentier offre sur le souvenir son appel  toujours précédent celui qui avance. Soudain entre les rameaux,  un petit filet d’eau fraiche. Soudain une éclosion. Elle érafle  les feuilles,  la terre les bosquets austères et la caresse du buxus odorant… Son murmure fend le silence,  nul mensonge s’éloigne.ni éraille.
      Nulle tromperie non plus de soi contre soi
      Il avance

      Il se hisse, doucement, au dessus des pâtures, il épouse la cime des hêtres,  vole entre les branches. Il vole, impassible, habité d’une aura, tranquille, d’une joie toujours à venir.
      Ambulations fiévreuses dans les méandres des songes. Tout s’abroge.  Elle là-bas y compris
      Qui a disparu.
      Il avance
      .
      .Il se réveille, dans une prairie assourdie, s’éffare  vaguement de ce qui l’entoure: la couleur du ciel, les oiseaux éparpillés,  les fourmis qui lui montent sur ses jambes..le temps s’écoule, placide. Immobile, il accueille le silence, respire le calme. Quelques débris de souvenirs sans allégeance, une souffrance déchirée sitôt apparue, disparue.
      Un trouble infime.
      Le tournis des rafiots qui se dandinent, dans le flamboyant clapotis du quai, à l’heure où la rade dort encore.
      L’hymne berce son front
        _La féerie de son rythme, dans l’unique musique de son souvenir!

      L’hymne le quitte, il s’endormirait presque, si ce n’était cette halètement entêté.
      Il ne serait donc pas mort?
      Le calme est là, une douceur sur son visage s’est mise à s’offrir, il s’y laisse prendre, s’y laisse l’accueillir.
      Elle lui susurre à l’oreille, la quiétude du moment.

      Dans les airs, passe élégamment cendre grise, fragile, ardente où encore s’inscrit l’écho qui l’appelle
      L’écho prêt à se fondre,  dans le bleu éthéré du ciel.

      Les champs de blé flottent et se craquent dans le vent, les pierres roulent
       Sous ses pas, dans les chênes Kermes, la fragrance de l’air susurre le cours d’eau, ample, s’ésquive entre les massettes.

          Il avance
      Les pierres roulent sous ses pas, la peine et la joie se mêlent,
      La gaité parfois si forte, si câline, si fortement câline, blessé, touche, peut faire mal sans même savoir pourquoi.

      Elle siffle, chante, crie en lui, s’attise, l’égratigne.
      Il se remémore,  un moment de bonheur, mais un bonheur évité, un bonheur sans raison, il le transperce.

      La peine d’un bonheur vrai.
      L’ample calme de la rivière,  entre les massettes au son de verre, une estampillé de ronces en plein coeur.
      Les fruitiers embaument de senteurs. Les abeilles s’y activent, perles de soleil qui valent, dans le calme dense.

          Il avance
      Les pierres roulent sous ses pas, une coquille de noix vide, à l’ombre d’un peuplier se berce.
                         Les ambulations fiévreuses dans les méandres des songes

      Où etait-ce?
      Dans quelle vie, perdue?

      Il avance.

    Vous lisez 2 fils de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #3511323
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir ma chère amie Véronique,

          Je suis ravie de ton retour parmi nous toutes et tous !

          Comme flottant au-dessus de son corps, il erre dans un univers étrange où des scènes se déroulent sous ses yeux ébahis par un halo mystérieux !

          Superbe narration de ton très beau récit que j’ai lu avec beaucoup d’attention !

          Belle soirée chère amie poétesse Véronique !
          Toutes mes amitiés
          Gros bisous
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3511350
          Mascotte d'Oasis
          RomanNovel
            • Sujet: 1171
            • Réponses: 10526

            Il y a une rubrique spéciale pour les contes et nouvelles, cet écrit n’a rien à faire dans la rubrique Vos poèmes !

          • #3511460
            provencao
              • Sujet: 775
              • Réponses: 2494

              Bonjour,

              Veuillez m’excuser, je n’avais jamais posé de prose jusqu’à maintenant.
              Cordialement

              Provencao

          Vous lisez 2 fils de discussion
          • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.