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Sujet
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Prose poétique : Aux confins du désert
Je suis né au bord des vents, là où les maisons tiennent debout par fidélité plus que par muraille. Ici, on apprend tôt à ne pas baisser les yeux devant les tempêtes : elles sont nos sœurs, nos juges parfois, mais elles nous laissent vivants. Dans les creux du silence, un cœur qui ne ment pas se met à battre fort. C’est avec lui que je parle.
J’ai marché sur les pierres chaudes des souvenirs, j’ai traversé des saisons qui n’étaient pas les miennes, j’ai vu des hommes renier leurs chants pour un repas tiède et des murs propres. Moi, je préfère rester dehors, avec les étoiles mal cousues dans le ciel, avec les bêtes qui dorment debout et les âmes qui chantent sans se montrer.
Je n’échangerai pas un battement vrai contre toutes les sécurités du monde. Je suis peut-être tremblant, parfois, mais je suis là, face à ce qu’on n’ose plus nommer. C’est peut-être ça, être brave : continuer à nommer les choses sans les abîmer, regarder l’amour même dans les ombres, prendre la main d’un cœur simple et dire : « Viens, il y a encore du vent à respirer. »Charef Berkani
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