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Sujet
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Compte à rebours avant la fin du monde :-6 (à suivre).
Fin du monde, résurrection des morts. Grandiose et sidérant. Comment cela pourrait se faire ? Il y a bien eu l’épisode extraordinaire de la multiplication des pains par Jésus afin de rassasier la foule qui l’avait suivi, et donc pourquoi y aurait-il un problème pour gérer le retour de la multitude de nos ancêtres. Adam et Eve et tous les autres, enfin ceux qui auront mérité cette nouvelle vie paradisiaque où les sentiments bons ou mauvais seraient, dit-on, obsolètes.
L’ataraxie complète, sans nostalgie, sans regard libidineux, sans cette fringale de pomme qui a dû perdre le pauvre Adam. Il ne sera donc pas là. Voilà que cela me contrarie un peu : les féministes vont applaudir à tout rompre. Pas possible puisqu’elles n’auront plus rien à défendre. Quand bien même la féminité tout autant que la masculinité auraient dévié dans tous les azimuts. Et cela serait sûrement prévu aussi : les êtres réapparaîtront asexués. Plus de sexe, plus de problème, plus besoin de croître et de se multiplier. Fermez le ban !…Je n’arrive pas à y croire, que les croyants me pardonnent.
Alors une autre hypothèse me vient à l’esprit, une de plus, aussi farfelues que les autres. Il nous faut repartir de l’idée du noyau originel de l’univers tourné naturellement vers son expansion ; parvenu au stade que nous lui connaissons, programmé pour exploser le vingt et un décembre prochain, il pourrait, en se désagrégeant, tout raser sur notre planète.
Houais, il pourrait s’éparpiller en des milliards et des milliards d’agrégats infiniment petits qui ne supportant pas le vide fusionneraient pour reconstituer ailleurs un autre noyau originel dans le champ incommensurable des possibles ; ainsi l’existence se manifesterait sous la force seule des desseins de la matière, des divers flux, de nouvelles bases chimiques et de leurs réactions.
Matière animée par qui, par quoi ? Par une incroyable pugnacité au prétexte d’exister au travers de métamorphoses diverses, au gré des éléments qui dicteraient les schèmes de leur évolution commune à chaque fois qu’un déséquilibre apparaît chez l’un ou l’autre.
L’équilibre serait dans la nature des choses, hélas, plus ou moins consciemment, les hommes en viennent à le rompre, quand ils ne le combattent pas, aveuglés par toutes les bonnes raisons du profit. Non, je ne suis pas en train de condamner la hiérarchisation naturelle, elle-même programmée dans le logiciel universel ; pourtant, là encore, la recherche des l’équilibres socio-économiques est avérée essentielle pour éviter que la courroie ne pète et que le chaos s’ensuive. A moins que ces explosions sociales ne suivent le même processus : se désagréger en explosant pour se reformer autrement sur des bases nouvelles. Je viens de faire un amalgame, mais je garde !
Ce matin ma petite-fille est tombée sur un de mes poèmes dans lequel j’avais employé un mot qu’elle ne connaissait pas- elle est jeune- et m’a demandé ce que j’entendais par « plénitude ». Je lui ai répondu de mon mieux tant le mot exprime à la fois ce qui est plein, mais toutes ces sensations que nous ressentons quand, à satiété, nous nous sentons rassasiés, replets. Quel rapport allez-vous penser ?
C’est que je reviens à l’existence humaine dans cet univers dont chacun de nous est partie en totalité, agrégats compactés qui forment notre corps avec sa structure osseuse, le sang et autres liquides réactifs, ( prés de quatre vingt pour cent) puis notre cerveau – et pour ce qui me concerne de l’âme.« Objets inanimés, avez-vous donc une âme »- (Lamartine)
Pascal, quant à lui, dit que nous sommes composés de deux natures différentes…d’âme et de corps.
Pascal ne dit pas qu’aucune connexion ne soit possible entre elles. Il me faudrait le relire entièrement et je n’en aurai pas le temps avant le vingt et un. « Deux natures » me plaît bien : pourquoi pas des agrégats de natures différentes, liées de fait, par les liens synaptiques d’un cerveau à l’échelle universelle véhiculant cette sensation de plénitude comme une fin en tout.
Quel bonheur d’écouter ma petite-fille lire à la perfection ce poème. Et quand bien même, elle ne comprenait pas la valeur de certains mots, l’écho d’âme en âme me ravit.
Reste le temps est sa métrique humaine. Si la matière est hors du temps, l’âme chevillée au corps le serait-elle aussi ? Tout entière dans l’instant, dans cette autre réalité du processus fulgurant et éternel de l’existence.
C’est la raison pour laquelle notre esprit n’aura de cesse de regarder au plus loin, assez paradoxalement. Simple pressentiment.
A demain, si vous le voulez bien. Je serai plus bref car j’aurai festoyé, histoire de vivre normalement dans le présent fulgurant et éternel de l’existence.
Pierre WATTEBLED- le 15.12.2012.

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