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L’abeille (repost)
Dans ma ruche évolue un chaos syllabique
Expulsant à son gré quelques mots baladeurs
Que je noie par essaims dans une encre mystique
Pour construire des vers et des écrits songeurs.Poésie, croyez-vous ? Écoutez ce qui suit,
Et par ruche entendez : ma cervelle débile,
Car parfois ma raison s’effarouche et s’enfuit
Quand j’ose méditer sur un thème indocile.Ah l’abeille, ma quête, en toi tout est divin !
Ton royaume, une Mecque et ta reine, Déesse.
Je t’observe sortir toujours de ton couvain
Et paître le printemps où fleurissent des liesses.Tu voltiges avec grâce ensemençant les cœurs
Ouverts sur mon pré vert de ton froufrou magique.
En revenant, Bergère embaumée de senteurs,
Offre-moi le nectar d’une fleur cannabique.Et plonge en moi ton dard, j’aime cette douleur
Fine comme un baiser, un baiser qui murmure
D’extase. Si jamais le jour devient pâleur,
Viens triturer mon corps, une étendue plus sûre.Mais Tu n’auras qu’un sang, rouge, chaud et amer.
Mon lit ne fleurit plus, il est tel un automne
Mais, mon rêve est vivant et grand comme la mer.
Ses jardins sont béants, viens, bourdonne, bourdonne !Nous sommes quelque part, alentour d’un destin,
Semblables par devoir, mais sans droits chère Abeille.
Moi, je forge des mots, par amour, par instinct ;
Toi, tu captes ton miel aux sources des merveilles.Ton fruit est un régal ; le mien, un bien, un mal
Siroté tout de même aux heures les plus sombres
Demeurant méconnu, Il a un brin astral
Prisé intensément par le peuple des ombres.
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