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Sujet
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Ce matin m’en allant sur les versants boisés
J’ai vu quelque chevreuil gambader sur la pente.
Il avait l’air hagard de me voir bras croisés,
Restant tout immobile au milieu de la sente.Je ne suis pas chasseur mais traqueur de tableau,
Un vrai paparazzi visant tout ce qui bronche.
Alors en dégainant mon Canon le plus beau
Je pris une photo de sa paisible tronche.Le Monde de ces lieux me semble un peu frileux
Ne flattant, las, personne en chaude pétulance.
Pourtant ce beau cliché me paraît fabuleux
Car il relate bien un vrai coin qui balance.La faune en se mouvant trouve toujours le cap
Quand le vent lui révèle où passer sans encombre.
Il est peu d’animal qui soit en handicap
Pour chercher au soleil une place dans l’ombre.Je disais ce tantôt que Mai nous fatiguait
A cause de ses jours où la pluie nous inonde.
Mais vous dont la vigueur Ô jamais ne fuguait
Que dites-vous ici de ce climat immonde?Un jeune pamphlétaire au portrait d’Adonis
Se met à me cingler d’une torride verve.
Citant Rolland Garros où il joue au tennis
Il pavoise, sans fin, d’un pathos qui m’énerve.Je sais. Je ne devrais jamais poser question
Surtout quand le sujet est fait d’incohérence.
Passer du coq à l’âne est une aberration
Me souffle un bon ami très fort en conférence.Voilà pourquoi soudain je mets un point final
A ce petit délire qui n’avait point de cible.
Vous trouvez cet écart bien mièvre et peu banal :
Je vous donne raison d’y rester insensible.
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