
Deuxième lettre – LE PEINTRE
Alicia, je sais que ta ravissante tête pour une fois devrait me prendre au sérieux. Il est impossible que ton intelligence ne puisse pas remarquer mes mots spontanés, sincères, sortis tout droit de ma palette colorée, rayonnés par ton magnifique sourire envoûtant. Chère beauté divine, tu es un merveilleux portrait, un chef-d’œuvre que seule la Renaissance a pu créer, enchantée par tes yeux noirs comme deux perles rares venus tout droit de la profondeur des océans. Ton front lisse ressemble à un cristal. Puis qui ne voudrait pas embrasser tes lèvres ensanglantées par le carmin, rendues flamboyantes par le soleil, des lèvres qui sourient plus splendides et plus impénétrables que celles de la Mona Lisa, de Leonardo da Vinci. Qui ne frissonnaient pas en sentant tes doigts fins comme des pinceaux en bambou caresser les cheveux, qui ne roulaient pas de bonheur en sanctifiant tes bras souples de danseuse exotique. À quoi bon d’avoir du talent, que tout le monde le reconnaît, même mes critiques les plus exigeants si mon véritable modèle n’est pas assis devant moi, m’envoyer sa lumière d’ange céleste directement sur la toile magique remplie de mon amour, étant conscient de peindre le plus beau tableau, l’œuvre de ma vie. Tu es la perfection de la nature, choisis-moi et tu seras toujours mon modèle préféré. Avec moi, tu vas avoir une vie d’épanouissement et ton tableau va voyager dans les plus grands musées du monde. Aldo, le peintre inconsolé qui t’embrasse comme dans ces rêves ! Ti amo con tutto il mio cuore !