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François Coppée

  • Ce sujet contient 2 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Georgiu Cornel, le 04-06-2025 17:22.
  • Créateur
    Sujet
  • #2717830
    Plume de diamant
    ★★★★★★
    cyrael
      • Sujet: 4849
      • Réponses: 48873

      j’aime

      bonsoir

      À Edmond de Guerle.

      Quand son enseignement eut consolé le monde,
      Le Bouddha, retiré dans la djongle profonde
      Et du seul Nirvâna désormais soucieux,
      S’assit pour méditer, les bras levés aux cieux ;
      Et gardant pour toujours cette sainte attitude,
      Il vécut dans l’extase et dans la solitude,
      Concentrant son esprit sur un rêve sans fin
      Avant d’être absorbé par le Néant divin.
      Le temps avait rendu tout maigre et tout débile
      Le corps ossifié de l’ascète immobile ;
      Les lianes grimpaient sur son torse engourdi
      Que ne réchauffait plus le soleil de midi ;
      Et ses yeux sans regard, dans leurs mornes paupières,
      Semblaient avoir acquis la dureté des pierres.
      Il aurait dû mourir, par la faim consumé ;
      Mais les petits oiseaux, dont il était aimé,
      Les oiseaux qui chantaient dans les branches fleuries,
      Venaient poser des fruits sur ses lèvres flétries.
      Et, depuis très longtemps, c’est ainsi que vivait
      Le Bouddha vénérable, absolument parfait.

      Donc mille et mille fois, et mille fois encore,
      La lune qui blanchit et le soleil qui dore
      Les forêts, sur son front tour à tour avaient lui,
      Sans que se fût distraite un seul instant en lui
      Sa pensée, en un songe immuable perdue,
      Lorsque dans sa main droite, au ciel toujours tendue,
      Dans sa main sèche et grise ainsi que du granit,
      Une hirondelle vint, un jour, et fit son nid.

      L’extase du Bouddha ne parut point troublée
      Par cette confiante et fidèle exilée
      Qui, franchissant du vol la montagne et la mer,
      Des froids climats du Nord revenait, chaque hiver,
      Et retrouvait toujours son nid chaud et paisible
      Dans le creux de la main du rêveur impassible.
      À la fin, cependant, elle ne revint plus.

      Et, quand les derniers temps furent bien révolus
      Du retour des oiseaux que l’exil seul protège,
      Lorsque l’Hymalaya se fut couvert de neige
      Et lorsque tout espoir fut perdu, le Bouddha
      Détourna lentement la tête ; il regarda
      Sa main vide ; et les yeux du divin solitaire,
      Qui depuis si longtemps n’avaient rien vu sur terre,
      Ses yeux tout éblouis d’immensité, ses yeux
      Éteints et fatigués de contempler les cieux,
      Ses yeux aux cils brûlés, aux paupières sanglantes.
      S’emplirent tout à coup de deux larmes brûlantes ;
      Et celui dont l’esprit était resté béant
      Devant l’amour du vide et l’espoir du néant,
      Et qui fuyait la vie et ne voulait rien d’elle,
      Pleura, comme un enfant, la mort d’une hirondelle.

      François Coppée

      l'Amour rayonne quand l'Ame s'?l?ve, citation maryjo
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    • Auteur
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      • #3551413
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir ma Chère Amie Maryjo,

          Quelle superbe histoire fervente et si touchante !

          J’ai été très émue en la lisant !

          Tous mes voeux les meilleurs à toi et tous tes proches !

          Belle soirée Chère Amie poétesse Maryjo !
          Toutes mes amitiés à vous deux
          Gros bisous affectueux
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3552686
          Georgiu Cornel
            • Sujet: 453
            • Réponses: 3002

            Je viens de découvrir le poète François Coppée avec son merveilleux poème L’hirondelle du Bouddha. Il nous transporte dans le monde de la spiritualité, où Bouddha par le principe d’immanence a atteint Nirvana. Même au-delà il est soucieux d’une chose insignifiante, terrien, où l’hiver est là, la hirondelle est partie et  Bouddha pleure ! Magnifique ! Merci Cyrael pour cette découverte !

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