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Sujet
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Mais en ce grave instant, les cœurs n’y étaient plus.
Trop de moments d’espoirs à péroraison nulle,
De bons plans fignolés qu’il faut mettre au surplus,
Quand on croit que ça gaze et ne restent que bulles.Madame haussa l’épaule et soupira blasée.
Ses lèvres s’agitaient et on crut un instant
Que l’on allait entendre les sons polyphasés
De tous les musiciens qu’elle eut connu pendants.Dominique pensa que ledit paquebot
Surgi de temps brumeux des pensées de poète
Ne sera qu’un zombie dont on sait que la peau
N’a jamais résolu que des pensées sous couette.Sigmund, maître d’hôtel pensait à sa famille.
Avec son fils Gino qui n’était pas que beau,
Il espérait un jour jouer à la manille,
Si on le ramenait avec ce paquebot.L’homme Prout qui eut vent de toute cette affaire,
Sentit ses pauvres doigts, n’en reconnut l’odeur,
Et s’interrogea fort si dans cette galère
Il eut gardé son flair comme un bon chien rôdeur.La Sole matelote aux soupirs ineffables
Pensa que paquebot qui la mène en bateau
N’est pas le seul coupable à raconter des fables
Et du pauvre Maurice frappa ses biscoteaux.Maurice n’objecta pas devant l’abject tracas
Car étant décédé il ne put décider
Que faire dans ce cas pour taire ce fracas
Que ses pensées rigides ne purent élucider.Le Capitaine aussi était à l’aventure
Aux pensées embrumées de faméliques envies
Dégustant, altier, tartines de confitures
Et havane en fumée et verres d’eau de vie.Et puis Charles Liévens, comme dernier levé,
Avait lavé le pont et attendait son heure
Pour voir et pour revoir sa fillette lovée
Là-bas en bout de rue scrutant le père qui pleure.Dans ce silence hagard de vagues dissolues
Dans ce halo d’argent de brumes d’océan
Voici qu’un ange passe en ailes résolues
Et lâche comme oiseau fiente molle au séant.
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