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HIATUS-VINS 10

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 22-04-2025 23:58.
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    Sujet
  • #2719433
    Parceval
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      VINS 10

      VINS-SUR-CARAMY. ACTE 2

      Reprenons le cours de cette promenade digestive :

      … Itinéraire bucolique, qui s’achève sur le banc de pierre : idéal pour une digestion un peu laborieuse. Il rêvasse, revit l’histoire, prend la place du facteur sans la bouteille et s’endort, bercé par le chant des cigales.
      Lorsqu’il émerge, c’est frais et dispos, avec le souvenir du roman qu’il a bâti dans son sommeil et dont les dernières lueurs s’évaporent comme des bulles de champagne. Il en a écrasé un petit !…

      Il peine à refaire surface et s’étire, les yeux fermés. Un frisson. Le temps a du changer. Un bruit diffus de roulement et de conversations, et quand il ouvre les yeux, un peloton de cyclistes lui passe aux ras des orteils. Profilés les bécanes et les mecs casqués, lunettés en collants fluos. Sidéré, Lucas. Il les regarde filer et découvre le paysage. «  Mais où je suis, là ! » Le chemin porte un bitumage tout neuf bordé par un trottoir. Il y a plein de maisons pimpantes et fleuries. Des lotissements partout. La route en contrebas compte deux voies séparées par un terre-plein central. Et ça circule. De belles voitures, qu’il ne connaît pas ; enfin, presque : une 4L déglinguée vient de passer. Coté rivière, plus de friche industrielle, c’est également loti.
      Mal à l’aise et angoissé. Pourtant, il est bien sur le banc de pierre adossé à l’oratoire. Ça semble bien être le chemin du Bosquet. C’est bien le Village. Il aperçoit le pigeonnier de Fernand entre les maisons. Et le château : Bon Dieu, le château, ressuscité, flambant le neuf d’une belle restauration. Il s’est levé d’un bond, affolé. Puis il se calme, chasse d’un geste son inquiétude : Cartésien, jusque dans son rêve. Car c’est bien ça, il rêve pour Vins un avenir hypothétique dans lequel tout est tourné harmonieusement vers le résidentiel et le tourisme.
      D’ailleurs, il est conforté en cela par de petites anomalies : Les ombres portées indiquent le matin et les arbres fleuris le printemps. Même pour le rêveur professionnel qu’il est, tout ne peut pas être parfait : Sa montre marque la demie de quatre heures. Trotteuse au point mort, arrêtée. Curieux, il décide de gravir la cote. En contrebas, le vieux pont est toujours là, immémorial, rassurant.
      Passé le pigeonnier, il retrouve le village et peut se repérer. Mazette, le château en impose, jardin fleuri et gazonné, esplanade pour les voitures. Apparemment, on propose des services d’hôtellerie et d’accueil pour l’événementiel, mariages, conférences. Au-dessus, un court de tennis où l’on échange quelques balles matinales.
      Il passe la Mairie. L’école communale s’est agrandie et la cour résonne des cris et des rires d’enfants. Les enfants : Bien sur, pas de rêve où Annette serait absente. Elle se montre pressée sur ce chapitre : « Je veux des enfants jeune, et pas à trente ans ! » Attendri, il ne se sent pas encore taillé pour jouer au papa. Pensif, il laisse la récréation se poursuivre pour rejoindre la rue de leur logeuse ; sûr qu’il va y trouver Annette.
      Une belle enseigne coiffe le Bar des Amis. Mais la maison de Camille s’est transformée en Tabac-Presse. Un peu déconcerté, il se dit qu’il va la rejoindre au logis des Tornari. Il pousse la porte du tabac, salue, chope Le Provençal sur le présentoir et prend la file pour payer.
      Quand arrive son tour, il pose une pièce de cinq francs sur le comptoir. (Pas de chance, il n’a plus de petite monnaie dans sa bourse.)
      Le buraliste fait les yeux ronds, puis se met à rire. « Ça fait un bail que je n’en ai pas vu, de celles-là ! Vous êtes un petit plaisantin ! Ne la jetez pas, elle peut encore faire le bonheur d’un collectionneur. » Il ne comprend pas très bien, mais son regard tombe sur la couverture de son canard qui voisine avec sa monnaie. La date, bon Dieu : 19 juin 2008 ! Malaise, il est temps qu’il se réveille. Il se pince. Ça fait sacrément mal ! Une boule d’angoisse le prend à l’épigastre et enfle, enfle jusqu’à occuper tout l’espace. Une syncope miséricordieuse lui évite de chercher à comprendre.

      A suivre

      Parceval

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      • #3564210
        Sybilla
        Maître des clés
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          • Réponses: 79667

          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          Comme ce récit est intrigant !
          Je vais fe ce pas lire la suite !

          Belle nuit Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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