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HIATUS VINS 12

  • Ce sujet contient 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Parceval, le 29-04-2025 12:06.
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    • #3565162
      Sybilla
        • Sujet: 5464
        • Réponses: 79667

        Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

        Effectivement, c’est un véritable cauchemar…
        Je n’ose imaginer si ce genre d’événements devait se produire dans la réalité.
        Comment faire comprendre ce qu’il se passe ne le sachant lui-même…

        Merci pour ce très beau récit !

        Je vais aller lire la suite.

        Belle nuit Cher Ami poète Parceval !
        Toutes mes amitiés
        Sybilla

        Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
      • #2719523
        Parceval
          • Sujet: 1168
          • Réponses: 1943

          VINS 12

          CAUCHEMAR

          Il reste persuadé de faire un mauvais rêve et qu’il va finir par reprendre pied, retrouver les siens. Gratiné, le cauchemar, terrifiant : Généralement à ce niveau-là, on se réveille. Il se cramponne à l’idée qu’il s’est projeté dans le futur, même si ce rêve prend de plus en plus les couleurs d’une réalité tangible.
          Ce matin, on lui annonce que les gendarmes qui l’ont récupéré vont venir l’auditionner. Il attend cette visite avec l’espoir fou qu’enfin tout va s’expliquer.
          Un infirmier l’amène dans un bureau au bout d’un couloir interminable et aveugle. Ils sont trois à l’attendre : deux en uniforme et le toubib qui passe le voir deux fois par jour. Et il commence à déchanter. Ces deux-là ne sont pas venus pour l’écouter et essayer de comprendre, mais pour mener son interrogatoire.
          Les questions fusent, insistantes, en rafale. Comment est-il venu à Vins, avec qui. Pourquoi citer tous ces gens qui ne sont plus là depuis longtemps. Etc, etc… Bientôt pointent les menaces : vous savez que c’est grave de se moquer des représentants de la loi ? Ça peut vous coûter cher !
          Si, au début, il répond et commente ses avatars avec le maximum de détails, il n’est pas très enclin à poursuivre dans cette voie, atterré par l’attitude de ses interlocuteurs. La partie spectateur de lui-même envoie plein de signaux rouges clignotants : ne dis plus rien, reste évasif, protège-toi ! Pour finir, il lance, désespéré : ça sert à quoi que je vous raconte tout ça, de toute façons vous ne me croyez pas ! Il se referme comme une huître, répondant par monosyllabes au feu roulant des questions : Je ne sais pas, je ne sais pas !
          José Bourion finit par s’énerver et le ton monte :
          ― Vous commencez à me courir. Ah, vous les portez bien, jeune homme, vos soixante et dix balais ! Le vrai Lucas Kervelec, il coule une paisible retraite en Bretagne avec son épouse Annette. Alors qui êtes-vous et à quoi vous jouez. Qu’est-ce que vous essayez de nous faire avaler ? Le coup du voyageur temporel, à d’autres : c’est ridicule !
          Lucas n’a pas besoin de trop forcer pour botter en touche : Il fond en larmes. Le toubib intervient et confie son patient à un infirmier. S’ensuit un échange d’amabilités entre le médecin et les enquêteurs :
          ― Lieutenant, je vous signale que selon une première approche, nous sommes en présence d’un cas d’amnésie doublé d’une fixation sur une séquence d’événements anciens, antérieurs même à la naissance de cet homme. Notre expertise exclut à priori l’hypothèse d’un simulateur. Que des questions restent ouvertes sur le pourquoi Lucas Kervelec, je veux bien, mais vous n’arriverez à rien en bousculant le sujet dont l’équilibre psychique est pour le moins fragilisé.
          ― Mais enfin, docteur, les informations et témoignages recueillis donnent une réalité aux lieux et personnes cités dans le contexte des années soixante. De plus, il apparaît là-bas comme par enchantement et son signalement ne trouve jusqu’à maintenant aucun écho : Inconnu au bataillon. Pas de lien avec le fichier des personnes disparues. Vous ne m’enlèverez pas de l’idée qu’il s’agit là d’une mystification particulièrement retorse.
          ― Bon, écoutez, donnons-nous une semaine. Après, il faudra statuer. Notre établissement n’est pas équipé pour garder plus longtemps ce type de pathologie. Sauf fait nouveau et significatif, il est hors de question de relâcher ce monsieur X dans la nature. Soit vous le reprenez en charge dans le cadre de délits, soit je demanderai son transfert dans un établissement plus adapté à son état, à savoir le centre de Pierrefeu.

          L’air frais lui fait du bien, calme un peu sa rogne. Cet hosto est d’un sinistre… Tandis qu’il reprend place dans la voiture de service, Bourion se frappe le front, saisi d’une évidence.
          ― Mais oui, Brigadier, ça y est ; cette fois on le tient. Comment n’y ai-je pas pensé avant ! Avec toutes ces conneries de téléréalités qui colonisent toutes les chaînes ! Toujours plus loin dans la surenchère. Un croisement entre « Le fugitif » et « Naufragé du temps ». Dans la peau du héros ! Allez, on fonce là-dessus : les sociétés de production, TV et Cinéma ; qu’est-ce qui est en cours de tournage. Et ils n’ont pas intérêt à nous balader ; rechercher aussi localement toutes les traces d’équipes de tournage. Officielles ou free-lance.
          Le Brigadier embraye en acquiesçant mollement :
          ― Oui, Chef, vous avez certainement raison.

          Dans sa chambre-cellule, Lucas, couché en chien de fusil, fait semblant de dormir. Il a échappé à la piqûre. Et à ses tourmenteurs. Pour le moment il a compris qu’il vaut mieux passer pour dérangé que de chercher à se faire comprendre. Par contre, il est fortement troublé, et le gros câble qui sert de fil rouge au funambule du rêve commence à s’effilocher : dans ce monde-là, Lucas Kervelec existe, vieux, et ce n’est pas lui…

          A suivre ( de quoi perdre la boule…)

          Parceval

        • #3565231
          Parceval
            • Sujet: 1168
            • Réponses: 1943

            Chère Amie Sybilla
            Vous avez mis le doigt sur le problème que je me suis posé
            et qui m’a inspiré ce roman.
            Merci mille fois pour ce partage
            Bonne lecture
            Bien amicalement

            Parceval

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