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Sybilla, le 19-05-2025 23:45.
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19 mai 2025 à 23h45 #2720132
HIATUS VINS 25
LE LIEN IMPROBABLE
Il a constaté qu’elle aussi est fatiguée. Mais elle, elle sait pourquoi. C’est un jeu de poker menteur. Car lui, s’il a bien été réceptif au processus hypnotique, à savoir qu’il ne se souvient de rien de ce qui a été dit, il y a une grosse exception. Il sait et ressent qu’il s’est passé quelque chose d’unique : ils se sont trouvés, unis au-delà des mots, partageant la même douleur. Il connaît sa blessure, et il sait qu’elle connaît la sienne. A part qu’elle doit croire qu’il s’agit du traumatisme psychique dont son frère fait état.
Ils se séparent rapidement. Elle n’a qu’une hâte, se retrouver à la maison. Essayer d’analyser ce qui s’est passé. Être loin de cet homme.
Lui rejoint ses « quartiers ». Déçu, rien n’apparaît sur la période où il a vieilli, la seule chose qu’il espérait de cette épreuve. Sur le reste, ses espoirs sont douchés ; il faut espérer qu’il ne moisisse pas ici des années encore. Il consulte son gourou personnel, qui lui conseille de faire le gros dos et de poursuivre sa « mise à jour ». Il sera toujours temps d’aviser. Soyons pragmatiques. Tout de même, ce qui s’est passé l’étonne. Il « perçoit » confusément les gens qui l’approchent ou qui retiennent son attention, mais là, pénétrer et partager les pensées d’autrui. Intrusion dans l’intime. C’est la première fois. De plus il est conscient qu’un lien s’est établi entre eux, qui ne s’est pas rompu lors de son réveil. L’hypnose a crée un terrain favorable, certes, mais encore ?
Sonia est rentrée chez elle, mais ne trouve pas l’apaisement espéré. Ce feed-back violent l’a vraiment secouée. Ce type est le diable en personne. Et ce n’est rien encore. Lorsqu’elle relit l’enregistrement de la séance, elle se rend compte qu’a partir du moment où il parle de sa sieste à l’oratoire, il n’y a plus rien d’enregistré. Pourtant le compteur du dictaphone s’incrémente bien. Ah, si : peu avant qu’il ne s’exprime à nouveau, elle entend distinctement les sanglots désespérés d’une fillette appelant sa mère : ELLE ! Pourtant elle n’a pas rêvé, ils se sont parlé. Elle est sidérée : Non seulement c’est le diable, mais en plus c’est un médium, ou il serait télépathe ! Et il fallait que ça tombe sur elle. Elle maudit son frère de l’avoir ainsi exposée, puis honteuse admet : Il ne pouvait pas savoir. Une bouffée de tendresse : pardonne-moi frérot, bientôt suivie par une grosse boule de douleur qui remonte, enfle, l’envahissant toute entière. Et déborde dans un torrent de larmes : Vingt ans après, Sonia fait enfin le deuil de ses parents.États d’âme autour du sapin ; Encore dix jours pour la Noël. Lucas a fait la part des choses : Attendre et voir. Il est un peu tracassé par ce qui est arrivé avec Miss Dussarte. Pourvu qu’elle ne s’en ouvre pas à son frère. Il se souvient de lui avoir conseillé de n’en rien faire, mais vu les circonstances pour le moins particulières, il n’a aucune certitude. On devrait être fixé là-dessus rapidement. Effectivement, le prof le reçoit le lundi suivant, lui fait part de son désappointement. Il l’exhorte à la patience, on finira bien par trouver moyen de débloquer la situation. Il passe le dossier à son successeur, le professeur Solange Garmeyer. Il a même confié à sa sœur le suivi de l’affaire. Elle fera le point régulièrement. Elle est présente à l’entretien, réservée, quasi muette. Préoccupée, car il sent bien qu’elle s’est trouvée piégée. Elle n’a rien dit, off course.
Soulagé, il la remercie mentalement de sa discrétion. Il la voit tiquer et lui adresser un regard inquiet. Se pourrait-il qu’elle l’ait perçu ? De toute façon, il faudra bien qu’ils en parlent. A son interrogation, elle lui donne rendez-vous début janvier. D’ici là, ils se souhaitent de passer de bonnes fêtes de fin d’année.
Il a beau faire, difficile de rester zen. Pour lui, Noël dernier, c’était chez ses beaux parents, avec Annette. Dans une autre vie. Il conjure le sort en s’activant avec le personnel dans la préparation de la veillée, du repas, sollicite les uns et les autres des pensionnaires qui le peuvent pour participer à la fête. On trouvera des costumes. On fera la crèche. On lira des textes Daudet, Mistral, Pagnol. Animateur autoproclamé, il arrive à motiver les troupes, y compris l’aumônier. Ce sera un grand moment de fraternité. Étonnée, Odette lui découvre un certain charisme.Sonia. Ça n’est pas brillant non plus pour elle. Déstabilisée au point de redouter de ne plus être en mesure d’exercer correctement son métier. Son frère est rentré samedi et ils ont, bien sûr, fait le point. En réponse à la question inévitable : « Alors comment ça s’est passé … Tu as pu recueillir d’autres éléments ? », son compte rendu s’est résumé à relater la séance en oblitérant « l’accident ». Non pas qu’elle veuille le cacher, mais chaque fois qu’elle essaie de l’aborder, elle est saisie d’angoisse et reste bouche cousue, avec ce message qui tourne en boucle dans sa tête : « Tu n’en parles à personne ! ». Finalement elle n’en dira pas plus à Edmond qu’à Lucas. Son frère s’aperçoit de son trouble et s’en inquiète. Elle s’en sort en insistant sur le traumatisme et la violence subie par le sujet. C’était émotionnellement très dur pour elle. Il lui explique que même un psy hypnotiseur n’est pas pour cela blindé et à l’abri. Il comprend et s’excuse de lui avoir demandé d’intervenir, surtout qu’ils n’ont pas avancé. Le débriefing du lundi ne calme pas sa nervosité : un moment elle a eu l’impression que Lucas la remerciait de n’avoir rien dit de cette étrange fusion de leurs pensées, alors qu’elle-même ne lui en a pas fait état !
Le mardi la rassure un peu. Non, elle peut encore pratiquer son métier au service des gens, elle n’a rien perdu de sa capacité d’écoute et l’art de poser les bonnes questions. A commencer par elle-même : malgré sa peur, il faudra bien qu’elle en ait le cœur net, début janvier. Sonia finit par l’admettre: pour la disparition de ses parents, la blessure est cicatrisée, exorcisée depuis ce jour-là. Un bon point pour l’étrange inconnu de Vins.
En attendant, elle est de plus en plus impliquée. Interface du Docteur Garmeyer, chargée de suivre l’affaire et le patient. Ce qui s’appelle piégée, comment refuser les demandes de son frère ?
Père Noël, la hotte est pleine !
Le réveillon est prévu dans la maison du Cap Brun, en famille
Elle espère que l’on évitera de remettre le sujet sur la table.A suivre. Perplexes, nos héros sont perplexes….
Parceval
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19 mai 2025 à 23h45 #3568637
Bonsoir Cher Ami poète Parceval,
L’histoire n’a pas beaucoup avancée… et c’est très étrange que la conversation ne se soit pas enregistrée…
Je vais aller vite lire la suite !
Belle nuit Cher Ami poète Parceval !
Toutes mes amitiés
SybillaLe r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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