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HIATUS-VINS 27

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 21-05-2025 22:48.
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    Parceval
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      VINS 27

      PLEIN LA HOTTE

      Ce réveillon 2008, prendra, pour certains, un caractère un peu particulier, pour ne pas dire exceptionnel. Il y aura un avant. Il y aura un après.
      Depuis cette séance mémorable, Sonia s’est progressivement libérée de ses vieux démons. La maison familiale du Cap Brun, n’abrite plus les fantômes de ses parents disparus mais les souvenirs apaisés de son enfance. Alors qu’ils entament la veillée, attablés autour d’un buffet traditionnel où s’alignent les treize desserts, elle jette un regard neuf sur le coté étouffant et ambigu de leur pseudo relation filiale. Finalement, c’est une bonne chose qu’Edmond ait enfin accepté ce poste à Paris. En y regardant de plus près, ça fait au moins dix ans qu’il aurait pu le faire. Il a largement oblitéré une partie de sa vie personnelle et professionnelle pour elle. Et par ricochet, elle en a également pâti, enfermée dans son incapacité à accepter la réalité de ce drame ancien. Maintenant Edmond, papa de rechange, c’est fini. Bonjour grand frère ! Il serait temps qu’on fasse chacun notre chemin.
      Curieusement, elle se rend compte qu’il est dans le même état d’esprit. Alors, ils taillent des plans sur la comète. L’installation de son cabinet de psychothérapeute à la maison. Sans doute investir sur Paris dans l’achat d’un logement pour lui. Envisager la vente en lotissement de la partie non bâtie de la propriété. De toute façon, la pinède est cernée de petites copropriétés cossues. Il garderait la propriété du studio et d’un garage. Elle aurait le reste sans trop avoir à s’endetter.
      A dix heures, ils filent sur le Mourillon à l’église Saint Flavien pour suivre la messe de minuit, non qu’ils soient d’ardents pratiquants, mais ça fait partie des traditions qu’ils aiment.
      De retour à la maison, c’est parfaitement ragaillardie qu’elle attaque les friandises, assurée que le petit Jésus est dans la crèche après qu’elle ait chanté minuit chrétien. Avec une grosse envie de profiter de la trêve des confiseurs pour s’amuser un peu. Sortir en boite, une toile, s’étourdir et le reste… Laisser Edmond faire la tournée de ses potes toulonnais. Ils se sont accordés là-dessus.
      Contrairement à certaines de ses amies qui font tout toutes seules, elle, elle a une nette préférence pour que ce soit un mec qui calme ses ardeurs. Et, depuis trois ans, c’est Joffrey qui répond toujours présent lorsqu’elle est d’humeur folâtre. Un bon copain toubib, bien sous tous rapports. Sans plus, elle y a veillé, dès fois qu’il se fasse des idées… Un zeste de programmatique : Ils ont prévu de passer la Saint Sylvestre ensemble. Une nuit de folie ! Au gui l’an neuf !
      En attendant, le bain de Noël, dans une petite crique du Cap qu’elle connaît bien, comme chaque année. Treize degrés ! Yaouh ! Ça réveille ! Et musarder, voir les copines, continuer à faire des projets. Elle a plein d’idées pour la maison et réorganiser son activité. C’est comme une renaissance, ou ça serait comme ça s’il n’y avait pas un bémol nommé Lucas. La cause et l’effet. Il faut absolument qu’elle sache exactement ce qui s’est passé pendant la séance. Celui-là peut se targuer d’avoir foutu le souk dans sa vie. Avec du positif, faut reconnaître.

      Vingt-cinq décembre au Centre Henri Guérin. Les pensionnaires ont droit à un repas de fête. On a mis les petits plats dans les grands. Il y a de l’ambiance au réfectoire, autour du grand sapin décoré. On en est au dessert : la bûche fourrée à la crème de marrons venue tout droit de Collobrières. En attendant la distribution des papillotes et le café. Lucas est vanné. Il s’est donné à fond pour la veillée et l’animation du déjeuner. C’est le moment que choisit la nouvelle patronne Solange Garmeyer pour faire la tournée des popotes en compagnie de son staff. Un petit discours de présentation, un mot gentil pour chacun, passant de table en table. Ils arrivent à celle qu’il partage toujours avec son copain Pierrot, Lucas salue de son bonnet rouge à pompon et il a droit à un petit aparté, sur le ton de la confidence.
      ― C’est donc vous Monsieur Lucas. J’ai beaucoup entendu parler de vous. J’ai peut-être une bonne nouvelle : on a trouvé des témoins qui pensent vous avoir reconnu. Le docteur Claude vous en dira davantage. Nous vous verrons la semaine prochaine.
      Et ils repartent aussi sec vers d’autres convives. S’il n’était pas scié par ce qu’il vient d’entendre, il se serait imaginé en pleine campagne électorale.
      Ce n’est que dans la soirée qu’il verra l’interne. Claude lui fait le topo :
      ― Voila ; contrairement à ce que nous pensions, les recherches vous concernant n’ont pas cessé. Nous avons eu un avis de la gendarmerie de Fréjus. On semblerait se souvenir de vous sur photographie comme d’un ado disparu il y a une quinzaine d’années et les enquêteurs souhaitent vous confronter à ces gens. Les modalités restent encore à préciser ; il va sans dire que nous serons attentifs a tout ce qui pourrait être mal vécu de votre coté.
      Il ne prête que peu d’attention aux messages d’encouragement qui suivent, que c’est peut-être l’occasion unique de retrouver ses origines… Blabla, blabla. Il a besoin de rester seul. L’autre met ça sur le compte de l’émotion et le laisse.
      Ce n’est pas tout à fait le cas. Depuis « l’annonce faite à Lucas », il a eu le temps d’amortir le choc et de commencer à cogiter là-dessus. Non, ce qui le préoccupe, ce sont ces témoignages. Lui, il sait parfaitement que ces gens se trompent ou ont été abusés. Les seuls qui pourraient l’identifier le feraient en tant que Lucas jeune. Ils ont disparu, ou feraient partie de l’entourage de cet autre Lucas Kervelec, parents et amis. Et puis là, d’un coup, huit mois après ?
      A moins de voir dans cette « relance » un coup de pouce d’Edmond Dussarte pour lui donner l’occasion d’endosser une identité ? Il imagine mal le praticien se lancer dans ce genre d’entourloupe, malgré la sympathie qu’il lui porte. Et pourtant, qu’imaginer d’autre ?
      Alors, merci, Edmond. Il va faire comme si. Nonobstant qu’il y a peu de chance qu’une rencontre directe entraîne la conviction sans preuves formelles, aborder ces interviews d’une manière neutre.

      A suivre

      Parceval

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        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          Les choses se mettent en place tout doucement…
          Il n’est pas prêt cependant de retrouver sa véritable identité…
          Quelle histoire !

          Merci pour ton superbe récit et vivement la suite !

          Belle nuit Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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