Oasis des Artistes

Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne – membres !

HIATUS-VINS 32

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 02-06-2025 23:48.
Vous lisez 1 fil de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #2720505
      Parceval
        • Sujet: 1168
        • Réponses: 1943

        VINS 32

        LE NOUVEAU LUC EST ARRIVE

        Un truc l’intrigue quand même : Sonia. Elle avait des doutes pour Luc, comme lui d’ailleurs. Et là, même s’il l’a sentie toujours perplexe, elle ne semble plus en avoir.
        Qu’est-ce qui a bien pu la convaincre ? Évidemment, malgré ses petits talents, il ne peut savoir que le missile de croisière de JL Monthalier a fait mouche. D’ailleurs, tous les autres aussi sont droits dans leurs bottes. Bon, tant mieux.
        Ah, oui, Madame Guilbert, il l’a sentie particulièrement motivée à l’aider. Sûr qu’elle sera efficace. Mais c’est aussi la seule chez qui il détecte une part d’ombre, pas vraiment hostile, non, mais bien réelle… Ses petits talents, il va s’appliquer à les mettre en pratique, s’exercer pour en cerner la portée. Toujours de manière innocente, il a une conscience, on l’a déjà dit, sauf s’il s’agit de se protéger. Et cultiver ce qu’il appelle « Le Lien » qui l’unit à sa psy préférée. Il sommeille sans vraiment parvenir au repos.
        On toque discrètement à la porte. C’est Odette qui entre, accompagnée de ses bouteilles-alibi. Fallait s’y attendre, il n’est pas allé dîner. Dialogue minimal, presque monologue, mais si chaleureux, presque maternel.
        ― Que je suis contente pour toi. Tu te rends compte ? Dis, tu me donneras de tes nouvelles quand tu seras parti ? Qu’est-ce que t’as ? Souris un peu, on dirait que t’as avalé un parapluie.
        En écho, il répond par monosyllabes
        ― Moui, t’es gentille. Sûr, sûr. Suis vanné, énervé. Ils m’ont mis une tête comme un cabanon…
        Elle explore sous les couvertures.
        ― Ah, je vois ce qu’il te faut.
        Et lui administre un somnifère à sa façon. Diablement efficace, car un quart d’heure après, il dort comme une souche.

        Ce n’est qu’en fin de semaine que la presse régionale va relayer l’information. En pages intérieures, avec les chiens écrasés. L’actualité est par ailleurs si riche… Quelques lignes dans « Le Provençal » et « Le Méridional ». En substance :
        “ Le mystère du vagabond amnésique trouvé à Vins-sur-Caramy au printemps dernier est éclairci. Il a été formellement identifié comme étant Luc Estrésiani, cet adolescent tragiquement disparu avec ses parents dans le naufrage de leur voilier, il y a dix-sept ans, au large de Saint-Tropez lors d’une violente tempête.
        On se perd en conjectures sur ce qu’a pu être le sort de ce jeune homme pendant toute ces années. “
        Un acte de renaissance en quelque sorte…

        C’était à prévoir, on prendra de ses nouvelles. Au téléphone. Pascal, qui lui laissera ses coordonnées. Et Yann “ Brice de Nice” juste pour un petit coucou… 
        Gérard et Mady, eux, viendront passer le dimanche après midi avec lui.
        “Tatie” Mady et “ Tonton” Gérard, les Lefranck. Les grands amis des Estrésiani. Les seuls qui vont titiller sa conscience. Il en avait de la chance, Luc, d’être aimé comme cela. Effusions, embrassades. Ces gens sont adorables. Ils vont pouvoir se retirer au chaud dans un troquet du village. Tranquilles pour parler, car les clients sont rares.
        ― On est quand même mieux là, pas vrai ?
        Ils vont bien sur l’abreuver du souvenir de ses parents, de son enfance. S’il manquait de mémoire, largement de quoi y pallier.
        Ses parents : lui, Serge a bossé outremer dans les bauxites, avant de se laisser convaincre par la tendre Adeline de reprendre in fine le commerce de ses parents à Saint Raphaël, après être passés chez monsieur le Maire et le Curé. Sa copine d’école Mady et son copain Gérard comme témoins. De grands amis, donc, partageant bientôt le même désarroi devant l’impossibilité de concrétiser leur désir d’enfant. Seuls, les Estrésiani auront l’énergie d’aller jusqu’au bout du parcours du combattant et adopteront le petit Luc. Quand les Lefranck se décideront à leur tour, il sera trop tard. Ils seront oncle et tante putatifs du bambin. Il aura une enfance très entourée, le petit. Anecdotes émouvantes, fêtes, ballades, la mer…
        ― Gégé, il faut qu’on arrête, on oublie trop que Luc ne se souvient de rien. De la patience : avec le temps, ça reviendra, mais doucement.
        Ils auraient pu effectivement le saouler, mais non, il est bien, dans un cocon chaleureux. Il laisse aller ses pensées et perçoit l’émotion cachée derrière les paroles. “Tatie” soupire :
        ― Mon dieu qu’il a du t’en arriver du malheur pour que tu sois maintenant dans cet état. Mais c’est fini, nous sommes là. Nous allons nous occuper de toi, pas vrai Gégé ? Gégé opine :
        ― Tu dois savoir que notre maison t’est ouverte, et que nous t’apporterons toute l’aide dont tu auras besoin. Ne protestes pas, ça nous ferait tant plaisir … Et d’abord, nous reviendrons en semaine et nous irons en ville prendre de quoi te vêtir correctement.
        Le reste à l’avenant… En fin d’après-midi, ils n’ont plus de secret pour lui. Comme il l’avait déjà pressenti, ils ont été traumatisés par la disparition de leurs amis. Les uns et les autres sans parentèle, ils avaient fini par former une vraie famille dont le petit Luc portait tous les espoirs. Aujourd’hui, ils sont confortés dans leur conviction d’avoir retrouvé leur cher “neveu” et définitivement enfermés dans ce fantasme. Comme il serait cruel de les détromper un jour. Alors il se dit que si il peut leur apporter un peu de bonheur, sans abuser de leur gentillesse… Après tout ce qu’ils ont raconté et diront de leur histoire, il lui sera facile d’être Luc de chez Luc. Sans compter que lui-même se sent en empathie avec ces gens. Presque de la tendresse. Et quand il compare sa propre enfance à celle de cet ado, une étincelle de jalousie fugitive lui traverse l’esprit. Il n’a pas été malheureux, lui, loin de là, mais rien à voir avec le foyer chaleureux de ce garçon. Il n’avait que Maman, et Maman, si elle est encore de ce monde, fait partie du club des centenaires.
        La conscience en paix, oui, il va s’y appliquer à être le brave garçon qu’ils espèrent. Et, du coup, les habits de Luc lui deviennent plus seyants, confortables…

        A suivre
        Parceval

      • #3570560
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          Le voilà enfin sorti de ce lieu !

          Quel avenir lui est t’il réservé…?

          Superbe récit en partage !

          Et à demain le 4 juin pour lire la suite !

          Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
      Vous lisez 1 fil de discussion
      • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.