Oasis des Artistes

Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne – membres !

HIATUS-VINS 35

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 10-06-2025 23:42.
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    Parceval
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      VINS 35

      LE PRINTEMPS DES STAGES

      A l’issue des deux premiers stages, il commence à penser qu’Yvon a sans doute raison : pas grand’chose à en tirer. L’entretien d’embauche façon speed dating peut se résumer à un jeu de rôle présenté par des animateurs qui surfent sur la vague de la mode. La recherche d’emploi, elle présente tous les circuits de type ANPE et les formations qui permettront d’accéder à des formations censées faciliter la recherche d’emploi. En résumé, des officines, marchands de vent, managées par des universitaires qui ont flairé le bon filon. Il n’avait pas retenu la rédaction de CV, il n’a pas de problème d’écriture, et surtout, dans sa situation, quoi mettre : pas de diplômes ni expérience professionnelle attestée.
      Il décide néanmoins de poursuivre pour les trois stages payants sur lesquels il a avancé le montant des inscriptions. Pour voir, il y aura peut-être quelque chose à gratter. Les sessions se répartissent sur un mois et demi. Il faut trouver à s’occuper. Il a remarqué une navette qui embarque une douzaine de pensionnaires le matin et les ramène en soirée. Information prises, pour partie, ils sont envoyés bosser vers des jardins floraux et maraîchers, et pour ceux qui sont en mal de socialisation, dirigés sur la communauté Emmaüs de La Crau en bénévolat. En insistant un peu, il obtient l’accord de l’équipe « Rebondir » pour les accompagner.
      Que retiendra-t-il de ces stages suivis dans l’ordre Informatique/Internet/Économie ? Suffisamment d’infos pour cerner la place prise par les machines dans toutes les activités humaines, une idée de ce que sont les systèmes d’exploitation, les principales applications bureautiques, et les réseaux de communication. De quoi aussi mettre en pratique les diverses notions acquises grâce à Odette qui a pris de son temps libre pour lui montrer son PC portable et pianoter textes et requêtes sur le clavier. Même très général, le dernier consacré à l’économie commencera à lui donner quelques idées sur ce qu’il sera possible d’envisager.
      Paradoxalement, ce sont les séjours épisodiques au centre Emmaüs de La Crau qui lui apporteront le plus, sans négliger le ramassage des carottes et des salades aux jardins associatifs, souverain pour calmer les angoisses et occuper les mains, en bonne compagnie, et garder les pieds sur terre.
      D’abord l’accueil et l’intégration d’office parmi les compagnons. Simple directe, sans fioritures. Des échanges riches et fraternels quand il fera le tour des différentes activités de la communauté. Car il passera partout, de la récup, des dons aux livraisons, in situ et chez les gens, aux tri, recyclage, remise en état, réhabilitation des meubles et autres matériels. Sans compter la tenue des stands de vente spécialisés. Tout avec le même engagement et le coté gratifiant de penser servir à quelque chose. Son cursus terminé, il partagera son temps entre la remise en état de l’électroménager, rapidement dans ses cordes, et l’informatique-audio-visuel. Là il va tomber sur quelques paumés sympas, fondus du web et hyper compétents, qui vont plus lui en apprendre que dix stages de six mois. C’est avec eux qu’il va se doter d’un portable avec un forfait light pour commencer. Le jeudi, il donnera la main au stand des livres, l’occasion de s’immerger dans la population cosmopolite qui fréquente assidûment les lieux.
      Et les week-ends me direz-vous ? Eh bien c’est une espèce de routine : les Lefranck le récupèrent et il passe les deux jours avec eux. Avec plaisir. Une date difficile à passer : bientôt le 19 juin, l’anniversaire de son « débarquement » à Vins. Sonia y a pensé et s’est arrangée avec Tatie Mady pour qu’ils déjeunent tous ensemble. Délicate attention. Elle l’appelle régulièrement pour prendre des nouvelles, c’est maintenant plus facile avec le portable. Ils n’ont pas eu trop l’occasion d’approfondir leur fameux « lien » à part le constat de la connaissance intuitive de ce à quoi pense l’autre. Enfin pas tout, heureusement.
      Dix-neuf juin. Qu’a-t-elle fait depuis février ? Absorbée par la réinstallation de son cabinet dans l’appartement de son frère, le lotissement et la mise en vente de la majeure partie non bâtie de la propriété. Ses activités professionnelles bien sûr. Ça ne se passe pas trop mal, mais il faut s’y tenir.
      Dix-neuf Juin ; dans cette ambiance quasi familiale, il peut passer le cap sans coup de blues, et différer le moment de faire un bilan. Car son dernier stage est terminé depuis une quinzaine et on le presse de conclure.
      Il va s’y atteler dès le lendemain. Au niveau des constats : il se sent mûr et suffisamment au parfum pour voler de ses propres ailes. Rester davantage à l’Association « Rebondir » n’a pas grande utilité. De toute façon, ils ne vont pas le garder très longtemps et les oustachis du coin, depuis leur recadrage, le prennent pour un cador et le collent en permanence pour le brancher sur des coups foireux. Tout ce qu’il y avait à tirer des stages et de son passage à Emmaüs, il l’a intégré. Pour le reste c’est sans appel. Ils ont malheureusement tous raison : sans diplômes, pas d’espoir d’obtenir un boulot salarié autre qu’aide maçon ou manutentionnaire.
      Nonobstant, c’est à lui de créer son emploi, dans la gamme «  ma petite entreprise » de services, où il sera PDG, comptable et ouvrier, seul job garantissant assez de liberté pour continuer à terme la quête de sa vérité. Ses priorités : Passer le permis, acquérir un véhicule et un Pc portable, un peu de matos et une base logistique. Banco, sa décision est prise : la mort dans l’âme il se résout à accepter l’offre généreuse des Lefanck de l’accueillir chez eux. Exit provisoirement Toulon, bonjour Fréjus. Il va sans doute abuser de leur attachement à Luc, mais il se promet de leur rendre tout cela au centuple dès que possible.
      Dire que l’exposé de son projet est accueilli avec enthousiasme serait nettement exagéré, mais on respecte sa décision : il est libre, n’est-ce pas ? Madame Guilbert boude toujours. Sonia dit Casse-cou. Entre deux portes, il lui glisse discrètement :
      ―Tu vois une autre solution, toi ? Elle répond par une grimace éloquente. Les seuls qui sont ravis, devinez, ce sont Tatie Mady et Gégé…

      La maison de Tatie

      A suivre
      Parceval

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        Sybilla
        Maître des clés
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          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          Quelle traversée du combattant !

          Avec la volonté qu’il possède, je ne doute pas de son futur succès !

          J’ai hâte de connaitre la suite !

          Superbe récit en partage !

          Belle nuit Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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