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VINS 37
NOTES D’ÉTÉ
Sonia est venue passer les fêtes de mi-juillet, à l’invitation de Mady, qui, si elle n’est pas télépathe, serait plutôt du genre fine mouche. Il y a quelque chose de spécial entre ces deux-là. Le reste de leur relation se passe au téléphone, souvent. Elle donne aussi des nouvelles à son frère, soulignant les progrès de son petit protégé et avec quelle pugnacité celui-ci est en train de se donner les moyens de bâtir une nouvelle existence. Edmond Dussarte perçoit aussi de subtils changements chez sa sœur : plus mature, s’assumant pleinement, et met un peu naïvement cela sur le compte de leur séparation.
Elle s’est réorganisée et mène tambour battant les négociations pour la vente de leur propriété. Lui-même n’a-t-il pas ouvert une autre page de sa vie depuis qu’il est à Paris? La psy préférée de Lucas est toujours en recherche d’explications sur le fameux lien qui les unit. Et ces souvenirs étranges qu’il a, toujours présents. Il faut dire qu’il ne l’aide pas des masses. Même quelques nuits chaudes en compagnie de son ‘camarade de jeux’ Joffrey n’arrivent pas à l’en distraire. D’ailleurs, il commence à dériver vers ce dont elle ne veut pas. Il faudra qu’elle règle ça bientôt. Ils doivent passer huit jours en corse. Elle en profitera pour recadrer leur liaison.Pierre-Louis Monthalier reste sur l’expectative. Les rapports de Madame Guilbert ne montrent rien d’anormal dans le comportement de ‘Luc Estrésiani’. Elle souligne juste, qu’avec le CV de son client, celui-ci fait preuve d’une capacité d’adaptation qui force le respect. C’est vrai qu’elle ignore qu’il n’est pas Luc. Bon, patience, il va bientôt être autonome, et on le garde à l’œil.
Août tient ses promesses, chaud, et orageux. Le temps de sorties en mer à bord de l’Andalouse, baignades et parties de pêche. Des tas de petits jobs lucratifs pour Lucas. Bientôt il pourra s’acheter un monospace ou un utilitaire en occasion, et un premier lot d’outillage, sans solliciter ‘Tonton Gérard’. Plein de copains, mais paradoxalement, pas ceux qui l’ont ‘identifié’, Pascal, Yann et Albert Sengard, il aura bien l’occasion de les croiser, sans plus: on se salue, trois banalités et chacun sa route, chacun son chemin. Exactement ce qui arrive souvent dans la démarche ‘Perdus de Vue’. Et ça l’arrange. Il lui arrivera de découcher, ben oui, l’air des vacances, cédant à l’appel de sirènes en mal de brèves rencontres. Pas de questions à la maison, il est grand ce petit.
On prend aussi de ses nouvelles : L’assistante sociale à frisettes qui le félicite pour son permis et finalement l’encourage dans son projet. Elle ne prend donc jamais de vacances celle-là ? Quel pot de colle, utile, mais quand même, un peu lourd. Et Odette, sympa, chaleureuse, avec elle on peut discuter : ça, c’est une amie. Et plus rarement, Sonia. Il la sait en vacances, la sent lointaine, et qu’elle essaie de se mettre en congé de lui. Ne peut se contenter de : Ça va ? Ça va. Elle en met du temps. Tout ce qu’il porte est si lourd. Il n’y a qu’avec elle qu’il pourra partager, enfin peut-être. Ne rien provoquer, patience.
De Bonifacio à Porto-Vecchio, par la mer, par la route, et les sentiers de randonnées. Superbe. Un choix génial. Sonia se régale. Dommage que sur la fin, Joffrey lui annonce qu’il compte se marier, il est temps qu’il s’établisse. Planifié, comme sa carrière. Elle botte en touche, secrètement satisfaite que ce soit lui qui donne l’occasion de mettre un terme à leur liaison: pas de grands discours.
― Quelle est l’heureuse élue ?
― Tu sais bien que je pense à toi depuis longtemps, mais ta question est une réponse. J’ai quelqu’un en vue.
― Je te souhaite le meilleur, Jo, sincèrement. Mais je ne suis pas du genre ‘restons amis’. Alors, break, cette randonnée sera un souvenir cher à mon cœur, mais ce sera la dernière page du livre. Carrée, la petite. Une once de tristesse dans l’œil de son copain, vite dissipée. Et ils s’appliquent à profiter au max du reste de leur séjour.
Vous avez remarqué que sur la fin août, on prend conscience que les journées sont plus courtes, les marées perceptibles, les tempêtes d’est accompagnées de grains. Le sable de l’estran est repris par la mer. ‘Quand vient la fin de l’été, sur la plage, il faut alors…’ dit la chanson. Le message est clair : c’est la rentrée.Et la rentrée, pour Lucas, c’est de lancer sa petite officine « Luc Multiservices ». Il va s’y employer, avec l’assistance de l’avocat pour les démarches et le conseil et des Lefranck, qui lui ont facilité la création d’un réseau de clientèle parmi leurs amis et connaissances. Et ça démarre, gentiment. Il a fallu investir dans du matos, PC et imprimante. Un Kangoo d’occase qu’il aménage. Il ne reste plus grand-chose de son pécule, et ses allocations vont être revues. Ça n’est pas demain qu’il pourra quitter le cocon ‘ familial’ de Fréjus. Il s’insurge devant la tentation de se laisser distraire de ses objectifs, par la belle vie qu’on lui fait : carrément les délices de Capoue. Debout, Hannibal, à l’attaque ! Il faut gagner suffisamment pour revenir vers Toulon enquêter sur lui-même. En attendant, il bosse dur, arrive à gagner des sous. Le principal sous le manteau, pour ce qu’il fait, les gens ne sont pas fanatiques de la TVA et des factures. Il faudra du temps pour voir si ça tient la route.
A suivre (What’s happen ?)
Parceval
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