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Sybilla, le 22-07-2025 21:17.
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22 juillet 2025 à 21h17 #2721395
HIATUS – VINS 54
UN BON PETIT SOLDAT
Qu’a-t-elle concédé ? Peu de choses sur elle-même. Son nom, car elle a réglé par chèque… Elle est venue ici pour réserver une cure de thalasso, qu’elle est aussi de Toulon (L’accent) Que les livres sont une surprise pour son ami, qui semble s’intéresser à cette littérature. « Ne manquez pas de passer à la librairie lors de votre séjour, j’aurai plaisir à … » Là, il peut y compter…
Qu’a-t-elle récupéré dans l’histoire : un assortiment d’ouvrages en belle édition – six kilos et quatre cent vingt-sept euros – plus un recueil de nouvelles dédicacé et offert par l’auteur, un beau sac illustré pour mettre tout ça, et enfin, outre la carte des « Compagnons d’Armorique » une autre sur papier glacé du « Cercle Celtique de Vannes ». Avec cela, si elle ne récupère pas d’empreintes…. Elle en a d’ailleurs rajouté une couche, en digne émule de 007. En redescendant l’escalier colimaçon, elle a feint de rater une marche et s’est raccrochée à son hôte en lui griffant méchamment l’avant-bras. A toutes fins utiles.
Quatre heures. Elle pianote les touches du portable. Deux sonneries et il est au bout. Il devait attendre. Ils conversent en termes très anodins, comme convenu : Oui, ça y est, elle a fait le tour des centres de thalasso.
― Le coin est magnifique. J’ai porté mon choix sur « les Thermes d’Armor », à Carnac. Il faut dire que j’ai été bien conseillée. J’ai pensé à te rapporter du folklore local. Bon, il faut décider une date….. Pas avant le quinze Avril ? Ok, je m’en occupe ce soir et après je pense à rentrer…
A l’autre bout du fil, Lucas est étonnamment calme, lisse, c’est le mot qui convient. Pourtant avec ce que vient de lui dire Sonia, il y avait de quoi réagir, même à mots couverts. A peine quelques tendresses pour conclure. Pourquoi attendre un mois ? Enfin il doit avoir ses raisons, qu’il lui fera connaître, peut-être…
Elle se retrouve seule, désemparée, déchirée par le doute et les interrogations. Lucas d’ici existe, plutôt deux fois qu’une, un cursus de vie normal de chez normal, dont les premiers chapitres se confondent avec son Lucas. Et lui, qui est-il ? Une émanation diabolique venue d’outre monde ? L’angoisse la reprend : Qui j’ose aimer… Un OVNI, Objet Vivant Non Identifié. Le ver est dans le fruit, alimentant ses peurs. Va-t’en salle bestiole ! Oh, Lucas, Lucas, je vais devenir folle… Elle laisse ses nerfs prendre la relève et mouille abondamment son oreiller. Calmée, elle se consolera en se disant encore une fois que ça fait du bien, et conviendra qu’il ne lui a rien caché de ses propres interrogations. La différence, c’est que maintenant elle les a fait siennes.Samedi soir. Une chance, il a pu trouver une place au parking de la gare. A Toulon, ça tient du miracle et, en plus, le TGV est à l’heure. Il pourra réceptionner Sonia sur le quai. Elle a l’air épuisée ; on peut comprendre : presque une journée de voyage pour rentrer, via Paris. Il la soulage de son bagage et, tandis qu’il l’étreint, il peut prendre la mesure de la charge émotionnelle qui tourmente la jeune femme. Ils sont aussi pressés l’un que l’autre de retrouver l’intérieur douillet de la villa des Pignes. A peine entrée, elle se débarrasse de ses vêtements de voyage, pousse valisette et sac dans un coin et se précipite dans ses bras, frissonnante. Elle peine à évacuer son stress. Il lui caresse les cheveux ; elle n’a encore rien dit qu’il a déjà compris.
― Bon Dieu, je n’aurai jamais du te laisser aller seule là-bas, surtout avec le recul de ma propre expérience. Je suis nul, mais tu paraissais tellement motivée. Je te demande pardon.
Elle veut raconter, expliquer, mais il lui clôt la bouche d’un baiser.
― Maintenant, nous avons tout le temps pour cela. J’avais préparé un petit repas, juste à réchauffer. Tu vas voir, rien de tel qu’une dînette en amoureux pour se requinquer.
Il se rend compte rapidement que ce n’est pas tout à fait ça qui urge : Tant pis pour le dîner, il attendra. Longtemps…
Leurs faims apaisées, la nuit les retrouve collés serrés bien au chaud sous la couette. Il se fait vraiment tard, peut-être faudrait-il dormir ? Pour Sonia, c’est le moment de se libérer de tout ce qui l’oppresse encore. Lucas l’encourage :
― Raconte-moi tout. Tout ce que je sais et tout ce que je devine, tout ce que je dois apprendre. Je sais que tu as peur : rassure-toi, moi aussi, mais on s’en sortira.
Il l’écoute attentivement relater par le menu son enquête bretonne, son approche de Lucas Kervelec, l’émotion ressentie en découvrant la réalité de cet autre Lucas, le milieu dans lequel il vit, et Annette.
― Pour un peu, j’aurais été jalouse. J’ai ensuite agi comme un automate, collectant tout ce qui pourrait t’avancer dans ta propre quête. Ce type, c’est toi à cent pour cent, tel que tu pourrais être à cet âge.
Elle en vient à la collection de livres, des cartes soigneusement protégées pour conserver les empreintes et la petite fiole de verre contenant les traces de griffure. Elle fait mine de se lever. Il la retient d’un geste tendre.
― On verra ça demain dimanche, mon ange. Après ce que tu viens de me dire, je sais déjà le résultat des courses. On trouvera des empreintes identiques, ce qui est normalement impossible, même pour un clone, et qui viendra prouver, si c’était encore nécessaire, que celles supposées être du jeune Estrésiani sont les miennes, donc fausses. Quant à l’ADN récupéré, on aurait le même résultat, mais tu ne feras pas l’analyse. Tu devrais passer par un ami médecin et le circonvenir, car tout cela est très contrôlé. Trop dangereux et pas vraiment utile. Essayons de dormir, demain est un autre jour.Le sac aux armes de la librairie livre ses trésors. Ils mettent de côté les ouvrages illustrés pour s’intéresser aux cartons et au recueil de nouvelles. La dédicace est édifiante, s’il ne savait qui l’a rédigée, il pourrait jurer que c’est lui qui l’a écrit. Ils jouent au détective en saupoudrant les jaquettes glacées et les cartons de poudre de cacao, ce qui fait apparaître des empreintes partiellement exploitables. Ils vont les transférer sur un transparent sans trop de problèmes. De l’encre d’imprimante va coucher celles de Lucas, bien propres sur du papier blanc. La main droite seulement, nettoyée ensuite à grand renfort de savon et de dissolvant. Et le résultat est probant sur les échantillons les plus nets. Leurs regards se croisent.
― Eh oui, qui suis-je, que suis-je, questions toujours ouvertes. Oh, je commence à m’en faire quelque idée, des hypothèses aussi folles les unes que les autres… Il faut absolument que je me confronte avec Kervelec senior avant de pouvoir éclaircir tant soit peu mon statut. Je préfère ne pas en parler maintenant, mais juré, je te dirai tout le moment venu, même si c’est pour te perdre.
Sonia est saisie par la gravité du ton employé par son amant. Non, quoiqu’il arrive, elle sera avec lui. Il lit en elle comme dans un livre ouvert et se laisse submerger par l’émotion. Il a bien le droit, non ?A suivre
Parceval
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22 juillet 2025 à 21h17 #3576585
Bonsoir Cher Ami poète Parceval,
Des moments d’intenses réformes pour Sonia, de peur également pour elle et Lucas.
J’ai hâte de connaître la suite de ton superbe récit !
Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
Toutes mes amitiés
SybillaLe r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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