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Sybilla, le 03-08-2025 23:24.
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3 août 2025 à 23h24 #2721639
HIATUS – VINS 59
ET APRÈS LES PREUVES
Non, mais, regarde-les, on dirait un dessin de Peynet. Voilà qu’il lui baise la main, ce con ! Mais tout ça le ramène à son propre désert affectif, sa libido limitée aux rapports tarifés ou en service commandé.
Il chasse ces pensées inopportunes pour cogiter sur la conduite à tenir. Renvoyer le fils Estrésiani à ses origines ? Pas sûr. Ça lui rapporterait quoi ? Il serait obligé d’avouer sa manip branneuse uniquement motivée par un vague soupçon de saut temporel. Se faire taper sur les doigts et se ridiculiser, oui. Ses collègues et concurrents ne manqueraient pas d’en profiter pour le démolir. Rien que des crasses… Tire plutôt parti de ton soit-disant fameux coup de flair. Laisse béton, P’tit Louis, tu vas rentrer fissa et t’occuper de ta carrière. Tu ne vas pas t’enterrer à Orléans, d’ailleurs ton service tourne tout seul, tu sais t’entourer.
Telles qu’il voit sa situation et la menace terroriste qui se profile, des opportunités seront à saisir. Ils ont besoin d’un type comme lui, discret, efficace, meneur d’hommes. Ses mérites finiront par être reconnus, surtout qu’il fait tout pour. Un poil mégalo, Pierre-Louis. Il modère un peu son enthousiasme : il y a encore loin de la coupe aux lèvres.
Il expédie son déjeuner, se lève, son journal sous le bras. En passant devant leur table, il a droit à un discret salut et un sourire, auxquels il répond. Ici, on est poli et cordial. Quand même, il a un pot fétide, le Luc : une nana de première, sans compter l’assurance-vie. Il y en a qui sont nés coiffés. Il ne se voyait pas dans le rôle du père Noël. Il se marre, intérieurement, saisi par le coté comique de la situation. Auto satisfait, le futur ministre…Ce dont il ne se doute pas, c’est que Lucas, hyper concentré, l’a suffisamment pris dans ses filets pour avoir suivi et sans doute orienté le fil de sa réflexion. Même si ce n’est pas au détail près, il en a saisi l’essentiel : Le message qu’il a voulu faire passer avec la complicité de Sonia, et celle involontaire des Kervelec a porté ses fruits. L’autre a avalé ce qui lui a été servi sur un plateau. La menace est écartée, à priori définitivement.
Dès que Pierre-louis s’est éclipsé, Lucas tombe le masque. Le front en sueur, cache son épuisement en étreignant sa chère et tendre. Il lui faudra un certain temps avant de récupérer.
Le couple va s’abandonner aux délices de la thalasso, massages, piscines, divers soins aux algues, bains bouillonnants. Sages comme des images. Après tout, autant en avoir pour ses sous… Tourismer aussi, les sites remarquables ne manquent pas, et l’océan… Quelques virées en bateau dans la baie.
Ils repasseront à la librairie : Sonia a tenu à s’excuser d’avoir piégé Senior. Mais c’était pour la bonne cause, n’est-ce pas ? On convient de rester en contact, prudemment, dans la mesure où l’on s’en tiendra à la version « officielle » de leur situation. Sonia se montre espiègle : elle lui colle trois bises mouillées en l’appelant Beau Papa. Il rit jaune. Lorsqu’ils ont pris congé, elle confesse :
―Tu sais quoi, j’ai l’impression qu’il m’en veut…
Ils réussiront à les avoir tous les deux à dîner aux Thermes. Histoire de sceller leur accord mutuel. Le courant passe nettement mieux entre Annette et Sonia. Un seul bémol de son côté, une pointe de jalousie : n’ont-elles pas partagé l’intimité du même homme, enfin presque…
Pierre-Louis est resté à l’écoute, bien sûr, conforté dans son analyse et sa décision de laisser tomber. Il quittera l’établissement dès le lendemain, sans terminer la semaine. Lucas peut être satisfait, tout semble verrouillé au mieux de ses intérêts.Un B&B banal au nord de Bordeaux. À l’étage, dans une chambre non moins banale, Lucas et sa compagne sont étalés sur les draps. Bercés par le ronron de la clim réversible, ils se tiennent par la main, Les yeux grands ouverts, absorbés par la contemplation du plafond animé par les reflets des enseignes lumineuses : Ils ont échoué dans une zone commerciale.
Sans s’être concertés, ils ont décrété un break, mis en quarantaine leurs soucis et leurs obsessions. Se sont laissés dorloter pour leur dernier jour de cure, et pris le chemin du retour dans les mêmes dispositions. Escale technique à Bassens, donc. Chacun perdu dans ses pensées… Apparemment la trêve a du plomb dans l’aile. Bien sûr, ils ont fait l’amour avec beaucoup de tendresse, mais leur communion affective est brouillée, comme s’ils étaient séparés par un voile de brume.
Le baromètre de Sonia est sur variable, limite pas beau du tout. Certes, elle a eu droit à la relation de l’après-midi « littéraire » avec Senior mais elle a bien senti que tout n’a pas été dit. A-t-il eu les réponses à ses interrogations ? Elle en doute, vu sa réserve. Le seul domaine où leur duo complice a pu s’exprimer, c’est le repérage puis la mise en œuvre du scénario visant à donner le change à l’ « œil de Moscou » avec le concours plus ou moins volontaire des Kervelec.
Tout devrait baigner, mais c’est toujours l’incertitude qui prévaut. Elle ne peut s’empêcher de se repasser en boucle ce qu’il a dit avant l’expédition bretonne : …Juré, je te dirai tout, le moment venu, même si c’est pour te perdre … N’est-ce pas le moment ? L’avenir est en suspens, et des gouttes salées vont humecter les draps.
Elle déprime grave, la psy, et elle en est consciente, parce qu’elle est psy. Et la clef pour en sortir, c’est lui qui l’a.
Il se retourne, lui caresse le visage, embrasse ses yeux mouillés
mais ne dit pas les mots de la délivrance:
― Allons, mon cœur, il faut dormir… Patience, demain est un autre jour.
Éperdue, elle se love contre lui, finit par se rassurer au contact de sa peau et bascule dans la nuit. L’a-t-il aidée ? Elle s’en fout, ils partagent les rêves.
Pour Lucas, ce n’est guère meilleur. Oui le danger rampant d’être « démasqué » est sans doute écarté, mais pour le reste, il lui faut du temps pour analyser ses chances d’exister. Revenir sur les lieux de sa « renaissance » pour conjurer le sort encore une fois ? Sans doute, mais pas seulement. Depuis le premier voyage de sa compagne à Vannes, il se trouve dans un état bizarre. Spectateur de lui-même dans tout ce qu’il entreprend. Spectateur et critique, oscillant entre humour et dérision. Sans doute une façon de se protéger, la même qui lui a permis de tenir le coup dans les premiers temps. Le fait qu’il reçoive Sonia fort et clair n’arrange rien. Ses capacités extra-sensorielles se sont considérablement renforcées ces derniers temps. Il n’y a qu’à voir avec quelle facilité il a pu « accrocher » Pierre Louis Monthalier (Eh oui, il sait tout de lui) et orienter ses conclusions. D’accord, c’est crevant, mais avec de l’entraînement…. Il ne jouera pas ce petit jeu avec elle. Pas comme ça. Et lui donner lecture de l’état de sa réflexion ne ferait qu’ajouter à ses angoisses. Pas tant qu’il ne sera pas sûr d’avoir vraiment cerné son statut ici-bas.A Suivre
Parceval -
3 août 2025 à 23h24 #3578127
Bonsoir Cher Ami poète Parceval,
Lucas se retrouve en pleine méditation.
Quel avenir lui sera réservé ?
Que va t’il faire ?J’ai hâte de connaître la suite !
Superbe récit en partage !
Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
Toutes mes amitiés
SybillaLe r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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