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Sybilla, le 19-08-2025 00:56.
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19 août 2025 à 0h56 #2721685
HIATUS -VINS 60
UN CAS DE CONSCIENCE
La vie a repris son cours à la villa des Pignes, presque comme avant. Lucas partage l’appartement de Sonia, le studio sert uniquement aux activités Luc Services. Presque un alibi, il n’a plus de contraintes matérielles à court terme. Le cabinet de la psychologue ne désemplit pas. A ses moments perdus, il lui sert de secrétaire « hôtesse » d’accueil. Il a pu prendre la mesure de son engagement auprès de ses patients. Écouter, elle sait, conseiller, orienter, trouver les mots qui aident. Et il se dit qu’ils pourraient former un sacré duo en mutualisant leurs « compétences », dans la même démarche. Car il a appris à aimer les gens. Avec leurs qualités et leurs défauts, leurs faiblesses qui les rendent tellement attachants. Il allait dire tellement humains. De tous ceux qu’il a pu approcher, rares sont ceux qui lui ont inspiré de l’aversion, même Pierre-Louis.
Sonia se noie dans le boulot, Lucas gamberge. Et si ça dure trop longtemps, leur relation va au casse-pipe. Alors qu’il pense être allé au bout son analyse et qu’il est décidé à mettre fin à ses angoisses métaphysiques par un pèlerinage aux sources, tiens, ce dimanche, une invitation pressante de Gégé et Mady renvoie son projet à plus tard.
Le week-end dernier, ils l’avaient déjà passé à Fréjus en leur compagnie, et raconté mille anecdotes sur leur thalasso touristique à Carnac. Le plaisir avait été un peu gâché par Tatie, qui, alors qu’elle s’affairait à la vaisselle avec Sonia, a fait allusion à une amie qui venait d’être arrière-grand-mère : « Tu te rends compte ? » provocant une crise de larmes. « Ce n’est rien, je suis si fatiguée… » Sans compter que Lucas culpabilise encore plus, n’ignorant rien des attentes de sa chérie.
Alors pourquoi cet appel de Gégé ? Il pressent que c’est important, sans pouvoir en cerner le motif.
Une vraie journée de printemps. Calme et ensoleillée. Les vergers sont encore en fleurs. Ils ont pu déjeuner en terrasse, fait honneur aux petits plats de Tatie : un vrai bonheur. Ambiance détendue et chaleureuse. Après le café, vers trois heures, ils sont « descendus » tous les quatre à Saint-Raph. Ces dames ont débarqué Lucas et Gérard au port de plaisance. Ils vont s’occuper du bateau. Elles poursuivent et filent en ville pour une flânerie en front de mer, peut-être une escale gourmande et glacée au salon de thé.
A bord de l’Andalouse, ils s’affairent, vérifient que tout est en ordre, raidissent les amarres. Un peu de rinçage à l’écope. Satisfaits de l’examen, ils paressent sur les coussins du poste de manœuvre.
― Il faudra qu’on se fasse une journée pêche bientôt, on m’a dit que le poisson revient. Palangrotte et traîne, ça te dit ?
Lucas acquiesce du bonnet. Tonton fait partie de ceux qu’il se refuse à sonder, sauf sentiment d’urgence.
― Oui, oui. On ira quand tu veux.
Il se rapproche de Gérard et reprend affectueusement :
― Qu’est-ce qui te tracasses, Gégé, dis-moi ton souci.
L’autre se lève, imité par Lucas, et ils se perdent dans la contemplation des voiliers qui rentrent au port. Enfin il se décide.
― Rien, le temps qui passe. Ne prends pas mal ce que je vais dire. D’abord, tu n’as toujours pas retrouvé tes souvenirs ?
― Non, Gégé, je ne t’ai jamais menti là-dessus. Mais votre affection et ce que vous m’en avez appris font que j’ai fini par m’habituer, et que ce n’est plus très important. Sonia n’a guère d’espoir.
Pieux mensonges qu’il assume au nom de leur relation quasi-filiale.
― Et bien, voilà, tu vois, de temps en temps, il m’arrive de douter et s’il n’y avait les preuves de ton identité, je penserais que tu ne peux pas être le fils de Serge.
Lucas tique :
― Mais Gégé, pourquoi, pourquoi ?
― Tu ne comprendras sans doute pas : Tu es trop bien, trop le petit qu’ils espéraient et nous aussi. Tu sais, on ne t’en a rien dit, mais Luc enfant nous en a fait voir. Il n’était pas mauvais, loin de là, mais toujours présent lorsqu’il y avait une bêtise à faire, et ça ne s’est pas arrangé à l’adolescence. Il y avait aussi son copain Yann, toujours prompt à lui faire prendre les chemins de traverse. On l’a récupéré deux fois au poste, la honte. Heureusement, tu es Luc, mais il fallait que je t’en parle. Que ce soit limpide entre nous, malgré cela, tu n’as jamais manqué d’amour.
Un moment d’émotion partagée, scellé par une accolade. Il poursuit :
― Tu sais, on a beaucoup réfléchi, avec Mady. Depuis qu’il apparaît illusoire que tu puisses recouvrer l’héritage de tes parents, nous avons pensé que, dans la situation ou nous sommes, âgés et sans famille proche, nous pourrions t’adopter et nous avons missionné notre ami Maître Escolert d’en étudier la faisabilité….
Lucas est abasourdi par ce qu’il entend. Ces gens sont au-delà de tout ce qu’on peut imaginer d’amour et d’abnégation. Alors là, respects, il y en a qui se sont retrouvés canonisés pour moins que ça !
― Gégé, c’est de la folie, je ne peux accepter. Et puis c’est impossible, j’ai déjà été adopté.
― Eh bien détrompe-toi. Si on ne peut être adopté plusieurs fois, du moment que tes parents adoptifs sont déclarés décédés, tu redeviens adoptable. Il ne manque plus que ton accord.
― Mais je ne peux pas, que vont penser les gens, vous avez déjà tellement fait pour moi.
― Laisse là tes scrupules. Ça me ferait mal d’enrichir l’état. Quant au vague cousin qui me reste à Nice, le peu qu’il pourrait récupérer c’est peanuts, et il est plein aux as. Et dis-toi bien que Serge et Adeline n’auraient pas souhaité autre chose s’ils avaient pu prévoir l’avenir…
Ses dénégations n’ont aucun effet. Il est piégé, car devant l’énormité
de la chose, il n’a pu s’empêcher de sonder. Complètement piégé.
― Tu ne comprends pas ? Tu dois accepter, Luc, tu dois, il y a urgence. Si tu ne le fais pas pour moi, fais le pour elle….
Elle, Mady. Depuis un mois, elle sait. Qu’elle n’en a pas pour des années. Ils bouclent le bateau. Gégé s’appuie sur lui :
― Tu verras, nous ferons cela en toute discrétion, Escolert est plus qu’un ami.
― Il n’y a vraiment pas d’espoir ?
― A moins d’un miracle ou d’une découverte majeure…
Que répondre à cela ? On klaxonne au bout du ponton.
Sonia le regarde d’un air interrogateur. Il doit faire une tête….
Avant de dîner, Tatie l’attire dans la cuisine et se jette à son cou :
― Mon Luc, je suis si heureuse.
Et que va faire Lucas ? Comme tout le monde, il chiale. Plus humain que lui, tu meurs !A suivre
Parceval
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19 août 2025 à 0h56 #3580083
Bonsoir Cher Ami poète Parceval,
Me revoici enfin pour lire les épisodes suivants.
De nouveaux évènements dans sa vie arrivent…
Va t’il accepter cette adoption…?Superbe récit en partage !
Je vais aller lire la suite !
Belle nuit Cher Ami poète Parceval !
Toutes mes amitiés
SybillaLe r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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