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Sybilla, le 19-08-2025 01:04.
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19 août 2025 à 1h04 #2721722
HIATUS – VINS 61
VINS SUR CARAMY. ACTE 3
Le trajet de retour est plutôt morose. Lucas s’est muré dans le silence, plombé par l’émotion. Cette situation qui s’ajoute au reste, ça fait beaucoup pour un seul « homme ? ». Ça finit d’ulcérer Sonia, car personne ne l’a mise dans la confidence. Sans doute les Lefranck ont pensé que c’était à lui d’en parler.
― Tu peux me dire ce qui se passe, tu en fais une tête ? Qui t’a fait tant de peine que tu aies pleuré ?
Brusquement, elle ajoute d’une voix hachée par des sanglots secs, en trifouillant son trousseau de clefs.
― À moins que je ne doive pas savoir ? Lucas, je n’en peux plus : tu n’es plus avec moi et j’ai un grand vide là… Je sais que tu te cherches, que ça n’est pas facile. Je t’en supplie, trouve-toi vite et qu’on en finisse. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cet enfer ?
Il ouvre la porte, la fait entrer, la débarrasse de son blouson. Elle se laisse tomber sur un fauteuil, le visage dans ses mains jointes. Il s’agenouille devant elle pour être à sa hauteur, lui prend les mains. Les yeux dans les yeux, déjà un baume sur ses blessures. Car il est là.
― Sonia, ne doute pas de moi, je t’en prie. Écoute ce qui m’est tombé dessus. Mes parents de rechange ont décidé de m’adopter. Ils y tiennent et la santé de Tatie n’annonce rien de bon, j’en suis tout retourné. C’était ça, l’urgence. Que pouvais-je faire, Sonia ? Que vas-tu penser ?
― Moi ? Que tu as bien fait d’accéder à leur volonté, sans aucune arrière-pensée. Tu vois, moi je ne doute pas… Mais toi ?
Pour toute réponse, il la prend dans ses bras, la couvre de baisers.
― C’est décidé, nous partons en week-end pas plus tard que samedi. Tu auras toutes les réponses….
― Même si c’est pour te perdre….Où m’emmèneras-tu ?
― Là où tout a commencé : à Vins. Je n’ai jamais eu le courage d’y retourner.
Elle commence à comprendre son dessein. Pas de quoi être rassurée.Sonia s’est un peu calmée, voire résignée. Pendant qu’elle se concentre sur ses consultations et ses vacations hospitalières, il se préoccupe de trouver un hébergement sur place. En fouinant sur le Net, il trouve une maison d’hôte avec plein d’épis, bien placée au village : juste sous le belvédère, entre la chapelle et le château. Il retient une chambre en demi-pension pour le week-end. La suite est moins agréable : ses mains s’affairent sur le clavier, retraçant son parcours et la situation actuelle. Ses sentiments aussi. Oui, il ne peut se résoudre, au cas où son histoire s’arrêterait là, à ne rien laisser à sa compagne qui ne puisse la consoler et l’empêcher de le maudire. Il se relit plusieurs fois avant d’enregistrer sur une clef USB. Lucas sort prendre le frais dans ce qui reste de la pinède, tire un shoot rageur dans une pigne qui va s’éclater sur la clôture de la résidence Hélianta.
Oh, qu’il voudrait… Il voudrait qu’elle n’ait jamais à le lire. Ni à trouver l’enveloppe dans laquelle il déclare ne plus supporter son amnésie, demande pardon à tout le monde, et fait le choix de disparaître. Au cas où, qu’elle ne soit pas inquiétée…
Samedi. Ils ont déjeuné à Brignoles avant de gagner Vins. En passant le croisement du Val, il repère à droite une maisonnette accolée à une dépendance : Le cabanon décrit par Senior. Toute la gauche est plus ou moins lotie à partir du lac aménagé, héritage de l’exploitation de la bauxite. Et c’est ainsi jusqu’au Village. Ils garent la voiture près du château. En attendant l’heure de prendre leurs quartiers, Lucas propose de visiter : Sonia n’est jamais venue ici. De la petite place de la chapelle, ils dominent la vallée. Le vieux bourg et la zone du pont sont restés préservés : un minimum d’aménagements sont intervenus.
― Tu aimes ?
― Oui, ce coin a su garder un certain cachet et une âme. Du moins si l’on fait abstraction de tous les lotissements alentour.
― On va descendre au pont et suivre la rivière, tu verras, c’est sympa.
Ils descendent par le raidillon du Grand Jardin, longent au passage le toit qui va les abriter, traversent dans les clous et gagnent le pont romain. Une escale sur l’arche centrale à se laisser bercer par le chant de l’eau qui dévale la chaussée. Sonia aura doit à la légende du ‘Caramy’. Ils remontent le cours en suivant un chemin de terre ombragé. Bientôt le château est occulté par les arbres. Promenade d’amoureux, une parenthèse au temps volée. Pas pour Lucas, ce moment est parasité par le souvenir d’Annette. Chauds les souvenirs. Ça lui casse la baraque. Il a beau serrer la taille de sa compagne, il n’est pas très à l’aise. Pour lui c’est encore récent : la virée en carriole avec Coquette drivée par Touscanin, les nuits tendres chez Camille, c’était hier. C’était lui et c’était Lucas, de quoi être jaloux de lui-même !
Ils pousseront jusqu’à la passerelle des Ferrages et regagneront le village par le chemin des Vignons. Il est temps de se présenter chez leur hôtesse. C’est à dessein qu’il a choisi de remonter le cours. De l’autre côté, on va vers l’oratoire et le chemin du Bosquet, ce sera pour demain. Et cette démarche, il doit l’accomplir seul. Demain matin. Il faudra bien la nuit pour trouver le courage qui lui manque. Ils feront honneur à la cuisine de la maîtresse des lieux. La salle à manger surplombe le vallon. Éclairage public sur le pont. Superbe.
Oh, déjà neuf heures ! Le rideau tiré, la baie vitrée laisse entrevoir une matinée radieuse. Mai tient ses promesses. Malgré le confort de leur chambre, ils ont eu du mal à trouver l’apaisement et le sommeil. Un saut à la salle de bains pour se faire tout neuf, avant de prendre le petit déjeuner en salle. Lucas a pu glisser discrètement sa clef dans le sac de sa compagne. Il dit :
― Je vais aller faire un tour…
Le ton se veut neutre. Elle n’est pas dupe, se doute bien qu’ils sont venus pour ça. Ce n’est pas un simple pèlerinage. A son interrogation muette, il répond :
― Il est préférable que je sois seul. Je serai de retour pour le déjeuner, je pense. Et nous pourrons faire le point. Je tiendrai ma promesse.
Il l’étreint tendrement, l’embrasse sur le front. Elle est glacée ; ainsi c’est maintenant, et ce baiser pourrait bien être celui de l’adieu…A suivre
Parceval
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19 août 2025 à 1h04 #3580084
Bonsoir Cher Ami poète Parceval,
Une situation qui devient tendu pour Luc et Sonia.
Que va t’il découvrir ?
J’ai hâte de lire la suite bientôt !Superbe récit en partage !
Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
Toutes mes amitiés
SybillaLe r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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