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Sybilla, le 23-08-2025 21:47.
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23 août 2025 à 21h47 #2721835
HIATUS – VINS 64
ET MAINTENANT
Il y a eu Mady et Gégé, mes sauveurs.
Jusqu’à ces moments, j’étais persuadé d’être Lucas, et ce qu’on racontait me parvenait comme un bruit de fond, dont je concluais que des gens avaient tiré parti de ma disparition. J’étais Lucas, victime d’un enlèvement par des extraterrestres et projeté dans le futur : schéma classique bien connu des Ufologues et auteurs de SF. Qu’imaginer d’autre ? L’alibi de « Je rêve » il avait fait long feu depuis un bail. Et je ne me posais pas encore trop de questions sur mes perceptions extrasensorielles émergentes.Il sent le regard de sa compagne rivé sur sa silhouette qui se découpe à contre-jour. Submergé par le flot de ses pensées. En attente douloureuse.
― La suite, tu t’en doutes, puisque quasiment nous l’avons vécue ensemble. Avec l’épisode Estrésiani, la révélation d’une menace. Avec mes traces retrouvées, la certitude d’être Lucas, et la certitude d’être un autre, ou quelque chose d’autre. Je crois que j’aurais rendu les armes si enfin tu n’étais pas venue. Avec toi, ou à cause de toi, j’ai décidé d’aller jusqu’au bout. C’est là que j’ai commencé à cerner ma vérité. Certes, je suis de chair et de sang, avec tous les examens que j’ai subi, on aurait bien vu si j’étais différent, et je pense avoir une âme aussi, au sens où vous l’entendez, mais je suis une créature née de je ne sais quelle démarche ou fantaisie de démiurges d’outre monde.
Avec une première question : L’expérience pouvait très bien être éphémère, au gré de l’humeur des initiateurs. Alors par deux fois, je suis allé conjurer le sort : à Vannes d’abord, me confronter à mon modèle et créer les conditions d’une intégration parmi vous. Et puis ici pour terminer. Rien n’est arrivé, il m’ont oublié ou décidé de me laisser à mon destin. Théoriquement, je peux exister. Au point où j’en suis il n’y a pas plus de risque qu’on me fasse disparaître que d’aléas dans la vie de tout un chacun. Mais sans toi, Sonia, ça n’aurait pas beaucoup de sens.Le silence s’installe, à peine troublé par la jeune femme qui se tient au bord du lit, le visage enfoui dans son teeshirt retroussé. Lui croit l’entendre gémir.
― La réalité est là Sonia : je suis un étranger, une créature venue d’ailleurs. Désespérément humaine, avec ce seul désir : vivre une existence normale. Un vœu pieu, que je le veuille ou non, je suis différent, et je maudis mes créateurs. Ai-je le droit d’exister parmi vous, Sonia, ai-je le droit ? Mon seul projet, tu le sais, c’est toi. Mais je me refuse à te l’imposer. Je peux comprendre et trouver le courage de disparaître.
Elle doit avoir quelque chose en commun avec les chats que fillette, elle s’amusait à endormir. Il ne l’a pas entendue venir avant d’être ceinturé de ses bras, sentir son corps se presser derrière lui comme une arapède sur son rocher, son souffle chaud dans son cou…
― Sonia, elle est folle tu vois, car elle est prête à faire le chemin. Parce qu’elle t’aime, et ça ne s’explique pas. Et moi aussi je suis différente. Toi tu peux capter les pensées d’autrui et moi j’ai le don d’hypnotiser les gens. Et tu oublies ce qui nous lie…Comme une grosse bulle qui remonte à la surface trouver la liberté, Luc se laisse aller, balayant toutes les inhibitions. Ils se gavent mutuellement de tendres pensées. C’est si intense qu’ils renouvellent le petit miracle de la communication non verbale. Oh, pas longtemps mais c’est déjà mieux que la première fois.
Le reste de l’après-midi va se passer à bâtir des châteaux en Espagne, et se retrouver plus intimement encore. N’est-ce pas leurs vraies noces qu’ils consomment avec gourmandise ?
A la table d’hôtes, la patronne saura trouver une bouteille de champagne cachée dans son frigo. Elle pensera qu’ils fêtent leur réconciliation. Eh oui, Vins est un village, et le petit drame sur le pont en a déjà fait le tour… Tout attendrie, la dame. Ah, ces jeunes…Tard dans la nuit, les amants enlacés en sont rapidement venus aux projets plus terre à terre : comment ils vont s’organiser : activités respectives ou complémentaires ? Tatie, Edmond, Senior et Annette. Non, pas de mariage. Comment apprivoiser nos mutuelles perceptions. Et ce qu’il sait déjà et qui lui fait peur : Elle veut être mère et il est plus que temps. Est-ce que ses particularités sont transmissibles ? Si c’est le cas, il faudra veiller à ce que leur éclosion soit bien encadrée, pour que l’esprit innocent de l’enfant n’en use pas à tort et à travers, à bon et mauvais escient…. De toute façon, il se peut qu’ils soient fixés sous peu. Sonia, dès qu’elle a compris qu’elle risquait de le perdre, a jeté ses plaquettes de pilules à la poubelle. Cachottière avec ça !
Il quitte à regret la douceur de son ventre et la prairie de Venus ; sa bouche trace un sillon humide entre ses seins, court sous le menton et s’interrompt souffle contre souffle :
― Alors, on se le fait, ce petit ?
C’est le déclic, qui le tétanise alors qu’il passait à l’acte. Comment n’avait-il pas deviné. Finalement ils ne sont pas si espiègles, ceux qui tirent les ficelles. Non, derrière toute son aventure se cache un autre dessein, qui lui donne du sens : Il est un vecteur de mutation, ni plus, ni moins. Atterré, le Lucas. Écrasé par ses implications. Il veut se relever mais elle, qui n’a rien perdu de cette révélation, l’agrippe et dit simplement : ― Viens !Lundi. Il est temps de rentrer sur Toulon. Sonia demande à l’hôtesse si elle peut emporter le gros bouquet de fleurs des champs qui décore la table.
― Merci, vous êtes adorable.
On se fait la bise. Qu’ils sont sympa ces deux-là. Sonia intrigue son compagnon en prenant au départ le chemin du Bosquet.
― Tu veux passer par Carcès ?
Elle ne répond pas, mystérieuse, et s’arrête au bout, à l’oratoire. Ainsi, c’est donc là… Avant que Lucas ait dit ouf, elle descend placer son bouquet dans la niche mariale. Avec les dieux, on n’est jamais trop prudent, n’est-ce pas ?On n’échappe pas à son destin… Qu’avons-nous oublié ? Ah oui, le Voyageur, en 56, il s’appelait Serge Estrésiani.
Pins-Justaret. Le 26/10/2015
Voilà, fin de l’histoire. Ça vous a plu ?
Parceval
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23 août 2025 à 21h47 #3580296
Bonsoir Cher Ami poète Parceval,
Voici donc la fin de l’histoire !
Tu laisses libre court à notre imagination pour la suite de cette histoire !Merci pour ce superbe récit que j’ai lu de bout en bout !
J’ai adoré !
Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
Toutes mes amitiés
SybillaLe r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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