Hivernale
Il neige sur des avoines folles
Que jamais l’on ne fauchera,
Comme ces blés poussant sans fin
Au coeur de ces grands cieux marins…
Les oiseaux de mer qu’on ne voit pas,
Sur la falaise tombe la neige
Et la mer qui ne bouge pas,
Mais vient couvrir la craie blanche
Et les carrelets agenouillés
Sur les rochers aux têtes blanches
Pareils à des Prieurs voilés
Défilant sous de blancs diadèmes…
Il n’y a plus qu’un silence blême
Au creux des flocons qui bruissent
Tout bas, comme de la soie gelée,
Il neige sur des avoines folles
Nimbées de glace aux fous épis
Qui crissent,
Le Temps s’écarte, comme un peu fol,
Le monde est loin, plus rien ne vit…
Et quelques larmes de ce ciel
Pendent à mes cils pétrifiés,
Je suis ce Promeneur tout blanc,
Cherchant SA Mer, cherchant le Temps…
Il neige sur des avoines folles,
Comme il est froid ce manteau blanc !…
Jacques Hiers
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