Oasis des Artistes

Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne – membres !

HOMMAGE AUX POILUS repost

  • Ce sujet contient 8 réponses, 8 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par terry, le 16-11-2025 09:29.
  • Créateur
    Sujet
  • #2723755
    Mascotte d'Oasis
    GODART
      • Sujet: 3345
      • Réponses: 9485

      Il ne reste à présent, nul endroit pour l’espoir,
      Un lourd brouillard de plomb s’abat sur les tranchées ;
      La pluie en trombes d’eau, vient noyer ce mouroir
      Où tout n’est plus qu’effrois et que voix écorchées.

      Ce pioupiou, englué dans une neige sale,
      Moulé dans la capote où l’hiver l’a surpris,
      Le front ensanglanté par un éclat de balle ;
      C’est l’enfant qu’une mère appelle de ses cris !

      Cet autre, qui gémit, et n’a plus de visage,
      C’est l’amant de Saint-Jean, c’est le jeune garçon
      Qui, dans un trou d’obus , vient finir le voyage
      Et ne franchira plus, le seuil de sa maison…

      C’est le fils bien-aimé, c’est le maître d’école,
      C’est un père, un mari, dans son bleu horizon,
      Qui partit pour la guerre, un fusil sur l’épaule
      Un joli jour d’août , fête de la moisson.

      À travers cet enfer, sous cette voûte blême
      Tant de fois avec eux, j’ai pleuré, j’ai crié!
      Et se sont essoufflés mes déchirants «je t’ aime !»
      Dans son ventre de fer, la mort a tout broyé.

      Déjà, je ne suis plus, que présence éphémère,
      Qu’un trémolo de vie, un nom qu’on oubliera.
      Ce cher carnet, souillé , déchiré, sans charnière,
      Où j’ai jeté mes mots, qui demain le lira ?

      Hélas, pauvres soldats tombés pour un drapeau !
      Irons-nous refleurir au champ de la mémoire ?
      Ou , parmi tant de croix, à l’ombre du tombeau ;
      Serons-nous effacés de vos livres d’histoire ?

      Jamais ne reverrai ma natale Lorraine !
      Dans la terre je glisse et fuis sous ton regard ;
      Mon frère, mon ami, dont la main sur la mienne
      S’est posée en tremblant, tel un oiseau blafard.

      Au lointain, il y a, comme un ange qui pleure,
      Tandis que je me meurs dans ce matin sans fond ;
      De tes doigts engourdis … sauras-tu tout à l’heure
      Creuser d’un cœur vaillant mon lit de moribond ?

      Adieu ! tu m’avais dit : « nous nous retrouverons…
      Loin, bien loin de la boue et du sang, ô mon frère !
      Un jour au grand soleil, nous nous retrouverons
      Ayant payé le prix de l’innommable guerre

      Nous nous retrouverons sous le soleil de France
      Inconnus, glorieux, nous les braves poilus !
      Nous serons pour toujours ,compagnons de souffrance
      Retenus à jamais par des liens absolus.

      Nous nous retrouverons, sur cette grande Place
      Où nous marchions hier, aux bras de jeunes filles,
      Dont les baisers grenat, poudrés de sucre glace,
      Attisaient sans efforts le feu de nos pupilles.

      L’herbe aura reverdi, comme en ce jour d’été
      Quand nous sommes partis, fleur à la boutonnière ;
      Alors ,nous lèverons, en ton nom liberté
      Ce verre que la vie emplira de lumière. »

      Geneviève
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    • Auteur
      Réponses
      • #3592753
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir ma Chère Amie Geneviève,

          Superbe hommage émouvant à tous ceux qui ont combattu pour la France !

          Combien ont péri…?
          Combien sont revenus dans des conditions épouvantables… ?

          Une minute de silence… en te lisant !

          Souhaitons la Paix dans le monde !

          Douce soirée Chère Amie poétesse Geneviève !
          Toutes mes amitiés à vous deux
          Gros bisous affectueux
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3592764
          Fran?ois
            • Sujet: 300
            • Réponses: 49951

            Bonsoir Geneviève, très bel hommage en ces vers à ceux très nombreux a être tomber

            Amitiés

            La po?sie, c'est comme la cuisine, le mot faitout

            00063312-1

          • #3592785
            Mascotte d'Oasis
            RomanNovel
              • Sujet: 1171
              • Réponses: 10526

              Bonjour Geneviève,

              Un vibrant, superbe, émouvant poème en hommage aux disparus, ces poilus qui ont combattu pour notre liberté et laissant des familles endeuillées. Un très beau rappel de mémoire en ta poésie qui doit faire méditer.

              Amitié,
              Roman

            • #3592987
              Mascotte d'Oasis
              Nataraja
                • Sujet: 141
                • Réponses: 4371

                Bonjour Geneviève

                Superbe poème très prenant et réaliste en hommage à tous ces soldats tués ou blessés sous le feu de l’ennemi…
                En ce jour du 11 novembre, nombre de familles ont eu des pensées pour leurs ancêtres
                et autres victimes de cette guerre.

                Et comme les humains ne retiennent jamais les leçons de l’Histoire,
                d’autres pays et peuples en souffrent, encore, en ce siècle …

                ————————————-

                Quelques soient les guerres, les souffrances sont les mêmes.

                La Faucheuse

                Angoissés, terrifiés, traumatisés, pétrifiés.
                Les jambes littéralement coupées en deux par la peur.
                Assassinés, tués, cassés
                Des corps explosés, dispersés, déchiquetés.
                Des corps décomposés, démembrés.
                Des corps brûlés, calcinés.

                Dame Nature éplorée, désespérée
                Voit son œuvre réduite en poussière.
                La guerre vêtue de sa robe ensanglantée
                Se promène dans les campagne
                En semant l’Horreur et le calvaire.
                Déclenchant une pluie d’obus et de balles.
                La Faucheuse l’accompagne.
                Elles transforment les champs en Cimetière.

                Poème sur la guerre 14-18

                ————-
                Merci pour le partage de cet émouvant poème si réaliste.
                Amitiés
                Nat

                ———————————–

                A propos de Sigfried Sassoon

                Notes prises dans le recueil que je possède :

                « Sassoon ne recule pas devant un propos résolument satirique,
                s’en prenant explicitement à l’incurie des gradés, à la veulerie des planqués,
                à la stupidité de ceux qui ne voient en la guerre qu’un spectacle héroïque et édifiant.
                Il n’y a pas de héros mais plus sûrement le dégoût de tout ce qui nourrit la guerre et la fait durer. »

                « IL publie en juillet 1917 sa « Déclaration d’un soldat »
                où il fait part de toute sa défiance à l’égard des autorités militaires.

                —Il était un jeune officier et il a vécu cette guerre.—

                « Je crois que la guerre est délibérément continuée par ceux qui ont le pouvoir de la terminer »
                Ainsi certains de ses poèmes s’en prennent-ils aux généraux gâteux,
                à ces vieilles badernes aigries qui bâfrent aux meilleures tables, tout autant qu’à ces pères ventripotents
                qui appellent de leurs vœux une guerre assez longue pour donner à leur fils une chance de monter au feu.
                De même règle-t-il son compte aux plumitifs qui exaltent la guerre, émerveillés du grand nombre de tués.
                Il y a de toute évidence chez Sassoon une veine de satire et d’humour noir, c’est à dire, désespéré. »

                CONTRE-ATTAQUE

                Depuis des heures nous avions atteint le premier objectif
                Quand l’aube pointait, telle un visage dont les yeux cillent,
                Blafard, hérissé et rogue, aveuglé de fumée.
                D’abord tout semblait aller bien, nous tenions leur ligne,
                Les sapeurs à leur poste, les Lewis en place,
                Et le cliquetis des pelles creusant plus profond la tranchée.

                La mort avait pourri l’endroit ; des jambes vertes, gauches,
                Balancées en l’air, étalées, jetées le long des sapes,
                Et des bustes basculés dans la boue qui aspire,
                Ballottés comme des sacs à sable piétinés, mal remplis,
                Et des culs à l’air, trempés, des cheveux emmêlés,
                Des têtes gonflées, avec des caillots, englués dans la vase.
                Puis vint la pluie- la bonne vieille pluie !

                Un soldat bâillait, à genoux contre le remblai,
                Secouant le matin voilé de brouillard.
                Il demandait quand les Allemands s’y mettraient ;
                Et bien sûr, ils y sont allés au quatre vingt quinze,
                Qui fauchait, sûr comme le destin, sans un raté.
                Muet dans le fracas des obus, il voyait éclater,
                Soufflant la terre noire et les barbelés dans les bourrasques d’enfer,
                Et les postures de géants s’envolaient en lambeaux de fumée.
                Il se cachait, se dérobait, dans le vertige sans frein de la peur,
                Mourant de fuir, haïssant l’horreur étranglée
                Et les gestes de boucherie frénétique des morts.

                Un officier descendit la tranchée à tâtons ;
                « Debout, en première ligne ! » Il continua…
                Haletant et gueulant, « Première ligne…contre-attaque ! »
                Puis la brume se leva. Bombardement sur la droite
                Vers la vieille sape; mitrailleuses à gauche;
                Et devant surgirent des formes floues, trébuchantes.
                 » Mon dieu! Ils nous viennent dessus! » Les balles claquaient,
                Il se souvint de son fusil…Feu nourri…
                Et il s’y mit, enragé, sauvage…Puis un bang
                Le ratatina et le roula de côté, l’envoya d’un coup
                Gémir et se tortiller : personne pour l’aider. Il étouffait
                Et se défendait des battements d’aile écrasants des ténèbres,
                Perdu dans le fouillis confus des cris et des pleurs…
                Bas, et plus bas, et plus bas, il s’enfonça et coula,
                Saignant à mort. La contre-attaque avait échoué.

                Siegfried Sassoon

                Les haillons de l’amour ne se reprisent pas .
                Nataraja.
              • #3593080
                Mascotte d'Oasis
                GODART
                  • Sujet: 3345
                  • Réponses: 9485

                  Merci de l’envoi de ces poèmes
                  il ne faut jamais oublier

                  Geneviève
                • #3593083
                  Sympatique
                    • Sujet: 615
                    • Réponses: 12189

                    c’est beau de mourir pour sa terre

                  • #3593316
                    Modératrice
                    Isabelle M.
                      • Sujet: 70
                      • Réponses: 2419

                      Superbe et bouleversant hommage, une lecture poignante !

                    • #3593341
                      Mascotte d'Oasis
                      terry
                        • Sujet: 662
                        • Réponses: 5903

                        un poème emouvant retracant
                        la sombre guerre des poilus
                        chacun se donnant à leur mère patrie
                        gloire leur vie fut donnée
                        pour leur honneur
                        et l ‘ Amour de la France !………….
                        maintenant …..où en es -tu ….France chérie ?

                        tERRY

                    Vous lisez 7 fils de discussion
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