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Sujet
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Comme dans mes rêves d’enfants je voudrais tant vous parler.[img align=right]http://www.servicevie.com/img/photos/biz/ServiceVie/Sante/suicide-ados-sant-psycho-sant-me.jpg[/img]
Les mots ne viennent pas !
Je suis en souffrance, mon cri n’est pas audible.Je voudrais commencer là où le monde a commencé pour moi.
Eh ! Vous les grands, je suis las, tellement là !Est-ce que vous me voyez ? est-ce que vous m’entendez ?
Non ! Mon cri est un appel au secours. Bof ! Pigent rien ces adultes…Etendu sur mon lit, mes larmes coulent sans que je puisse faire
quelque chose. Tout à coup une araignée pendue à son fil s’arrête
au-dessus de ma tête.-Salut, je m’appelle Daisy. Tu sais, moi je t’ai entendu!
[img align=right]http://membres.multimania.fr/troubles/araignee.jpg[/img]
Moi aussi je suis seule dans cette maison.
Je m’ennuie, voudrais-tu devenir mon ami ?Ma stupeur est grande ! Pourquoi pas ?
-Je m’appelle Christophe, je pense devenir fou…
-Pourquoi ?-Tu es une araignée, tu ne peux donc me parler.
-Pourquoi alors continuer notre discussion ?
Je m’en vais.-Non, non ! Reviens Daisy, je voudrais tant te parler.
-Me voici, alors tu disais que tu souffrais ?-Oui, les adultes ne comprennent rien à rien. Je suis mal
dans ma peau, je viens d’avoir treize ans.Tous les soirs sans fin je me demande ce que je fais sur
cette terre.Ma copine m’a laissé tomber, les profs me saoulent.
J’en ai marre ! Personne ne me comprend.J’ai longtemps cherché une solution finale mais je n’ai rien trouvé.
J’ai tellement mal à l’intérieur.-Oh ! Je ne suis qu’une petite araignée.
Il me semble que tu mélanges tout !Ce que tu fais sur cette terre ?
Tu fais partie de la grande nature. Ca n’est pas rien !-Je m’en fous, je ne comprends pas !
-Et bien, moi aussi j’en fais partie.
Ca veut dire que nous sommes importants.-Si tu n’étais pas là, je serais toute seule.
-Bon, soit ! Qu’est-ce que ça change ?-Tu es vivant, tu peux faire mille choses.
Seul, toi, pourrais savoir quoi.-Ca, c’est trop facile. Tu me renvois à ma case départ.
J’attendais des réponses de ta part, d’ailleurs entre amis
n’est-ce pas le cas ?-Je suis ton amie, je te respecte et je pense que c’est à toi
de te construire.Pourrais-tu tisser ma toile à ma place?
-Evidemment non !
-Oui, mais comment sortir de ma souffrance ?
-Tu dois d’abord t’aimer et aimer la vie.Les adultes ont oubliés ce qu’ils ont été. Leur monde
est fait de responsabilité, le tiens est fait de sensibilité.C’est parfois incompatible.
Il faut recommencer à vivre !Il faut que je m’en aille, j’ai une vie aussi. A demain…
Bon sang! la prof de math s’est encore donnée à fond
dans son délire. Pythagore !C’est qui ce pignouf ? Un côté du triangle sur l’autre donne
le sinus ou le cosinus, je ne sais plus.J’ai déconnecté, la récré à été salvatrice.
Mon pot,Pierre, m’a présenté une nana, je crois qu’elle
s’appelle Marie.Bof ! Elle est sympa et plutôt jolie mais je m’en fou.
Ah ! Oui, le cours de français aussi m’a barbé et tout le
reste aussi.Ma mère est venue me chercher, paraît que j’ai une
tronche jusqu’à terre.Elle fait tout pour m’aider et ça me saoule.
Elle est vieille, elle ne pige rien !Seule vrai consolation; mon ordi, je me réfugie pendant
des heures dans le jeu « Le seigneur des anneaux »Je suis en train de décrocher de la réalité, le soir je ne veux
pas manger.Blabla et re blabla sur mon avenir, l’importance de mes études.
Moi, je suis mal ! Je voudrais tant partir et aller dormir dans le
paradis disparu.Je me couche sur mon lit, les yeux perdus dans le vide.
Je pense à Daisy, quelle hallucination !J’en ai marre de cette vie où je n’ai pas ma place.
Ma mère me dit qu’il faut prier, Dieu vient en aide à tous ceux
qui souffrent.Mais pourquoi un triangle est si compliqué ?
J’ai eu un zéro, au contrôle.Je m’en fou ! Je traîne mon désarroi, pas de réponse
à mes questions.-Coucou, c’est moi..
-Ah !Non ! Cette fois-ci je ne tomberai pas dans le piège
de mes hallucinations.-Tu ne trouve pas que je suis particulièrement jolie
aujourd’hui ?-De toute façon parler au mur , à moi-même ou à toi,
en fin de compte ça ne change rien.-Alors ! Suis-je jolie aujourd’hui ?
-Ben , oui, si ça peut te faire plaisir.
-Je veux que tu sois sincère.
-Une araignée n’est pas jolie pour les hommes.
-Mais tu n’es pas un homme, tu es mon ami.
-Oui, si on veut.
-Comment si on veut ?
-Oui, je te trouve assez jolie.
-Ah ! C’est mieux. Je me suis donné de la peine pour venir te revoir.
-Tu sais, je n’en vaux pas la peine. Ne perds pas ton temps avec moi.
-Au contraire, je suis ravie de venir converser avec toi.
-Daisy, est-ce que tu comprends la trigono ?
-Bien sûr, si non comment pourrai-je tisser ma toile ?
-As-tu été à l’école ?
-Bien évidemment, je suis sortie première de ma promotion.
-Peux-tu m’expliquer le théorème de Pythagore ?
Evidemment, suis-moi des yeux. Voici un triangle, le nombre
de pas que j’effectue a-t-il été le même ?-Non.
-As-tu remarqué les trois, quatre, cinq.
-C’est du charabia tout ça.
-C’est tout simple ; tu sais que la somme des carrés
des côtés est égal au carré de l’hypoténuse.-Oui, bien sûr !
-J’ai fais trois pas à gauche, puis trois pas vers le haut
ensuite pour relier les côtés j’ai fais cinq pas.J’ai donc obtenu un triangle rectangle parfait.
-Oui, donc ; trois, quatre, cinq ! Et alors ?
-Christophe fait le calcul et tu verras.
-Trois au carré donne neuf, quatre au carré donne seize,
la somme des deux donne vingt-cinq.L’hypoténuse étant de cinq, au carré cela donne vingt-cinq.
Youpiii ! C’est trop fastoche ton truc de trois, quatre, cinq.Je ne suis pas si nul que ça !
-Bien évidemment ! Si tu as compris que tout est histoire de
rapport, c’est gagné. Pareil avec le sinus, cosinus etc.-Daisy, tout est si facile avec toi. Je voudrais faire partie de
ton monde.-Mon monde est terrible ! La survie est à ce prix, dans ton
monde tout est régi, il ne faut pas tuer pour survivre.Tu as une passe difficile, parfois moi aussi pendue à mon fil,
je me pose des questions.Assez d’idées noires, racontes-moi ta journée…
J’ai passé la plus belle soirée de ma vie depuis longtemps,
enfin je suis écouté.Daisy est partie sans un mot, je ne sais pas si je la reverrai.
Le matin un cœur était tissé autour de mon spot.Dans la cour de récré, je traîne mes cinquante kilo
sans parler à personne.Je vais m’asseoir sur un banc à l’écart de tout le monde.
Ma tête entre les mains, je pense à Daisy.Pourquoi une araignée si sympa n’est pas une fille de l’école ?
Les filles de l’école sont superficielles, elles parlent de fringues,
des derniers jeans de G-Star, la star académie, la nouvelle star.Mes copains parlent de la dernière bagnole à la mode, du foot,
et des filles comme si elles étaient des poupées sans vie.Ils ne voient que leur physique, ce qu’il y a dans leur tête n’a
que peu d’importance.Quand ils sortent ensemble, les filles font semblant de
s’intéresser au centre d’intérêts des garçons et ceux-ci
font pareil.Quelle hypocrisie, et pourtant ils sont heureux.
Moi, je n’adhère pas à ces valeurs, pour peu que cela soient
des valeurs.Je voudrais faire changer le monde ! Arrêter les guerres et la faim
dans le monde. Quand j’en parle ,tout le monde en rigole même
parfois les profs.-Hé oh ! Salut… Ca va ?
-Euh ! Oui, Non, enfin je ne crois pas.
-Tu te rappelle de moi ?
-Oui, Marlène je crois…
-T’as vraiment la tête ailleurs ! C’est Marylou.
-Oui,désolé, je suis confus. Veux-tu t’asseoir ?
Perdu dans mes idées, je ne m’étais pas rendu compte de
la belle nana qu’elle est.-Tu lis quoi pour le moment ?
-Ben, je veux bien te l’expliquer mais je ne crois pas que
cela soit intéressant.-Tu me prends pour une conne ?
-Non mais en général on rit quand j’en parle.
-je te promets d’être attentive et de ne pas rigoler.
Je lis un livre sur le professeur Yunus. Il a créer la
Grameen banque, organisme qui propose des prêts
aux plus pauvres du Bangladesh.-Waouh ! J’adore ce sujet, moi aussi je lis sur la pauvreté.
C’est à nous qu’incombe le futur de la planète.
Le professeur Yunus a été prix nobel de la paix en 2006.-Bon sang, tu es vraiment une nana hors du commun !
-Je ne trouve pas, le microcrédit s’est révélé une arme efficace
contre la misère et la faim.Le microcrédit sert comme un levier de revalorisation de la femme
dans les pays en voie de développement.La sonnerie retentit, troublant notre conversation inédite.
-A plus Christophe.
-Euh ! Oui.
Vivement ce soir, pour tout raconter à Daisy.– Enfin le soir venu, je regagne ma chambre.
Je cherche désespérément Daisy, pas une toile d’araignée.
Mon dieu ! Maman a nettoyé ma chambre.Je descends les escaliers quatre à quatre. Je déboule dans
la cuisine.-Je suis contente de te voir Christophe, ta chambre
était dans un état.Fais donc un effort mon chéri !
-As-tu aspiré ma chambre ?
-Oui, quelle question !
Sans un mot je remonte et me couche.
Perdu Daisy, la seule qui me comprenne !Ma tristesse n’a d’égal que mon désarroi.
J’avais encore tellement de choses à lui raconter.
Je sombre dans une mélancolie si profonde que mon
esprit se vide de toute sa substance.Je ferme les yeux pour ne pas pleurer. Quand une voix venue
de je ne sais où… Si douce et si faible que je crois que c’est une hallucination.-Hé, oh ! Pourrais-tu m’aider je suis blessée ?
J’ouvre les yeux, je n’en crois pas mes yeux.
-Daisy c’est toi ?
Ma question à peine posée elle tombe au creux de ma main.
Que faire ? Aller chez le véto ?
Mais non, il faut un spécialiste. Arnaud, le premier de classe en bio
qui est féru des insectes.Je prends mon GSM et je l’appelle.
-Urgence, mon pot ! Faut que tu rapplique chez moi,
mon araignée est mal en point.Pas le temps de te causer, magne toi !
Un quart d’heure après il sonne à la porte.
-Salut, entre la blessée est dans ma chambre.
-Non d’une pipe ! C’est une Néphile.
J’ai mon microscope avec moi pour l’examiner.
Et bien ! Elle est super jolie !C’est une néphile, elles vivent en bonne harmonie
avec les humains, chassant les moustiques et mouches
nuisibles dans les rideaux denses de toile tendu.Les fils sont tellement résistants qu’ils sont utilisés pour
la fabrication de certains gilets pare-balles.En observant une toile de Néphile, on peut y découvrir
de nombreuses autres petites araignées « parasites » qui
profitent des restes tout en étant tolérées par leur hote.A noter que le mâle a une taille ridicule par rapport à la femelle…
-Bon sang Arnaud ! Je me fiche de ton cours de bio, dis-moi
si elle va se remettre ?-Pour ma part son métabolisme n’a rien, elle s’est contractée
pour se protéger.-Ouf ! Je suis soulagé.
-Pourquoi une araignée a tant d’importance pour toi ?
-Tu ne pourrais pas comprendre. Je te raccompagne,
car j’ai beaucoup à faire. A charge de revanche…Je remonte dans ma chambre pour y rejoindre Daisy.
Je l’ai posée sur un peu d’ouate. Je la regarde, elle semble
si paisible.-Daisy, c’est moi.
Elle écarquille ses yeux et me regarde avec
attendrissement.-C’est toi ? Je savais que tu me sauverais.
-Qu’est-ce qui t’es arrivé ?
-Une grosse machine aspirante m’a délogé du rideau,
je suis tombée à terre, je suis remontée sur mon fil,
quand tout à coup une dame à crié au secours.J’ai eu droit à un coup de brosse, ce qui m’a sonné.
Puis j’ai perdu connaissance.Maintenant, ça va mieux ! Tu es là et rien ne peut
m’arriver.-Comme tu y vas, je ne suis pas Superman !
-Je suppose que ce Superman aime les araignées.
-Oui, si on veut. Tu sais, j’ai rencontré une fille super.
Elle n’est pas comme les autres.
-Oh ! Lala, j’en suis jalouse… Est-elle devenue ton amie ?
-Non, pas encore. C’est fou comme elle te ressemble
quand elle me parle.Elle a une voix douce, on dirait qu’elle est fragile et pourtant
quand on la contrarie elle devient une tigresse.Elle connaît le prix Nobel de la paix ; le professeur Yunus.
Tu te rends compte ?-Tu en parle comme si tu en étais amoureux.
-Ben ! Non, évidemment que non…
-Nous les filles on voit ça tout de suite.
-Daisy, je voudrais lui demander un rendez-vous
mais je ne sais pas comment le faire.-Comme t’y va ! Tu viens à peine de la connaître
et tu veux t’engager dans une relation…Je ne veux pas partager ton amitié avec la première venue.
Moi aussi j’ai de la conversation, tu ne m’as pas donné ta
confiance si facilement.-Tu as raison Daisy, je ne veux pas souffrir de nouveau,
je prendrai mes précautions.A propos, est-ce que tu vas mieux ?
-Oui, je suis fatiguée et aussi si tu le permets je vais
m’en aller.-A demain ?
-Je ne te promets rien car je dois reconstruire ma toile
qui a été détruite.Pendant la récré,je m’isole sur le banc. Je ne veux pas
montrer à Marylou que je cherche après elle.C’est elle qui viens vers moi. Elle habillée d’un pantalon
en tissus et d’un chandail qui recouvre ses épaules.Ses cheveux blonds dans le vent , on dirait une Elfe.
Elle est si gracieuse. Pas de maquillage ni de vêtements de
marques.Elle est pour le commerce équitable, sa boutique préférée
est une boutique de seconde main d’Oxfam.Bon sang ! Qu’elle est jolie !
-Salut Christophe, on se fait la bise ?
-Euh ! Oui .
-Tu sais, aujourd’hui je suis en pleine forme.
-Ah ?
-Tu ne me demandes pas pourquoi ?
-Oui, bien sûr.
-Cet aprèm, je travaille aux restos du cœur comme bénévole.
Et toi, qu’as-tu prévu ?
-Ben, je …
-Pourquoi ne viendrais –tu pas m’aider ?
-Tu crois que je peux ?
-Bien sûr !
-Où est-ce ?-A Liège ; rue du Cortège numéro 9
On se donne rendez-vous là bas ?
-Oui, mais je ne sais pas si…
-A cet après-midi.
Je n’ai pas eu le temps de dire un mot sensé
qu’elle m’a envouté et me voilà embarqué
dans du volontariat, moi qui vivais en léthargie…Me voilà devant l’établissement du resto, je n’ose entrer ! [img align=right]http://www.gralon.net/articles/vignettes/thumb-les-restos-du-coeur-158.gif[/img]
Ce monde est bien loin du mien.
Mon monde est celui d’un enfant gâté.Ma famille est aisée, l’argent n’est pas un problème.
Comment aborder des gens qui sont démunis ?
J’ai mis les fringues les plus basics en ma possession
mais j’ai l’impression d’être encore trop bien habillé.Des gens entrent, ils n’ont pas l’air de pauvres.
Je suis rassuré, mais pas assez pour franchir le pas
de la porte. Je n’ai rien à foutre ici !Tant pis pour Marylou, je m’en vais.
-Eh ! Oh ! Christophe je suis là !
Je me retourne et je vois la fille la plus merveilleuse
qui puisse exister. Elle court et manque de me faire tomber.Je sens son souffle lorsqu’elle me fait la bise. C’est si bon,
de nouveau je ne sais que dire.Elle me tire le bras et hop me voilà dans le local. Tout le monde
la connait. Moi, je suis un étranger, on me regarde avec méfiance.Tout à coup elle hausse sa voix et me présente.
-Voici Christophe, c’est un timide, alors je compte sur votre
hospitalité.-Hé ! Salut Cristophe ! je suis Jeanne la responsable locale.
Je vois que tu es un peu perdu en ce lieu.Je vais t’expliquer en deux mots ce que nous faisons ici.
Tout d’abord nous refusons toute forme d’assistanat,
c’est la première règle.Nous demandons une participation d’un euro à chaque client.
Les gens qui viennent ici sont en situation de « sous gestion de biens »Notre but est de leur faire prendre conscience de leur situation.
Les enfants de moins de 12 ans ne payent pas.
Les repas sont pris sur place ou emportés dans des récipients
et mangés en famille. 80 enfants de nos clients mangent chaud à l’école,
le repas est payé par le Resto.Voilà ! Sois le bienvenu.
Je suis pétrifié et perdu, heureusement il y a Marylou.
Quelqu’un m’attrape par la main, je suis entraîné en cuisine.
C’est elle…-Je te présente Roger, ici c’est Roro ; il est le cuistot.
Là bas, il y a Josèphe dit Pépé ; il est chargé de
l’approvisionnement.Enfin, celle qui fait le service c’est Marie, nous l’appelons
Mémère car elle n’est jamais avare d’un conseil,
si tu vois ce que je veux dire.Voilà, tu connais tout le monde. Notre tâche; c’est les corvées…
Eplucher les patates, les oignons, les carottes.
Et faire tout ce que l’on nous demande.En prime si tu as bien travaillé, tu auras un repas chaud après
le service.Elle parle, tout travaillant, elle dégage une telle énergie que
mes gestes sont bloqués tel un robot rouillé.Voyant mon état, elle me prend par la main et me fait asseoir.
Elle me donne un couteau et me vide un sac de 25kg de pomme
de terre devant moi.-Y a plus qu’à…
Un fou rire lui prend, son rire est communicatif, tout le monde rie
de bon cœur devant ma maladresse.Je m’attèle à l’épluchage mais la pelure est si grosse que Mémère
me réprimande, elle me prend le couteau et me montre la seule
bonne technique pour éplucher des pommes de terre.Puis en partant elle me fait un gros clin d’œil plein de tendresse.
Je découvre au fur et à mesure des gens qui ont une générosité
sans pareil.Malgré mes efforts pour bien éplucher, mon regard est inexorablement
attiré vers Marylou.Nos regards se croisent à plusieurs reprises, elle a toujours un petit
sourire amical. Elle me rejoint pour me donner un coup de main,
tout à coup nos mains se touchent.Instinctivement par pudeur, nous retirons nos mains.
Bon sang elle a de ces yeux…Enfin, l’heure du repas nous permet de souffler.
Marylou s’assoit à mes côtés, puis contre toute attente de ma
part elle prend ma main en dessous de la table.Le monde pourrait s’écrouler que…
Mon cœur bat la chamade, je n’ose la regarder !
Je suis heureux ! Je suis heureux !
La fille la plus extra qui existe sur cette terre me tient la main.Dans ma chambre règne une atmosphère pesante que
je ne peux décrire. Je me couche, je regarde le plafond.J’y vois le sourire et surtout les yeux de Marylou.
Je ne sais pourquoi je ressens le besoin d’écouter la chanson
de Polnareff « Marylou » alors le monde n’existe plus, je suis
dans une autre dimension.je plane, la déconnexion est totale.Cette chanson a un air mélancolique qui me convient, je réalise
que je suis amoureux. Mon Dieu, que ça fait du bien.Je voudrais que le temps s’arrête et ne plus devoir quitter Marylou.
Plus rien n’a plus d’importance, je ressens encore la douceur
de sa main. Je n’ose la laver de peur de perdre son parfum.-Hé, oh ! C’est moi, Daisy ! Coucou, je suis là !
-Euh, oui ! Excuse-moi, je ne t’ai pas entendu.
-T’as une drôle de tête ! Serais-tu amoureux ?
-Tout juste ! On ne peut rien te cacher.
-N’oublies pas que je suis ton amie. Le piège a été facile…
-Cette réflexion n’est pas digne de toi.
-Pourtant, je m’y connais. Tu peux me croire.
-Tu as tout faux.
-Vous, les garçons, quand vous avez le vague à l’âme vous
tomber dans le premier piège tendu par une fille.-Je voudrais que tu la connaisses avant de la juger.
-D’autres envies, d’autres rêves viendront dormir dans
tes nuits. Ta Marylou n’est que passagère !-Ah ! Non Daisy ! Tu vas trop loin ! On dirait que tu
en es jalouse !-Oui, c’est ça ! Toi aussi, tu as tout compris.
Après tout j’ai été la première à te donner des sentiments.-Ne pourrait-on pas rester amis ?
-La chose n’est pas aussi facile… Je dois réfléchir au futur
de notre relation.Bien sûr, je ne suis qu’une sale petite araignée !
Et puis qui pourrait croire qu’un insecte puisse avoir des
sentiments.Tu sais, avant de te rencontrer je vivais seule mais je
n’étais pas malheureuse. Il y avait un vide dans ma vie
faite de solitude.Puis j’ai fais ta connaissance, mon monde a changé.
-Je suis désolé Daisy . Pour moi je n’ai jamais eu
que de l’amitié pour toi.-Voilà mon drame ! A bientôt…non, ne dis plus rien !
Cet après-midi nous nous promenons dans le parc de la
Boverie .Main dans la main, nous discutons des enjeux environnementaux. [img align=left]http://18.img.v4.skyrock.net/18a/reves-detruits/pics/143927138.jpg[/img]
Je suis pour une approche de l’écologie moins radicale.
Pour moi, il faut d’abord miser sur le potentiel d’économie que
l’homme pourrait réaliser.Marylou est pour « le tout vert » ce qui nous amène à une
confrontation de nos idées.C’est si bon de se faire contredire avec des arguments solides.
Mais quelque chose ne tourne pas rond ! Je pense à Daisy .Perdre son amitié me serait insupportable. Je décroche dans
la conversation, Marylou s’en aperçoit.Comment lui expliquer ce que je vis? C’est tellement inouï qu’elle
en rigolerait.Et si, cela mettait en péril notre amour ?
-Christophe, tu n’as pas l’air dans ton assiette ?
-J’ai une amie qui ne va pas bien.
-Je la connais ?
-Non.
-Qu’est-ce qui lui arrive ?
-Je l’ai déçue.
-Comment ça ?
-J’ai été très maladroit, je lui ai fais de la peine.
-Pourrai-je vous aider ?
-Oh ! Oui, je le pense mais… elle n’est pas comme tu l’imagine.
-Là, tu m’intrigue. Serait-elle plus jolie que moi ?
-C’est pas là que se situe le problème. Elle ne ressemble à aucune fille,
si tu vois ce que je veux dire?-Elle est handicapée ?
-Oui, si tu veux.
-Ah ! Non, tu ne vas pas encore commencer ?
-Décris la moi. Comment est-elle ?
-Elle est sympathique, elle a une grande culture générale.
Elle apprécie la poésie et les mathématiques.Surtout c’est une amie formidable ! Quand je n’étais pas
bien elle a su trouver les mots pour me remettre debout.-Me connaît-elle ?
-Oui, j’ai parlé de toi.
-Et alors, quelle a été sa réaction ?
-Pour elle, j’ai été trop vite pour une nouvelle relation.
Je la comprends, elle perd un peu de toi.
Les filles n’aiment pas ça du tout.Ne t’inquiète pas, après une bonne discussion entre filles
ça s’arrangera.Brusquement, elle m’embrasse comme ça !
Et moi, pauvre Diable, j’oublie tout.Les jours s’écoulent, aucune nouvelle de Daisy.
Je vais de mieux en mieux mais elle me manque tellement.Un soir dans ma chambre, sans savoir comment, j’entends
une petite voix.Je regarde autour de moi. Le spectacle est féérique !
Des toiles partout, un ensemble qui m’émerveille.-Daisy c’est toi ?
-Oui, me voilà . Je suis de retour.
-Mais comment ? Pourquoi ? Où étais-tu ? Tu vas bien ? Tu…
-Assez ! Oui, tout va très bien !
-C’est magnifique ce que tu as fais dans ma chambre.
-Ne sommes-nous pas le douze novembre ?
-Oui et alors ?
-Le treize c’est ton anniversaire. Comme je sais que tu passeras
ta journée avec Marylou,je te souhaite un bon anniversaire un
jour avant.-Euh ! Daisy, je voudrais…
-Non, pas d’excuse ! Tu es et tu resteras mon ami pour l’éternité .
-Tu m’étonnes ! Quelque chose ne tourne pas rond !
-Et bien, moi aussi j’ai fais une rencontre !
-Comment ça ?
-Ne suis-je pas jolie ? N’ai-je pas du charme ?
-Oui, bien sûr ! Mais de qui parles-tu ?
-Cher ami Christophe, je te présente Victor Parisis.
Une araignée descend du plafond et viens rejoindre Daisy.
-Hum! Hum ! Buon giorno, signore Ciristophe.
Enzanté di faire votre connaissanze.-Moi de même monsieur. Vous êtes donc le …
-Si,vous zavez compris. Yè zuis zef d’orcheztre à
l’opéra de la Touvale.[img align=left]http://blogsimages.skynet.be/images_v2/002/569/632/20070111/dyn007_original_350_350_gif_2569632_3839810c6d0161f0321157126ec5f0e9.gif[/img]-Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu vous demander.
-Si ! Si, ze zuis le galant de la signora.
-Et bien Daisy ,si je m’attendais à ce retournement
de situation !-N’est-il pas merveilleux ?
-Oui, je suis content pour toi, euh…pour vous !
-Signore,excuzez- nous,ma nous devons partir, arrivederci…
Daisy heureuse, moi de même, notre amitié consolidée,tout va bien…
FIN
[img align=left]http://blogsimages.skynet.be/images_v2/002/569/632/20070111/dyn007_original_350_350_gif_2569632_3839810c6d0161f0321157126ec5f0e9.gif[/img]
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