-
Sujet
-
LA GOUTTE ET L’ARAIGNÉE
La Técha é l’ AranhaQuand l’Enfer eut produit la Goutte et l’Araignée,
Quora l’Infern aguèssé produch la Técha é l’Aranha,
mes filles, leur dit-il, vous pouvez vous vanter
méùs drollas ; lor dis, pódètz vos vantar
d’être pour l’humaine lignée
d’éstrè tà l’oménénca raçada
également à redouter.
tanbén à rédóptar.
Or, avisons aux lieux qu’il vous faut habiter.
Assora, avisam als lùocs qué vós cal éstatjar.
Voyez-vous ces cases étroites,
Vésètz-vos aquélés casas éstrétchas,
et ces palais si grands, si beaux, si bien dorés ?
é aquélés palatz tant grands, tant pólits, tant plà daùrats ?
Je me suis proposé d’en faire vos retraites.
Mé soï prépaùsat d’én faïré vos rétiradas.
Tenez donc ,voici deux bûchettes ;
Ténètz dóncas, vaïci dós buscalhas ;
accommodez-vous ou tirez.
Accómódatz-vós ó tiratz.
« Il n’est rien, dit l’Araignée aux cases qui ma plaise »
« N’és rè, dis l’Aranha à las casas qué mé agrada »
L’autre tout au rebours, voyant les palais pleins
L’aùtré tót al rébórs, vésént lés palatzs plén
de ces gens nommés médecins,
dé aquélés génts nóménatz miètgès,
ne crut pas y pouvoir demeurer à son aise.
né gréguèt pas i pódèr démórar à séù aïsé.
Elle prend l’autre lot, y plante le piquet.
Prén l’aùtré lot, i planta ló palissón,
s’étend à son plaisir sur l’orteil d’un pauvre homme,
s’ éstènd à séù plasèr sus l’artélh d’ùn pàùr omé,
disant : « Je ne crois pas qu’en ce poste je chomme ,
disént : « Né crési pas qué én aquéla póstada caùmi,
ni que d’en déloger et faire mon paquet
ni qué d’én désalbergar é faïrè méù amanél
jamais Hippocrate me somme »
jamaï Hyppocraté mé sómà »L’Araignée cependant se campe en un lambris,
L’Aranha caquéla sé ténda én ùn parafùélh,
comme si de ces lieux elle eût fait bail à vie,
cóma si dé aquéls lùocs aguéssè fach améndamént à vida,
travaille à demeurer ; voilà sa toile ourdie,
trabalha à démórar ; vaqui séù téléranha órdida,
voilà des moucherons de pris.
vaqui dés móscalhóns dé près.
Une servante vient balayer tout l’ouvrage.
Una ministrada vén balajar tót l’óbratgè.
Autre toile tissue, autre coup de balai.
Aùtré téléranha téïruda, aùtré cop dé balajà.
Le pauvre béstion tous les jours déménage.
La pàùra babot tót lés jorns muda.
Enfin, après un vain essai,
Énfin, apùéï ùn bufèc énsajamént,
il va trouver la Goutte. Elle était en campagne,
va trapar la Técha. Éra én campéstrè,
plus malheureuse mille fois
maï malóstrósa mil cops
que la plus malheureuse Araignée.
qué la maï malóstrósa Aranha.
Son hôte la menait tantôt fendre du bois,
Séù ostaliéra la ménava tandora asclar dé lénha,
tantôt fouir, houer ; Goutte bien tracassée
tandora fotjar, magalhar ; Técha plà carpinhada
est, dit-on, à demi pansée.
és, sé dis, à mièg péssada.
« Oh ! Je ne saurais plus, dit-elle, y résister.
« Oh ! Né saùraï maï, dis, i subréstar.
Changeons, ma sœur l’Araignée » et l’autre d’écouter ;
Cambiam, méù sorré l’Aranha » é l’aùtré d’éscótar ;
elle la prend au mot, se glisse en la cabane ;
la prén al dicción, sé léguèna én la cabanà ;
point de coup de balai qui l’oblige à changer.
ponch dé cop dé balajà qué ló cómpélit à cambiar.
La Goutte, d’autre part, va tout droit se loger
La Técha, d’aùtré part, va tót drèch sé lotjar
chez un prélat qu’elle condamne
co ùn prélat qué cómdémnaà jamais du lit ne bouger.
à jamaï dél lèch né bólégar.
Cataplasmes, dieu sait ! Les gens n’ont point de honte
Éstrópadas, diéù sap ! Lés génts n’an ponch dé vérgónha
de faire aller le mal toujours de pis en pis.
dé faïré anar ló malùra totjorn dé pièg én pièg.
L’une et l’autre trouva de la sorte son compte,
L’ùna é l’aùtré trapét dé la sórta séù cómpté,
et fit très sagement de changer de logis.
é faguèt très sabiamént dé cambiar d’ albergada.JEAN DE LA FONTAINE
merci a mes fideles lectuers
la vie est belle a la retraite que tu en ai 60 ou 70 ou plus si tu es en bonne sant?! tamalou? mot a eviter;
les poemes un passe-temps sans aucune pretention dans la beaut? de l'aurore avec le soleil qui me fait des levers pharaonique sur la mer...
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.

