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Sujet
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[center]La lumière et le juge
Allumez les flambeaux, que la salle respire,
Et que monte du sol ce murmure à confire.
Le théâtre s’éveille au parfum du décor,
Mais l’âme du public ne s’y retrouve encore.Les acteurs font semblant d’y croire un peu plus fort,
Pour couvrir le soupir qui circule dehors.
Les mots tombent, usés, dans la fosse aux silences,
Et le jury se tait, prisonnier de ses sens.Leur plume juge l’ombre, évalue la ferveur,
Mais cherche entre les lignes un souffle, une lueur.
Leur regard, autrefois flamme vive et sincère,
Ne trouve qu’un écho dans le vide ordinaire.Et pourtant, sous les feux, un geste inattendu
Ranime un peu d’espoir dans les cœurs éperdus.
Le spectateur retient sa voix, tremble et s’élance :
Le vrai, c’est ce frisson qui défie l’apparence.Qu’importe la critique et ses verdicts têtus,
Si l’instant suspendu renaît, jamais perdu.
Car l’art, même blessé, garde cette promesse :
De refaire la lumière au seuil de la détresse.Charef Berkani
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