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Sujet
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La mort en course.
Par une matinée humide d’automne, un départ retentissant se fait entendre.Celui des dix-sept kilomètres de Milly, joli coin boisé de l’Oise. Et c’est d’un cœur léger que je
m’élance d’une foulée volontaire parmi d’autres coureurs agréablement surpris, cette si belle campagne !
Voici alors qu’un autre coup de feu se mêle à ma torpeur.
Est donné un autre départ orchestré par des chasseurs. Une autre course se joue mais pour une seule concurrence, celle d’une biche esseulée, sans dossard qui, certainement terminera en médaillon.
Parallèlisme étonnant, troublant même que cet animal dans les sentiers battus. Et moi sur la route en quête d’absolu.
Et si je changeais d’course ? Mais non. Trop lâche je suis. Ou peut-être
simplement vieillissant. Certainement !
Il est vrai que l’enjeu est différent. Fuir..La mort ou vivre l’illusion.
Du miracle, celui du temps qui s’écoule tel le sang qui coule.
Au goutte-à-goutte. Sablier, oublier.
Désenchanté puis agacé par une insomnie de jeunesse insolente.
Malgré distance, chemin parcouru.
La morale de cette histoire s’il en fut une. Sous le toit de l’éthique présente.
Mieux vaut être « un singe en hiver » harnaché de dossards divers qu’une biche saisonnière une meute à son corsage.Jean-robert Dray. Le 10/1993. à 6h.
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