-
Sujet
-
Un regard insistant, dans un coin de la classe,
Tel un phare fidèle illuminant
ma place,
Ses yeux bleus me couvaient comme une fleur, le ciel ;
Moi, distraite, en buvais innocemment le miel.Pas de mots échangés, ni de l’un ni de l’autre,
Puis les jours, au hasard, nous mirent côte à côte ;
L’amitié se tissa, d’échanges de secrets,
“Gentil Coquelicot”, ainsi je l’appelais…C’était l’adolescence, et les premiers frissons
Fleurirent au printemps dans un tendre unisson ;
Puis on nous sépara, pourtant nous étions purs,
Timides mes yeux verts, tristes les siens, d’azur…Bien des années plus tard, on se retrouve, heureux,
On rit de cette ride, éclose au coin des yeux…
Dans ses bras chaleureux, recouvrant ma jeunesse,
Je me crus au bon port, cédais à sa tendresse.Mais mon coquelicot, je le savais fragile,
Portait trop bien son nom, il était si sensible…
La deuxième rupture eut raison de son cœur,
Son amour se mua en vengeance et rancœur.Mon pauvre ami d’enfance, ayant brûlé mes lettres,
Il se tourna vers l’Ombre, et moi, vers de bons prêtres ;
À la fin, libérée, on m’apprit le pardon,
Lui-même fut sauvé quand je lui fis ce don :Comprenant sa détresse, une enfance tragique,
L’absence d’une mère, errance pathétique,
Je tendis la médaille où l’amour est vainqueur ;
Il s’en fut, apaisé, la Vierge sur son cœur.Lorsque, ces jours derniers, j’apprenai son Départ,
Je pleurai chaudement : je sentis une part
De moi-même arrachée… et qu’à présent sa main
Serait un jour, pour moi, le guide et le chemin."Montrer le chemin sans se perdre
Tendre la main sans s’oublier
Prendre soin sans se renier
Aimer sans jamais se dissoudre"Marido
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.


